Accueil Ugnon-Fleury joue le jeu

On peut être journaliste, éleveur, propriétaire et joueur, à condition de ne pas confondre les genres. Ici, c'est sous la casquette du flambeur qu'il s'adresse à vous.



Prime à la compétition et à l'émotion

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2012 restera une année riche, sportivement et émotionnellement. Invités à élire les hommes et les chevaux de l'année, les lecteurs de Paris-Turf ont mis en exergue le talent, l'envie et le courage. Au Trot, Jean-Michel Bazire a suscité l'admiration de tous. Victime d'un AVC, JMB a livré le plus beau combat de sa carrière, prenant de vitesse les plus optimistes. Le revoir trois mois plus tard en compétition, et déjà au plus haut niveau, nous a bluffés. JMB est hors normes et son quatorzième Sulky d'Or aura, nul doute, une saveur particulière.
Gérard Augustin-Normand a aussi marqué l'année 2012. Sa casaque blanche s'est illustrée à 130 reprises. Certes, il n'a pas encore les gains de l'Aga Khan ou des frères Wertheimer, mais ce compétiteur aime les challenges : “Je n'ai pas cent ans pour bâtir mon élevage, aussi je dois investir davantage, quitte à ce que ce soit de façon empirique…” En tout cas, la présence de cette casaque a donné un coup de fouet aux courses françaises. Et nous avons perçu lors d'un récent entretien qu'il ne s'agissait pas d'une passion éphémère. C'est ce qu'ont sans doute ressenti les lecteurs, qui en saluant son investissement, l'ont élu devant deux légendes vivantes : Olivier Peslier, bourreau des Japonais dans l'Arc, et le jeune retraité Christophe Pieux, quinze fois Cravache d'Or ! Autant dire que la concurrence était forte.
Et les chevaux ? Ils n'ont bien sûr pas été oubliés par nos lecteurs. Ready Cash, double vainqueur du Prix d'Amérique et irrésistible dans le Prix d'Été ou dans le récent Prix du Bourbonnais, est le leader incontesté du trot français. C'est tout à fait logiquement qu'il a recueilli la majorité des suffrages, devant la jeune prodige Vanika du Ruel et la meilleure jument d'âge, Roxane Griff. Ready Cash, en piste dimanche, est en train de se bâtir une carrière exceptionnelle. Par ses titres mais aussi par sa longévité, lui qui dominait sa génération dès l'âge de 2 ans.
Concluons par Mid Dancer, élu cheval de l'année au galop devant le très populaire Cirrus des Aigles et le petit poucet Saônois. Qui plus que ce vénérable coursier méritait ce titre ? Non seulement il a rejoint Hyères III et Katko au palmarès du Grand Steeple, mais il est aussi devenu le cheval le plus riche au galop, avec 3.241.097 euros. Et comme le représentant de Pegasus Farm Ltd, qui aura 12 ans, “respire la santé”, selon son mentor Christophe Aubert, il devrait tenter, en 2013, d'être le premier cheval à remporter quatre Grand Steeple-Chase de Paris. Un défi sportif que même l'immense Katko n'avait pu relever.
 

La Japan Cup dans tous ses états

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L'arrivée mouvementée de la récente Japan Cup met en exergue les différences existant entre les codes des courses internationaux. Rappelons les faits : Gentildonna, la future lauréate, progresse côté corde et sort sans ménagement, d'un coup d'épaule d'une rare efficacité, son compagnon de couleurs Orfevre. Certes, celui-ci avait penché à gauche, mais sans gêner sa cadette. Ensuite, il est incontestable qu'Orfevre ne cesse de pencher sur sa rivale. Reste que, s'il n'avait pas été percuté, c'est lui qui aurait occupé la place enviable, côté corde, et le nez qui l'a séparé au passage du poteau aurait peut-être été en sa faveur...
En Angleterre, il n'y aurait sans doute pas eu d'enquête, le résultat établi sur la piste étant quasiment toujours privilégié. Au Japon, il y a eu enquête et une suspension de deux jours pour le jockey du lauréat, reconnu fautif. Une clémence étonnante quand on se rappelle la rétrogradation de Buena Vista montée par Christophe Soumillon, en 2010.
Et en France ? La sirène aurait évidemment retenti (et c'est logique) et, si les commissaires avaient eu le moindre doute que la gêne avait empêché Orfevre d'obtenir un meilleur classement, ils auraient rétrogradé la gagnante. Et comment ne pas avoir un doute en regardant les différentes vues proposées par les caméras japonaises ?
Quoi qu'il en soit, il faut constater que les règles diffèrent selon les pays sans que les joueurs français, véritables globe-trotters des paris, soient véritablement informés. Quoi de plus de surprenant à l'époque du "fast game" ?

 

Et les parieurs, bordel !

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Samedi, l'épreuve du Quinté+ a été interrompue après plus de deux mille mètres de course, la majorité des compétiteurs n'ayant pas compris qu'il fallait emprunter "l'itinéraire bis" balisé partiellement par les hommes de piste pour éviter le pauvre Rock'nroll de Poligny, gisant au pied du premier obstacle. France Galop, comme le prévoit l'article 172 de son Code (la course ne peut pas être recourue le jour même si les chevaux de tête ont déjà [...] franchi plus de trois obstacles, au moment où elle a été arrêtée. Toutefois, lorsque le parcours accompli par les concurrents est supérieur aux limites fixées ci-dessus, mais que la majorité simple des propriétaires ou leurs représentants demandent [...] que la course soit recourue le jour même, les Commissaires de courses peuvent en donner l'autorisation) a interrogé les professionnels, qui ont, à une large majorité, décidé de recourir la course le jour même, en fin de réunion. Une décision qui n'a pas tenu compte de l'intérêt des turfistes, qui avaient pourtant engagé près de 10 millions d'euros sur cette épreuve. Ceux-ci n'ont pu annuler leurs paris qu'après la dernière course et n'ont eu qu'une vingtaine de minutes pour revoir leur copie. Rappelons aussi que la tenue de certains sauteurs était sujette à caution. Avec 6.300 m (2.000 m + 4.300 m) à parcourir, leurs chances étaient largement compromises...
Dans un terrain très pénible, comme samedi dernier, quelques chevaux avaient déjà brûlé une bonne partie de leur carburant dès la "première batterie". Et avec cinq non partants (et huit chevaux à l'arrivée), nous n'étions plus loin de la course-loterie.
Dans de telles conditions, la décision la plus raisonnable aurait été d'annuler la course et de la recourir plus tard. Et non de sauver la recette.
Le sort des parieurs ne peut être laissé à la seule appréciation d'entraîneurs dont le métier n'est pas d'organiser des courses.
Cela passe par plus de présence des joueurs dans le Code des courses. Dans cet esprit, il serait souhaitable que les commissaires "doivent" et non "peuvent", comme on le lit trop souvent dans le règlement.
Car ce Code doit garantir l'intérêt de tous, y compris des chevaux et des turfistes. Espérons que ceux-ci ne sont pas rancuniers. Car la fameuse recette pourrait vite en souffrir.

 

Olivier Peslier, bourreau de l'Arc 2012

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Le Prix de l'Arc de Triomphe 2012 aurait pu être historique... sans Olivier Peslier et Solemia (dans cet ordre). Un cheval japonais aurait pu remporter l'Arc pour la première fois. Un exploit qui serait rester dans les annales, au moins de l'autre côté du globe. Malgré ses affinités avec les turfistes nippons, un petit homme surdoué en a décidé autrement... Orfevre a été magnifique, étonnant même, se permettant de contourner ses rivaux pour prendre un avantage que tout le monde pensait décisif. Mais c'était compter sans l'incroyable courage de Solemia, et la rage de vaincre d'Olivier Peslier qui, le premier, a compris que le japonais était finalement « prenable ». Changeant son bâton de main, « Magic Olive » a sorti le grand jeu (et la cravache) pour aller chercher Orfevre, au bout du rouleau... Bien en ligne et soutenu par une main de fer dans un gant de velours, Solemia a réussi l'impensable : ajuster son adversaire et anesthésier les supporters japonais. Peslier bat Soumillon. Solemia domine Orfevre. Une arrivée déroutante, complétée par Masterstroke, l'inattendue Haya Landa et Yellow and Green. Le terrain collant a joué un rôle important, notamment pour Solemia (fille de Poliglote).
Avec beaucoup d'absents, l'Arc avait déjà perdu de son standing. Avec un tel résultat, c'est son rating qui a pris un coup. Reste les acteurs, superbes. Olivier Peslier, au sommet de son art alors qu'il aura quarante ans le 12 janvier prochain. Carlos Laffon -Parias, que beaucoup considèrent comme l'un des meilleurs entraîneurs cantiliens mais à qui il  manquait un titre de prestige. Et les discrets frères Alain et Gérard Wertheimer, éleveurs mais avant tout compétiteurs. A l'heure des éloges, Orfevre mérite aussi une belle mention. C'est sans doute lui le vainqueur moral, avec son numéro 18 dans les stalles et un terrain qui le prédisposait à s'enliser.

 

L'Arc 2012 est-il maudit ?

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Au fil des semaines, les désistements, pour des raisons parfois dramatiques, se sont succédé. Valyra, Frankel, No Risk At All, Snow Fairy, Danedream et Nathaniel (fiévreux), autant de championnes et champions, ont disparu des listes des prétendants. Et si Aidan O'Brien décidait de déclarer forfait Imperial Monarch (comme annoncé) et Camelot, ce serait un nouveau coup dur pour le championnat du monde des pur-sang (soyons un peu cocardier....). Concernant le fer de lance Ballydoyle, nous serons fixés mercredi ou jeudi. Reste qu'une course réunissant uniquement les absents aurait eu fière allure...
Mais tentons de positiver. La course au sacre garde de l'intérêt, avec le japonais Orfevre, le favori des bookmakers, la “vermeilleuse” Shareta et Saônois, le gladiateur gaulois, le plus éblouissant des épreuves préparatoires. Sans compter Camelot, vainqueur de quatre groupes I et qui premettrait à notre épreuve phare d'améliorer son rating. Croisons les doigts !
 


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