Accueil Ugnon-Fleury joue le jeu Beaucoup de bruit pour rien

Beaucoup de bruit pour rien

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Le 13 septembre, à Longchamp. Dar Re Mi inflige la première défaite de sa carrière à Stacelita. La meilleure remporte le Prix Vermeille, pense-t-on un peu vite. Quelques minutes plus tard, la représentante de Lord Loyd-Webber est distancée pour avoir gêné l'allemande Soberiana, une pouliche classée cinquième, qui aurait peut-être pu prétendre dans le meilleur des cas à la quatrième place. Le règlement a été appliqué conformément au code français, c'est-à-dire sans esprit. Car depuis l'affaire Sagace et Rainbow Quest qui avait divisé les turfistes à l'issue de l'Arc 1985, les commissaires français ne doivent plus juger en leur âme et conscience mais mécaniquement, en se posant cette fameuse question : "Etes-vous sûr que le cheval gêné n'aurait pas pu obtenir une meilleure allocation ?" En cas de doute, le gêneur doit être déclassé derrière la victime. Cela aboutit à des situations aussi ubuesques que celle du Prix Vermeille, où la gagnante s'est retrouvée classée cinquième, après avoir battu à la régulière les trois premières.
Cette affaire, qui avait touché une pouliche anglaise, avait suscité un vif émoi outre-Manche. Même le discret Lord Lloyd-Webber, propriétaire de Dar Re Mi, était sorti de ses gonds. En France, les réactions d'indignation avaient été aussi nombreuses. En «off», beaucoup de professionnels reconnaissaient que notre code avait vécu. Edouard de Rothschild, Président de France Galop, n'était resté insensible et s'était saisi du dossier. Lors du fameux discours du Dîner de l'Arc de Triomphe, il avait promis qu'une consultation et une réflexion allaient être menées sur la doctrine française du jugement des gênes.
Le 8 avril dernier, le verdict est tombé : rien ne changera. Des avis des experts consultés, s'était dégagé un large consensus (!) en faveur du système français qui s'oppose à celui des britanniques, qui protège les gagnants. En caricaturant un peu, les français préfèrent les mauvais perdants. La forme au fond. Le Code au fair-play.
Pour l'harmonisation des règlements, nous devrons attendre. Un attente qui risque d'être longue, compte tenu des différences d'appréciation des grandes nations hippiques. Quant aux turfistes et propriétaires, ils doivent continuer à jouer le jeu, tout en sachant que sur notre sol on peut gagner une course à la force des jarrets, comme Dar Re Mi, et être finalement exclu du podium sur tapis vert, sans avoir triché. A notre sens, il serait plus juste que, dans les cas de "billard à trois bandes", le résultat soit maintenu,  et que le gêné soit indemnisé par le gêneur.

 

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