On peut être journaliste, éleveur, propriétaire et joueur, à condition de ne pas confondre les genres. Ici, c'est sous la casquette du flambeur qu'il s'adresse à vous.
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Vendredi, 27 Janvier 2012 09:54
Science du train, sprint, braquet, sillage, préparation physique, il existe bien des analogies entre les compétitions cyclistes et les courses de chevaux. Reste que les mauvais esprits penseront immédiatement au dopage, qui, c'est un fait, a pollué aussi bien les pelotons de coureurs que de chevaux.. Les « affaires » sorties lors de la dernière décennie, avec quelques vainqueurs du tour de France ou du Prix d'Amérique alimentant l'actualité des faits divers, ont largement contribué à instaurer le doute. Mais ces deux sports, trop souvent stigmatisés, ont une image qui ne reflète pas la réalité. Il faut savoir le cyclisme et l'hippisme sont aujourd'hui plus contrôlés que les autres sports, aussi bien avant qu'après les compétitions. Bien sûr, il y aura toujours des gens malhonnêtes, mais a majorité des compétiteurs sont propres, comme en témoignent les chiffres de la Fédération Française des Courses. Chaque année, environ 26000 prélèvements sont effectués, avec moins de 0,4 % de cas positifs. C'est peu, surtout lorsque l'on sait que la faute est souvent liée aux soins (délais de rémanence non respectés) et à des contaminations alimentaires. En cumulant l'activité galop et trot, on estime qu'il y a moins de dix cas positifs par an où la volonté de tricher (rarement établie) peut être suspectée. A quelques heures du Prix d'Amérique, où le record de l'épreuve devrait être battu si l'on se réfère au temps canon du Prix de Cornulier et aux chevaux de train en lice (Timoko et Quif de Villeneuve), il est intéressant de rappeler que, depuis 2009, un suivi longitudinal des cinquante meilleurs trotteurs a été instauré : ces chevaux ont ainsi été systématiquement prélevés tous les mois de l'année, en plus des contrôles établis lors des compétitions auxquelles ils ont pris part. Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs, les tricheurs ont souvent plusieurs longueurs d'avancege sur la recherche, mais ils doivent être de plus en plus rusés pour passer à travers les mailles du filet.
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Samedi, 21 Janvier 2012 10:45
Avant de connaître le ou la successeur(e) d'Olga du Biwetz, deux constats s'imposent à la lecture des partants du Prix de Cornulier : les meilleurs trotteurs montés ne sont pas tous en lice dimanche 22 janvier et seule Opale du Gaultier sera ferrée des quatre pieds. Evoquons tout d'abord l'absence des hongres. Lors de ses trois sorties victorieuses sous la selle, Save the Quick, la favorite de l'édition 2012, n'a pas eu à les affronter. Et même si elle gagne dimanche, nous ne saurons pas si la partenaire d'Eric Raffin est vraiment la meilleure trotteuse du monde sous la selle. Voilà qui est préjudiciable à l'aura du Prix de Cornulier, d'autant que la plupart des adversaires de la championne de Franck Leblanc ont subi la loi des chevaux castrés, lors des derniers affrontements. Ainsi, dans le Prix du Calvados, Roi du Lupin, Sourire de Voutré et Riglorieux du Bois avaient-ils dominé nettement femelles et mâles entiers. Idem dans le Prix Jules Lemmonier, où Roi du Lupin avait devancé le plus célèbre des hongres sous la selle, Quemeu d'Ecublei, et le très régulier Risque Tout, lui aussi persona non grata dans le grand international monté. Au risque d'insister trop lourdement, nous militons pour que le Prix d'Amérique et le Prix de Cornulier soient ouverts à tous les trotteurs... non médicamentés, les classiques et semi-classiques suffisant à sélectionner les futurs reproducteurs. Enfin, nous conclurons par le déferrage. Aujourd'hui, plus aucun professionnel ne remet en cause l'avantage donné aux chevaux pieds nus. Pour atteindre un objectif, les trotteurs arrivent déferrés, souvent des quatre pieds quand les allures du cheval le permettent. Conséquence : les compétiteurs s'"entraînent" parfois ferrés en course afin d'être préservés jusqu'au jour J. Le Code des courses, qui stipule que tout cheval doit courir pour gagner, est ainsi souvent bafoué. Les turfistes experts le savent et ont appris, depuis quelques années, à repérer rapidement à côté du nom du cheval les déferrés des quatre pieds, des antérieurs et des postérieurs. Un vrai signal d'alarme !
Jeudi, 22 Décembre 2011 00:54
Fabre doit beaucoup à André Adèle, son maître, et aucun des deux ne nous contredira… Sa femme Elisabeth est aussi à associer à sa réussite. Mais permettez-nous d’insister en prétendant que notre sympathique entraîneur a une dette envers les courses hippiques. Non qu’il doive rendre l’argent gagner, sans doute honnêtement, par ses pensionnaires, mais il n’a pas joué le rôle de locomotive qu’une tête de liste se doit d’assurer. En ne faisant pas la promotion de son sport (je ne parle pas du polo mais bien des courses) et de sa profession, André Fabre pénalise tout un secteur d’activité. Et si Fabre n’avait pas existé, il y aurait eu d’autres gagnants, qui nous auraient peut-être fait profiter de leurs lumières. Que Fabre laissera aux courses après sa retraite ? Un formidable palmarès mais aussi peu de grands étalons, malgré le sang royal de ses élèves. Certains aiment à dire que ses chevaux parlent pour lui, mais ils ne nous ont pas encore donné d’explication à ce paradoxe. Non, je ne pense pas que Fabre soit un exemple. Il ne doit pas faire école et c’est au nouveau président de France Galop de prendre les mesures nécessaires pour que les entraîneurs comprennent qu’ils exercent un métier public, avec des droits mais aussi des devoirs. Comme celui d’informer et d’expliquer.
Vendredi, 25 Novembre 2011 10:39
Non, il ne s'agit pas ici de vous conter le roman d'Ernest Hemingway (que je vous conseille toutefois...), mais de rouvrir l'éternel débat qui passionne les sportsmen quand se pose la question : « faut-il permettre aux hongres de disputer le Prix d'Amérique ? » En remettant le sujet sur le tapis, je réponds évidemment par l'affirmative. Les courses n'ont pas les moyens de se priver aujourd'hui d'un match Rapide Lebel-Ready Cash dans la plus grande épreuve du trot européen. Il faut être vraiment riche pour se passer d'une telle publicité et d'un succès assuré au guichet. Face à cet argument, les défenseurs du programme actuel rétorqueront, comme d'habitude, qu'on ne touche pas à ce qui fonctionne bien et que l'amélioration de la race chevaline en souffrirait. Je répondrai simplement que gouverner, c'est anticiper. Je me rappelle, dans les années quatre-vingt-dix, avoir travaillé pour un grand quotidien hippique dont le patron m'avait rétorqué : « On ne touche à rien du moment où ça va bien.» Quelques mois plus tard : le journal a été déstabilisé par l'arrivée d'un tabloïd, plus colorisé et moins cher. Pour rester dans le domaine médiatique, je citerai la réussite de Pierre Lazareff, l'un des grands hommes de l'histoire de la presse. Celui qui avait hissé France Soir à près de deux millions d'exemplaires vendus n'avait jamais cessé d'innover, d'entreprendre... d'oser. Et nul doute qu'il n'appliquerait pas aujourd'hui les mêmes recettes qu'en 1970. Tout cela pour dire qu'il faut s'adapter à son époque. Nous sommes dans une société de spectacle, où il est dur de créer l'événement. Il faut saisir la moindre occasion, quitte à revoir les règles et à malmener la tradition. Les aficionados de la Corrida paient aujourd'hui au prix fort de ne pas avoir révisé ses "tercios"... Quant à l'amélioration de la race, il faut rappeler que, parmi les meilleurs étalons français actuels, Coktail Jet a gagné le Critérium des 5 Ans avant de remporter le Prix d'Amérique. Love You s'est imposé dans le Critérium Continental. Ganymède s'est fait un nom en se plaçant dans les Critérium des 3 Ans, des 4 Ans, Continental... Aujourd'hui plus qu'hier, les éleveurs n'attendent pas le résultat d'un Prix d'Amérique pour faire confiance à un étalon. Si les Critériums, viviers de nos meilleurs reproducteurs, ont vocation à être réservés aux chevaux entiers, les grandes épreuves internationales françaises (Amérique et Cornulier) doivent s'ouvrir à l'élite mondiale... avec ou sans testicules.
Jeudi, 24 Novembre 2011 19:30
Le Prix de Bretagne a souvent renvoyé les turfistes à leurs études. Handicapés de vingt-cinq mètres, les ténors se servaient de cette épreuve comme d'une séance poussée d'entraînement en vue de leur préparation au Prix d'Amérique. Destablisant pour ceux aiment voir gagner les champions. Depuis 2007, la première « B » réunit tous les candidats au même poteau de départ. La hiérarchie est ainsi plus souvent respectée, comme cette année où Ready Cash a dominé ses rivaux sans avoir à forcer son talent. Le ton est donné et le favori du prochain Prix d'Amérique ne fait plus de doute. Car, qui peut désigner un vrai rival à Ready Cash, après son succès du 19 novembre ? Rapide Lebel et San Pail, deux authentiques champions eux aussi, sont des hongres, exclus du Prix d'Amérique et des Critériums français. Reste Maharajah, l'excellent dauphin de Ready Cash en 2011. Il sera au départ d'une course à Jägersro, samedi prochain. Il semble en regain de forme. Pour entretenir un semblant de suspense, il faudrait qu'il rassure pleinement. Car pour donner la réplique au pensionnaire de Thierry Duvaldestin, le dernier dimanche de janvier, il faudra qu'il soit meilleur que jamais.
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