Le 20 janvier dernier, Gaëtan Masure, en selle sur Smart and Fun, chute dans le quinté. Considéré comme responsable de l'incident, Frédéric Spanu est condamné à quinze jours de suspension. Le jockey a fait appel de cette décision. En appel, le verdict a été confirmé vendredi dernier. Le jockey ne comprend pas cette décision et s'explique.
Pouvez-vous revenir sur les faits qui ont motivé votre suspension ?
L'incident a eu lieu après cinq cents mètres de course environ. Pour résumer, j'étais au mauvais endroit au mauvais moment. Je me trouvais à l'extérieur de Gaëtan Masure, et en attendant qu'il prenne une décision (reprendre ou avancer) ; j'ai laissé une marge de sécurité. Au même moment, le cheval de Fabrice Veron est venu à mon extérieur, à trois quarts de longueurs. Le sentant, mon cheval s'est mis à tirer d'un coup, et, comme il y avait cet espace entre moi et le cheval de la corde, il s'y est engouffré. On voit sur le film que j'ai tout sur la rêne droite. Je n'ai même pas senti que Gaëtan Masure était tombé, car mon cheval n'a pas fait de faute... Je pensais qu'il avait repris.
Et de retour aux vestiaires, que se passe-t-il ?
Logiquement choqué, Gaëtan a expliqué aux commissaires que sa chute est due au mouvement de mon cheval. Mais après réflexion, et après avoir vu et revu le film, il réalise que je n'y suis pour rien et que sa chute est la conséquence d'un mouvement de course que j'ai fait mon possible pour éviter. Il retourne voir les commissaires, mais la sanction est déjà prise, et ils insinuent même que Gaëtan s'est ravisé suite à des pressions de ma part. J'écope de quinze jours de suspension, mais les commissaires reconnaissent tout de même que ce n'est pas une faute professionnelle ni un geste intentionnel de ma part.
Vous décidez alors de faire appel...
Je fais appel avec l'appui d'une lettre de Gaëtan qui m'enlève toute responsabilité. L'appel a été jugé vendredi dernier. Je me suis déplacé à Boulogne. Cela a duré à peine vingt minutes. Les commissaires n'ont même pas tenu compte de la lettre. J'avais l'impression que tout semblait déjà décidé. Appel rejeté. C'est une sacrée sensation d'impuissance.
Selon vous, que faudrait-il améliorer dans la procédure ?
Il faudrait plus de transparence. Que les pros comme le public aient accès aux films que visionnent les commissaires, qu'ils entendent ce qu'il se dit dans leur salle. Je ne dis pas que les commissaires font toujours du mauvais travail, mais ils doivent faire preuve de plus de professionnalisme dans leur décision et arrêter de croire que l'on ment pour se protéger les uns les autres. En quinze ans de métier, je n'ai jamais eu de problèmes liés à une chute. Je respecte mes adversaires. AM
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Frédéric Spanu : "Un sentiment d'impuissance"












