Une progéniture en or
Vendredi, 26 Août 2011 18:58
Hier, nous avons évoqué ici même les grands mérites d'une poulinière, Suntrap. Nous n'allons pas quitter ce domaine en remettant aujourd'hui en mémoire le fait d'armes d'une autre jument qui révéla, elle aussi, une aptitude exceptionnelle à mettre au monde de grands gagnants. Ce ne fut pas le même jour, mais la même année...En 1997, Alidiva ne revendiqua rien de moins que la maternité de trois vainqueurs de groupe I : Taïpan, héros du Prix d'Europe à Cologne et du Prix de Rome à Milan ; son cadet Ali Royal, lauréat des Sussex Stakes à Goodwood, et Sleepytime, la benjamine, cette dernière ayant laissé à quatre longueurs sa plus proche adversaire dans les Mille Guinées. Il s'agissait là des trois premiers produits d'Alidiva. Les autres, complexés sans doute, allaient se révéler d'une qualité inférieure. Tout de même, quel départ...
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Jour de gloire
Jeudi, 25 Août 2011 12:22
Assez bonne en course, Suntrap connut son plein épanouissement au haras. Le 16 octobre 1994, son nom revint sur toutes les lèvres dans le microcosme hippique. Pensez donc : à Longchamp, dans la quatrième, son fils Sunshack s'était distingué devançant l'allemand Monsun dans le groupe II du Prix de Conseil de Paris et, quelques heures plus tard, au Canada, un autre de ses rejetons, Raintrap, s'octroyait, lui, le groupe I du Rothmans International, à Woodbine... Pour un éleveur, gagner une belle course est une vraie joie ; en remporter deux dans la même journée s'apparente au bonheur absolu. Qu'une poulinière, déjà compétente quand elle met bas tous les ans, réussisse un tel doublé est proprement sidérant... Il reste que Suntrap, d'un calme olympien, n'a rien changé à ses habitudes ce jour-là, se contentant de brouter l'herbe d'automne - qui ne ne vaut pas celle du printemps - en portant dans ses flancs Rainshack, lequel allait, malheureusement, se montrer plus modeste que ses aînés.
Le dauphin
Jeudi, 25 Août 2011 12:21
Si le Prix de l'Arc de Triomphe 2003 est revenu à son favori, Dalakhani, qui se souvient du nom du deuxième, qui fut pourtant le seul à le menacer dans la phase finale, le reste du lot terminant à cinq longueurs et plus ? Ce cheval de 6 ans, qui participait à son premier groupe I, restait pourtant sur quatre victoires, mais il ne tenta guère les parieurs français qui le laissèrent partir à 33 contre 1. Mubtaker, puisque c'est de lui qu'il s'agit, courut encore à 7, 8 et 9 ans, et, s'il ne put jamais réitérer sa grande valeur de Longchamp, il enrichit son palmarès de cinq nouvelles victoires, dont trois dans des groupes. Peut-être était-ce là trop lui demander. Un matin de la fin du printemps 2006, alors qu'il participait à un galop, il se fractura un postérieur et dut être euthanasié. Il faut croire que les bons chevaux n'ont pas toujours la fin qu'ils méritent.
Historique
Mardi, 23 Août 2011 18:18
Il est peu fréquent que la Grande Course de Haies d'Auteuil soit enlevée par un cheval ayant couru "à réclamer". Il est plus rare encore que le vainqueur de cette prestigieuse épreuve soit associé à une femme jockey. En 1988, le lauréat présentait ces deux caractéristiques ; il s'appelait Goodea et avait sur son dos Béatrice Marie. Après avoir changé de mains au printemps 86, suite à son succès dans le Prix Fabiano, Goodea n'avait apporté que des satisfactions en enlevant cinq courses. Il venait de finir deuxième du Prix La Barka, avec un poids avantageux... mais de là à le voir s'adjuger la Grande Course de Haies, il y avait, pour le moins, une rivière des tribunes que beaucoup trouvaient hasardeux de franchir - et il partit à la belle cote de 33/1. Attentiste, et vrai cheval de grand fond, il vint battre le champion Marly River à la fin, de deux longueurs. Deuxième du Grand Steeple Chase d'Enghien au mois d'octobre suivant, Goodea se retrouva à terre au mois de janvier 89 à Cagnes, dans le Grand Prix de la Ville de Nice, et dut être sacrifié. Souvent, hélas, les sauteurs tombent de haut...
Le roc
Lundi, 22 Août 2011 19:30
Au début de l'année 1976, Bellino II parvint à réaliser ce qui doit être considéré comme une prouesse phénoménale. En trois semaines, du 18 janvier au 8 février, il gagna successivement, le Prix de Cornulier, le Prix d'Amérique, le Prix de France et le Prix de Paris. Dans cette dernière épreuve, il devait rendre cinquante mètres à la très bonne Catharina et soixante-quinze à des sujets de grande qualité comme Eleazar, Clissa, Equiléo ou Casdar. Le moment du départ fut presque émouvant car chacun se dit, en voyant le trotteur au bonnet rouge si loin de ses rivaux : il n'y arrivera jamais. Par chance pour lui, en se surveillant de manière exagérée, ses adversaires lui facilitèrent la tâche. Au passage devant les tribunes, le crack était déjà près d'eux et il en profita pour gagner nettement une nouvelle fois. Un mois plus tard à Cagnes-sur-Mer, Bellino II se présenta derrière l'autostart et s'imposa en égalant le record de la piste, détenu par Roquépine. Sur 2.600, 2.275, 3.225 et 1.609 mètres, sous la selle puis à l'attelé, ce monstre de solidité avait réussi ce qu'aucun autre trotteur, peut-être, ne parviendra jamais à faire. Il a disparu à 14 ans, en 1981. Sur sa tombe, on aurait pu simplement écrire : Bellino II, cheval de courses.
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