Accueil Ugnon-Fleury joue le jeu André Fabre et le mur du son

André Fabre et le mur du son

Envoyer Imprimer PDF

Dans sa spécialité, le galop, André Fabre est l'entraîneur français le plus capé en activité. Il pourrait être une formidable locomotive pour les courses de notre pays mais, depuis pratiquement vingt-sept ans, « Dédé » ne parle plus à la presse française, et très peu aux médias étrangers. Inutile d'insister, l'homme s'est abrité derrière un mur de silence. La question est de savoir depuis quand précisément et surtout pourquoi ? L'intéressé serait le mieux placé pour répondre mais, ne maîtrisant pas la langue des signes, nous avons préféré mené notre enquête, en consultant tout d'abord les archives de « Paris-Turf ».
Nous y avons retrouvé un document clé : le numéro daté du 15 novembre 1983. A cette époque, Jean Biju, collaborateur de Paris-Turf, revenait en détail sur les réunions importantes, ouvrant largement nos colonnes aux professionnels. Dans son article, il évoquait le Prix Georges de Talhouët-Roy et le formidable jumelé de l'entraîneur André Fabre (qui a fait ses armes en obstacle, ne l'oublions pas, lui qui gagna le Grand Steeple en tant que jockey), avec Vernusson et Rajania.
La petite histoire est que, ce jour-là, Jean Biju est allé recueillir l'avis de Pierre Pelat sur son protégé Zadar, quatrième. Celui-ci l'a défié de rapporter ses propos exacts dans le journal. Il ne fallait pas défier notre Jeannot.... Donc voici la fameuse phrase perdue au milieu d'une « tourne », cachée en page intérieure: « Rien à dire sur mon poulain qui a fait le maximum mais je reste très perplexe, ce ne sont plus des chevaux mais des avions. »
En sous-entendant que les pensionnaires d'André Fabre avaient des "réacteurs" cachés, Pierre Pelat avait franchi le mur du son. Quelques jours plus tard, de retour d'un voyage aux Etats-Unis, l'entraîneur cantilien prit la décision de plus parler à Paris-Turf, avant d'englober toute une profession. Il a estimé que ces propos n'auraient pas dû être retranscrits. Les journaux ont toujours eu ce problème. Si, devant un micro, l'interviewé peut dire tout ce qu'il veut, sans engager le média, en presse écrite, dans l'esprit de beaucoup, publier c'est cautionner. Fabre a en voulu sans doute à l'auteur de cette insinuation blessante, mais il a sanctionné les médias. Aurait-on dû accompagner la phrase de Pierre Pelat de la « N.D.L.R. » dédouanante: « Ces propos n'engagent que son auteur » ? Quoi qu'il en soit, c'est la genèse de la grande bouderie d'André Fabre.
Certains diront que Fabre a saisi un prétexte. Sans doute. Qu'il avait d'autres motifs de mécontentement. Peut-être. Que ce grand introverti n'aimait pas communiquer. Assurément. Mais les faits sont là. Après cet incident, il n'y a plus eu d'avis d'André Fabre sur ses chevaux disputant les quintés (à l'époque, il en courait beaucoup), mais un « avis de reporter » lançant la mode du mutisme.

 

Newsletter inscription gratuite

Les partenaires


Bannière

Recherchez