"C'est un copier-coller de sa victoire de l'an dernier !" Vu comme le décrit Wilfried Denuault, l'Anjou-Loire Challenge et ses 7.300 mètres, cela semble facile. Il suffit en somme de répéter ce qu'on a fait l'année précédente, et c'est justement ce qu'a fait Chriseti jeudi un an après sa première victoire dans l'épreuve d'obstacle la plus longue au monde. Une victoire à l'identique, et peut-être même encore plus facile, si l'on en juge par les quinze longueurs qui ont sanctionné sa supériorité. "Non, simplement c'est peut-être qu'on pensait que l'opposition cette année était plus relevée, notamment avec les concurrents britanniques", nuance Etienne Leenders. N'empêche qu'on a du mal à imaginer qu'il lui a fallu s'y reprendre à cinq reprises pour parvenir à inscrire une première fois son nom au palmarès et que le faire une seconde fois a semblé une simple formalité. "Heureusement qu'on lui a fait une course de rentrée, et surtout ici et non à Fontainebleau où il aurait très bien pu se blesser, car cela a fini de planifier sa préparation", s'est félicité l'entraîneur angevin.
"J'ai calqué ma course sur Phakos (son dauphin de l'an dernier), poursuivait Wilfried Denuault. On a eu un parcours limpide en dedans. Je l'ai juste senti un tout petit moins fluide dans certains de ses sauts, notamment au trou à bord franc avec les doubles-croches, en raison du terrain plus souple que l'an dernier. Mais il ne fait jamais d'efforts, si bien qu'il peut mettre un uppercut à ses adversaires avant de monter les pianos. J'ai donc attaqué au même endroit que l'an dernier. Après les pianos, la partie en descente les pousse. Du coup, il a pris deux ou trois longueurs et, sur sa lancée, il a été au poteau." "Tant qu'il (Chriseti) sera toujours là, nous n'aurons aucune chance de gagner." Le témoignage de David Cottin (troisième avec Phakos) vaut beaucoup plus que de longs discours. "Il y a un mois, le cheval a été contrarié dans sa préparation et on ne savait pas s'il allait courir. Il lui a manqué un petit quelque-chose", poursuivait-il, alors qu'il aura sûrement été aussi affecté par l'accident mortel de Quézac de la Roque dont il était le jockey attitré sur le cross. La surprise est donc venue de Silver Whisper, qui s'essayait à ce niveau pour la première fois. "Il a eu un bon parcours, notait Nicolas Moisson au sujet du pensionnaire d'Armel Le Clerc venu déposséder Phakos de la deuxième place. Au dernier passage en face, il a été débordé, mais il est hyper-dur et courageux."
Quant à la coalition britannique, Maljimar en a longtemps été le meilleur représentant, tout en se montrant beaucoup plus allant qu'à Fontainebleau. Le seul à tenter de s'accrocher à Chriseti dans la descente après la montée des pianos, il a commis une faute à la dernière haie qui l'a empêché de poursuivre son effort. On retiendra aussi les bons efforts d'Another Jewel, qui a semblé retrouver une seconde jeunesse, et d'Uncle Junior, qui a longtemps musardé à l'arrière-garde. Mais c'était en net retrait de Chriseti...
Avec ce succès, le représentant de Joël Blandin prend déjà rendez-vous pour le premier dimanche de septembre à Craon. Et sa saison ne devrait pas s'arrêter-là... "Son propriétaire a envie de le voir à Cheltenham. Alors, il devrait y aller", révèle en effet Etienne Leenders. Et son fils aîné, Grégoire, de renchérir : "Le parcours de Cheltenham est fait pour lui. Il faut faire le plus longtemps possible le "mort" !" Et l'attentiste Chriseti, qui devient le cheval de cross le plus riche de l'histoire (avec désormais plus de 326.000 € dans cette seule spécialité) s'est effectivement le faire très bien, lui plus que jamais bien vivant à 12 ans !
Sebastien Pouteau Passage de route et compagnies...











