Depuis quelques années, une pratique se répand dans le milieu du galop : les fers collés. Légers, confortables, amortissant mieux les chocs, réparateurs et moins blessants, ils permettent aux chevaux ayant des pieds sensibles de fournir leur meilleure performance, voire même de l'améliorer ! Certains entraîneurs, peu désireux de communiquer sur ce sujet tabou, sont devenus des adeptes des fers collés, même si ceux-ci sont plus chers à poser et s'usent plus vite. Mais quand on gagne, on ne compte pas...
Max Fournier est le premier maréchal-ferrant à avoir été médiatisé en France grâce à cette technique, venue des Etats-Unis. Auprès de Henri-Alex Pantall, qui a vite su détecter l'avantage qu'il pouvait tirer des fers collés, notamment pour le bon mais fragile Touch Of Land, il a pu mettre en pratique son savoir-faire, et en faire bénéficier la gagnante du Prix de Diane, West Wind, avant de porter la bonne nouvelle dans d'autres écuries, comme celle de Jean-Marie Béguigné (Spirito del Vento) ou de Freddy Head, (Naqoos, Marchand d'Or). Il a également été au chevet du champion sprinter hongrois Overdose, venu quelques semaines à Beaupréau, avant de fréquenter assidûment le centre d'entraînement de Maisons-Laffitte. Aujourd'hui, les fers collés sont maîtrisés par d'autres maréchaux-ferrants et chaussent de nombreux équidés.
Si au galop, le déferrage est désormais interdit en France (la PSF s'y prêtait pourtant fort bien), les fers collés sont admis et les entraîneurs ne s'en privent pas. Au guichet, le joueur initié a appris à se méfier des chevaux sans sabots cloutés, pendant que le parieur lambda est laissé dans l'ignorance. Comme les œillères classiques et australiennes, les fers collés mériteraient de faire l'objet d'une déclaration obligatoire lors de la validation des partants. En attendant, les turfistes qui font le déplacement sur les hippodromes ont un avantage indéniable. Et, après tout, c'est peut-être un bon moyen de repeupler les tribunes...
| < Préc | Suivant > |
|---|














