Si j'étais pieux, j'irais plus souvent à la messe. Si j'étais Pieux, j'irais brûler un cierge avant de sauter le rail-ditch d'Auteuil. Si j'étais Pieux, je serais le numéro un de ma profession. Si j'étais Pieux, je serais une légende vivante... Mais si j'étais Pieux, je serais bien embêté pour répondre à la question qui risque de m'être posée avant le Grand Steeple-Chase de Paris. Remember Rose ou Mail de Bièvre ? Gallorini ou Balanda ? Le tenant du titre ou l'impressionnant lauréat des Prix Troytown et Murat ? Si j'étais Pieux, je choisirais Remember Rose, par fidélité et reconnaissance... Mais je ne suis pas Pieux, un jockey programmé pour gagner. Comme me l'avait dit David Berra en parlant de ses aînés, Pieux et de Gombeau, : « Dans les vestiaires, on le sent toute suite, ces gars-là ne sont pas là pour enfiler des perles... » Christophe Pieux est un jockey free-lance. Sans contrat écrit, ni moral. On se rappelle qu'à quelques jours du Grand Steeple 2003, lui qui devait monter son partenaire Ilare, avait changé d'idée pour se mettre en selle sur Line Marine. Un sale coup pour l'entraîneur Emmanuel Chevalier Dufau, mais un coup gagnant, qui lui a permis de remporter son premier Grand Steeple. Alors, à trois semaines du sommet de l'obstacle en France, les aficionados de l'obstacle attendent tous le choix de Monsieur Quinze Cravaches d'Or. Celui-ci peut se tromper mais, une chose est sûre, il choisira celui qui lui semble avoir la meilleure chance de vaincre. A quarante-trois ans, Christophe Pieux, qui a tout gagné ou presque, reste obsédé par la victoire. Et c'est pour cela qu'il est un jockey hors normes. Terminator, comme le surnomme Christophe Soumillon.
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