Accueil Ugnon-Fleury joue le jeu

On peut être journaliste, éleveur, propriétaire et joueur, à condition de ne pas confondre les genres. Ici, c'est sous la casquette du flambeur qu'il s'adresse à vous.



En avoir ou pas...

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Non, il ne s'agit pas ici de vous conter le roman d'Ernest Hemingway (que je vous conseille toutefois...), mais de rouvrir l'éternel débat qui passionne les sportsmen quand se pose la question : « faut-il permettre aux hongres de disputer le Prix d'Amérique ? » En remettant le sujet sur le tapis, je réponds évidemment par l'affirmative. Les courses n'ont pas les moyens de se priver aujourd'hui d'un match Rapide Lebel-Ready Cash dans la plus grande épreuve du trot européen. Il faut être vraiment riche pour se passer d'une telle publicité et d'un succès assuré au guichet. Face à cet argument, les défenseurs du programme actuel rétorqueront, comme d'habitude, qu'on ne touche pas à ce qui fonctionne bien et que l'amélioration de la race chevaline en souffrirait. Je répondrai simplement que gouverner, c'est anticiper. Je me rappelle, dans les années quatre-vingt-dix, avoir travaillé pour un grand quotidien hippique dont le patron m'avait rétorqué : « On ne touche à rien du moment où ça va bien.» Quelques mois plus tard : le journal a été déstabilisé par l'arrivée d'un tabloïd, plus colorisé et moins cher. Pour rester dans le domaine médiatique, je citerai la réussite de Pierre Lazareff, l'un des grands hommes de l'histoire de la presse. Celui qui avait hissé France Soir à près de deux millions d'exemplaires vendus n'avait jamais cessé d'innover, d'entreprendre... d'oser. Et nul doute qu'il n'appliquerait pas aujourd'hui les mêmes recettes qu'en 1970. Tout cela pour dire qu'il faut s'adapter à son époque. Nous sommes dans une société de spectacle, où il est dur de créer l'événement. Il faut saisir la moindre occasion, quitte à revoir les règles et à malmener la tradition. Les aficionados de la Corrida paient aujourd'hui au prix fort de ne pas avoir révisé ses "tercios"...
Quant à l'amélioration de la race, il faut rappeler que, parmi les meilleurs étalons français actuels, Coktail Jet a gagné le Critérium des 5 Ans avant de remporter le Prix d'Amérique. Love You s'est imposé dans le Critérium Continental. Ganymède s'est fait un nom en se plaçant dans les Critérium des 3 Ans, des 4 Ans, Continental... Aujourd'hui plus qu'hier, les éleveurs n'attendent pas le résultat d'un Prix d'Amérique pour faire confiance à un étalon. Si les Critériums, viviers de nos meilleurs reproducteurs, ont vocation à être réservés aux chevaux entiers, les grandes épreuves internationales françaises (Amérique et Cornulier) doivent s'ouvrir à l'élite mondiale... avec ou sans testicules.

 

Ready Cash, trop fort ?

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Le Prix de Bretagne a souvent renvoyé les turfistes à leurs études. Handicapés de vingt-cinq mètres, les ténors se servaient de cette épreuve comme d'une séance poussée d'entraînement en vue de leur préparation au Prix d'Amérique. Destablisant pour ceux aiment voir gagner les champions. Depuis 2007, la première « B » réunit tous les candidats au même poteau de départ. La hiérarchie est ainsi plus souvent respectée, comme cette année où Ready Cash a dominé ses rivaux sans avoir à forcer son talent. Le ton est donné et le favori du prochain Prix d'Amérique ne fait plus de doute. Car, qui peut désigner un vrai rival à Ready Cash, après son succès du 19 novembre ? Rapide Lebel et San Pail, deux authentiques champions eux aussi, sont des hongres, exclus du Prix d'Amérique et des Critériums français. Reste Maharajah, l'excellent dauphin de Ready Cash en 2011. Il sera au départ d'une course à Jägersro, samedi prochain. Il semble en regain de forme. Pour entretenir un semblant de suspense, il faudrait qu'il rassure pleinement. Car pour donner la réplique au pensionnaire de Thierry Duvaldestin, le dernier dimanche de janvier, il faudra qu'il soit meilleur que jamais.

 

Des temps fumeux !

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On en apprend tous les jours. Récemment, dans les colonnes de "Paris-Turf", notre collaborateur Ludovic Hellier soulevait un lièvre : les distances parcourues réellement par les chevaux ne correspondaient pas aux conditions de courses les jours d'utilisation de lices mobiles, c'est-à-dire très souvent. Cela implique que les temps des épreuves fournis par France Galop sont faux... Les responsables du site de Longchamp, temple du classicisme des pur-sang, ont reconnu ne pouvoir déplacer les stalles de départ, en fonction du placement de la lice. Or, plus la lice est éloignée de la corde, plus les chevaux couvrent de distance. Pour nos confrères américains et asiatiques, qui travaillent beaucoup avec le chronomètre, il est incroyable qu'un pays comme la France, pays majeur dans le domaine d'organisations de courses, ne soit pas capable de fournir de bonnes informations. Ainsi une course prévue sur 2.000 mètres peut-elle se courir sur plus de 2.050 mètres. Les temps, le meilleur indice pour juger de l'état du terrain, deviennent ainsi abscons. Les records de piste, eux, perdent tout sens. Seules les courses avec lice à zéro sont comparables. Fort heureusement, c'est souvent le cas les jours de groupe, comme la grande journée de l'Arc : dimanche à Longchamp, seul le Prix du Cadran (4.000 mètres annoncés...) se courra avec la lice placée à vingt mètres de la corde, mais il est vrai que nos marathoniens ne sont pas à un hectomètre près...
Reste que, pour le crédit de nos courses, il est urgent de ressortir le pied à coulisse !

 

Dessine-moi un Arc

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La grande journée des préparatoires à l'Arc a rendu son verdict, plus limpide que certaines années. Favorite des bookmakers (de 3/1 à 5/1), Sarafina a, dimanche, répondu présent. Elle a gagné en finesse le Prix Foy. Christophe Lemaire s'est évertué à lui donner une course à l'économie, la victoire n'étant pas un objectif à trois semaines de la grande échéance. Gagner en faisant le minimum d'efforts, c'est bon pour le moral. Le solide japonais Hiruno d'Amour, deuxième tout près, court remarquablement bien et fait son apparition dans le top-10 des candidats à l'Arc. Autre nippon, Nakayama Festa, dauphin de Workforce l'an dernier, avait besoin de cette sortie, après pratiquement un an sans compétition. Mais vingt et un jours seront-ils suffisants pour le revoir au top ? Pas sûr.
Le Niel a aussi apporté son éclairage. Sur une piste souple, Reliable Man, le gagnant du Jockey-Club, a pris nettement sa revanche sur le délicat Méandre, lauréat du Grand Prix de Paris. La nouvelle hiérarchie met en relief la qualité du représentant du Pride Racing Club mais peut remettre en cause la supplémentation du poulain d'Edouard de Rothschild dans la grande épreuve du 2 octobre, où il n'est pas engagé. Débourser 100.000 €, cela fait réfléchir, même les plus grands sportsmen. Vadamar, compagnon d'écurie de Sarafina, a fait une excellente rentrée, se classant bon troisième. Si le terrain est lourd, ce fils Dalakhani peut être le second atout de Son Altesse l'Aga Khan et le troisième d'Alain de Royer Dupré !
Sœur de Goldikova, Galikova a enlevé d'une classe le Prix Vermeille. Double effet : elle remporte son premier groupe I et se positionne comme l'une des favorites de l'Arc. Son seul point commun avec sa grande sœur, c'est son grand cœur, a souligné Freddy Head. En tout cas, elle n'aura pas à avoir de complexes face aux mâles et à ses aînés.
Si avec Sarafina, Reliable Man et Galikova, l'entraînement français, pourtant privé du derby Winner Pour Moi (blessé à l'entraînement et dont la carrière est terminée), devrait être bien représenté le jour J, les anglais et irlandais s'annoncent encore redoutables, avec une coalition emmenée par Workforce (tenant du titre), Nathaniel (gagnant des King George) et So You Think (Eclipse Stakes devant Workforce). Si tout ce beau monde vient à Longchamp, nous allons nous régaler.

 

Goldikova peut-elle mater Frankel ?

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La victoire éclatante de Frankel devant un Canford Cliffs qui venait de devancer Goldikova dans les Queen Ann Stakes plaide pour le 3 ans de Khalid Abdullah, mais la française n'a pas abdiqué...
Canford Cliffs, tombeur de Goldikova dans les Queen Ann Stakes (14 juin), n'a pas existé dans les Sussex Stakes, apanage d'un impressionnant Frankel. De là à conclure que Frankel n'a rien à craindre de Goldikova, il n'y a qu'un pas franchi par beaucoup de sportsmen au lendemain de sa huitième victoire consécutive. Nous ne sommes pas de cet avis. A 6 ans, Goldikova a encore de beaux restes et un match avec Frankel sur le mile de la Breeder's Cup, en bon terrain, pourrait diviser le monde turfiste. Car, sur les surfaces très rapides (réductions kilométriques inférieures à la minute), Goldikova, la championne aux treize groupes 1, n'a été battue qu'une fois : par Zarkava dans la Poule d'Essai. Même si Frankel est un phénomène, il n'a encore jamais gagné une course à plus de 60 k/h de moyenne. Il est en capable, c'est certain, mais peut-il courir le mile en 1'32''26 (57''66), comme l'avait fait la partenaire d'Olivier Peslier dans le BC Mile 2009, à Santa Anita (voir la vidéo) ? Nous en voulons la preuve sur la piste... face à la championne française.

 


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