Sur la route de Saint Macaire
Samedi, 08 Juin 2013 09:35
Les professionnels comme les observateurs sont unanimes. Le cross de Lyon-Parilly est l'un des plus beaux parcours de l'Hexagone. Technique, nécessitant une vraie aptitude à la "terre", très bien entretenu, il mériterait même, selon nous, un "bonus" de points dans le championnat de France, comme en bénéficient les Grands Cross de Pau, du Lion d'Angers et de Craon. Et sa présence dans le calendrier de la Crystal Cup (le challenge européen sur le cross) serait tout sauf une injustice... Voilà pour le décor de ce Prix André Baboin, reste à présenter les acteurs de l'édition 2013 (le 10 juin). Même si on l'aurait volontiers imaginée plus étoffée et plus riche, la distribution a tout de même assez belle allure. Dans le rôle titre, on retrouve le tenant du titre Saint Macaire. Il y a un an, le représentant de la famille Papot remportait là son premier titre de gloire en cross, spécialité dans laquelle il avait été dirigé quelques semaines plus tôt A 6 ans, cet ancien vainqueur du Prix Congress (groupe II) entamait donc une seconde carrière. "A 3 et 4 ans, il a eu des combats difficiles à Auteuil, revient son entraîneur Guillaume Macaire. Or, il n'a pas jamais eu trop de physique, étant un petit modèle, si bien qu'il n'a pas évolué avec l'âge mais, d'un autre côté, il est sain et net et n'a pas souffert de problèmes tendineux en raison d'un physique trop important. A 5 ans, sa tâche à Auteuil est devenue dure, et c'est pourquoi on l'a orienté sur le cross l'an dernier. C'est un cheval souple et bon sauteur. Dès lors, ce n'était pas compliqué de bien sauter la "terre". Et puis, dans les Grands Cross, les surcharges sont limitées et les allocations très convenables." Et voilà comment Saint Macaire a fait son entrée dans le circuit du championnat de France qui l'a conduit à sa première participation au Grand Cross de Craon où, fautif, il a déséquilibré son jockey au fence du tournant final, alors qu'il n'avait pas dit son dernier mot, au moins pour le second accessit. On se doute que le rendez-vous mayennais est déjà dans un coin des têtes de son entourage. "Il n'y a pas vraiment d'objectif, tempère Guillaume Macaire. Mais il est vrai que Craon est une course toujours plus amusante. Il poursuit sa route gentiment. Il a effectué une rentrée sur les haies afin de ne pas manquer de condition pour son retour sur le cross qui a eu lieu à Strasbourg où il s'est imposé. A Lyon, il retrouve un parcours qu'il connaît, et le lot n'est pas trop extraordinaire." L'autre rôle principal devrait tout de même être tenu par le vainqueur du Grand Cross de Pau, Reste Demohaison. Pour l'occasion, il retrouve celle avec laquelle il s'est imposé au pied des Pyrénées, Nathalie Desoutter. Après être passé à côté de sa course dans le Grand Cross Fontainebleau, le pensionnaire de François Cottin devrait être plus à son affaire sur le parcours lyonnais, qui correspond davantage à ses aptitudes et présente des similitudes avec celui de Pau. En 2011, Reste Demohaison a d'ailleurs terminé troisième sur le cross de Parilly derrière Ton Jeu, spécialiste du parcours, et le bon Quoquo de Chalon. Dans cette distribution, Major Dolois revêtira les habits du second rôle, ce qui n'a rien de péjoratif, surtout si l'on tient compte de la ligne strasbourgeoise (il a été devancé par Saint Macaire qu'il avait dominé en fin de saison dernière au Pin-au-Haras et Dumorazy, absent cette fois alors qu'il aurait pu profiter de l'occasion pour s'emparer de nouveau de la première place au classement général) où le résultat, au moins pour la deuxième place, aurait pu être différent selon Patrice Quinton : "J'ai des regrets, car il n'aurait pas dû temporiser dans le tournant final. Cela lui coûte la deuxième place et peut-être même la victoire, d'autant qu'il a commis ensuite une faute à la dernière haie. Depuis, il a bien récupéré, et il est même très bien. Le parcours de Lyon va lui plaire, car c'est un cross technique avec beaucoup de "terre"." Alors que Quovadis Collonges reste sur deux succès consécutifs à Parilly mais affronte un lot plus relevé, l'anglais Diamond Harry (10 ans) constitue l'inconnue de ce Grand Cross. Cet ancien vainqueur de groupe I sur les claies britanniques (à 5 ans) et de groupe II sur le steeple (à 7 ans devant un certain Denman, vainqueur deux ans auparavant de la Gold Cup de Cheltenham) fait ses débuts sur le cross après une rentrée en steeple à Compiègne où il a terminé quatrième en montrant une condition avancée. Présenté par Nick Williams, qui ne présente jamais un partant en cross en France à la légère (10 partants, 1 victoire, 5 places), Diamond Harry sera peut-être la révélation de cette 7e étape du championnat.
Ratzyniac voit plus loin
Vendredi, 24 Mai 2013 18:05
L'hiver dernier, Eric Leray n'avait pas caché pas fonder de gros espoirs sur Ratzyniac pour le meeting de Pau. Au final, cela ne s'est pas passé comme il l'avait imaginé, à l'image du jour J où il s'était débarrassé de son jockey au passage du gué. "On espérait mieux évidemment, glisse-t-il. Le cheval et le pilote ont été malchanceux. Mais, vous savez, c'est long de fabriquer un cheval de cross." Du coup, l'entraîneur de Senonnes a dû changer ses plans avec ce produit d'April Night, petit-fils de Princianne (élevage Bonsergent) qu'il avait menée au succès en cross au cours de sa carrière de jockey. C'est donc la raison pour laquelle Ratzyniac a poursuivi sa saison, courant successivement à Mont-de-Marsan (3e), à Saumur (1er) et le Grand Cross de Rostrenen (le 19 mai) qu'il a enlevé quasiment de bout en bout. "Il se fait bien avec le temps et est beaucoup plus détendu, juge Eric Leray. Il a tout contrôlé dimanche. Il possède du fond et saute comme un cheval de complet." Après avoir mené, Ratzyniac (Stéphane Paillard) a juste laissé le spécialiste du parcours, Oural du Béarn, le relayer au passage du gué, avant de lui reprendre le meilleur dans le tournant final et de s'imposer, alors que Roc des Salines, après avoir patienté en bon rang, devait se contenter d'arbitrer nettement la lutte pour les accessits sur le plat aux dépens notamment de Robert's Well. Alors que cette victoire lui permet de se hisser à la sixième place du classement général du championnat de France de cross, c'est toujours en Bretagne que l'on devrait le retrouver dans les semaines à venir, comme l'explique son entraîneur : "C'est un cheval avec lequel j'aimerai bien aller courir le cross de Pardubice (le 13 octobre). Ça fait partie de mes idées. Il a tout pour bien faire là-bas. Mais il faut que je me renseigne, car je crois que les engagements étaient la semaine dernière (N.D.L.R. : il y a possibilité de rattrapage avec des taxes supplémentaires). Avant cela, je pense qu'il va disputer deux étapes, notamment celle de Corlay (le 30 juin). Si jamais Pardubice ne pouvait se faire, il courait le Grand Cross de Craon." Classement du championnat de France de cross après la 6e étape à Rostrenen (le 19 mai) Chevaux 1. Toutancarmont 45 points - 2. Dumorazy 44 pts - 3. Maljimar 22 pts - 4. Saint Macaire, Feu Croisé et Ratzyniac 20 pts - 7. Major Dolois 16 pts - 8. Phakos 15 pts - 9. Sir Rowan 13 pts - 10. Roc des Salines 12 pts Jockeys 1. Jonathan Plouganou 65 points - 2. Gaëtan Olivier 44 pts - 3. James Reveley 23 pts - 4. Stéphane Paillard et Fabrice Barrao 21 pts - 6. Anthony Thierry et Fabien Dehez 16 pts - 8. Wilfried Denuault 13 pts - 9. Florent Neveu 10 pts - 10. Jessy Blandamour 9 pts
Prochaine étape à Lyon-Parilly (le10 juin)
Roc des Salines, la marque Follain à Rostrenen
Vendredi, 17 Mai 2013 14:44
Troisième étape du championnat en l'espace de dix jours, le Grand Cross de Rostrenen (le 19 mai), dont la distance a été rallongée de plus de mille mètres, n'a pas réuni de ténors de la discipline. Aucun des neuf concurrents ne figure ainsi dans le top 10 du challenge. Pour autant, on trouve parmi eux de bons spécialistes, dont certains ont déjà prouvé leur aptitude au parcours breton. On pense ainsi à Oural du Béarn qui a fait l'arrivée des trois dernières éditions, terminant successivement troisième, deuxième et quatrième. Il reste donc au pensionnaire de Pascal Journiac a décroché le graal... Au sujet justement des éditions précédentes, deux des trois dernières (Miss d'Anjou en 2012 et Nike du Rozel en 2010) ont été remportées par un représentant de Jérôme Follain. Or, celui-ci semble encore bien armé cette année avec le 8 ans Roc des Salines. Ce fils de Cadoudal s'est jusqu'à maintenant essentiellement spécialisé sur le cross palois, dans la foulée de ses aïeuls, puisque c'est un proche parent de Tudor des Salines (triple vainqueur du Grand Cross de Pau au début des années 1990 sous l'entraînement d'Olivier Brasme) et Ellora des Salines (lauréate aussi de la plus grande épreuve paloise sur le cross, en 1999). "Après un bon break à la sortie du meeting de Pau, il manquait d'une course lors de son dernier parcours à Lyon, d'autant qu'il n'a pas très bien voyagé, juge l'entraîneur de Dragey. Il va découvrir le cross de Rostrenen, mais je ne pense pas que cela le dérange. C'est un sauteur qui aime bien la "terre". Il trouve une opposition dans ses cordes, même s'il faut se méfier d'un cheval comme Oural du Béarn qui fait bien ce parcours." Parmi les autres concurrents, Ratzyniac aura aussi de solides ambitions, lui qui vient de renouer avec le succès sur le cross de Saumur. Malheureux dans le Grand Cross de Pau, le pensionnaire d'Eric Leray a largement les moyens de jouer les premiers rôles dans une telle épreuve.
Les Papot raflent tout
Samedi, 11 Mai 2013 20:06
Quarante-huit heures après la victoire de Toutancarmont au Lion d'Angers, la casaque de la famille Papot a encore brillé dans une épreuve du championnat de France de cross. A Strasbourg (le 11 mai), où Grammatiste a dû différer sa rentrée en raison d'une petite alerte sans grande conséquence a priori, Saint Macaire a, en effet, lancé sa saison de la meilleure des façons (après une rentrée sur les haies) qui doit le mener jusqu'au Grand Cross de Craon. Tête de liste des propriétaires français en obstacle (avec 34 succès à ce jour), la casaque vert clair et gros bleu l'est aussi si l'on se réfère aux seules épreuves de cross avec 7 victoires pour quatorze courses courues ! En tête des classements dans la seule spécialité du cross, on retrouve évidemment aussi le tout autant incontournable Jonathan Plouganou chez les jockeys. Appelé pour suppléer David Cottin (accidenté), le fils de François Plouganou a signé là sa 9e victoire sur un total de 51 de puis le début de l'année. "C'est un parcours technique, même si la « terre » est un peu petite. Les traversées de piste sont assez compliquées. Il faut que les chevaux sachent où ils mettent les pieds, décrivait-il après 5.200 mètres d'efforts sur un terrain très lourd. J'ai été devant sans aller très vite, avant de progresser gentiment. Après avoir été relayé par Major Dolois, j'en ai profité pour faire souffler mon partenaire. Quand on a accéléré, on a pris de vitesse Dumorazy que je craignais." Jusqu'à la dernière haie, Major Dolois semblait pourtant faire figure de lauréat, même s'il aurait peut-être dû moins temporiser une fois devant à pllus de cinq cents mètres de l'arrivée. "Seul devant, il s'est un peu repris au volpum du tournant final, commentait le jeune Jessy Blandamour. Ce n'est pas un cheval très courageux, mais je regrette surtout sa faute à la dernière haie où il a voulu refaire une foulée. Cela lui coûte la deuxième place." Après avoir subi l'attaque de Saint Macaire à cent mètres du poteau, Major Dolois a dû aussi s'incliner devant le bon finisseur Dumorazy. "Je craignais l'état du terrain avant la course et cela s'est confirmé, regrettait Jean-Luc Guillochon. Il n'a pas ses appuis dans ces conditions. Mais sa classe de plat et son courage lui ont permis de venir chercher la deuxième place." S'il ne peut reconquérir la première place à Toutancarmont, Dumorazy s'en rapproche à un point seulement. "Oui, ce serait bien de gagner le championnat, avait confié avant la course Jean-Luc Guillochon. Il est possible qu'il aille ensuite à Lyon (le 10 juin). C'est un cheval qui s'adapte un peu à tout. Il reste prudent sur les obstacles, mais possède une très bonne pointe de vitesse, c'est pourquoi il est avantagé par les parcours avec une longue ligne droite pour finir." Classement du championnat de France après la 5e étape à Strasbourg (le 11 mai) Chevaux 1. Toutancarmont 45 points - 2. Dumorazy 44 pts - 3. Maljimar 22 pts - 4. Saint Macaire et Feu Croisé 20 pts - 6. Major Dolois 16 pts - 7. Phakos 15 pts - 8. Sir Rowan 13 pts - 9. Sacrée Tiepy et Kashmur 8 pts Jockeys 1. Jonathan Plouganou 65 points - Gaëtan Olivier 44 pts - 3. James Reveley 23 pts - 4. Fabrice Barrao 21 pts
Prochaine étape à Rostrenen (le 19 mai)
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