Accueil Méridien à travers courses

 

 

Il dit n'avoir jamais raté une réunion à Auteuil et on est bien obligé de le croire. Ce drame permanent de la Butte Mortemart, conjugué à l'obligation de réserve qu'un pronostiqueur devrait être capable d'observer, a contraint Patrice Laporte, alias Méridien, à bâtir un rempart qui ressemble à du détachement. il faut travailler un peu pour découvrir l'envers de ce décor. Voici, pour vous être agréable, quelques indices...



Changement de vitesse

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Au mois de septembre 1987, Trempolino, deuxième du Jockey-Club et troisième du Grand Prix de Paris, renoue avec la victoire dans un Prix Niel qui se court au ralenti : 2'38''40 sur un terrain presque léger et six poulains qui finissent en trois longueurs. Le public fait la moue. Un escargot peut-il gagner le prochain Prix de l'Arc de Triomphe. Eh bien oui ! Trois semaines plus tard, le gastéropode sort des ailes qu'on ne lui soupçonnait pas, place une formidable accélération au pavillon et enlève la plus grande épreuve européenne en laissant son plus proche rival, Tony Bin - qui allait s'adjuger l'édition suivante - à deux longueurs, tout cela en améliorant le record de la course en 2'26''30...
Il faut croire que le champion est celui qui, non content de suivre tous les trains, arrive le premier à la gare.

 

 

Le rescapé

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Dans le Grand National d'Aintree 1967, on assista à un événement extraordinaire : au vingt-troisième obstacle, à environ quinze cents mètres de l'arrivée, tous les chevaux tombèrent, éjectèrent leur cavalier ou furent arrêtés, le tout dans une invraisemblable panique. Tous ? Non, car un concurrent qui musardait modestement à l'arrière-garde, et semblait battu depuis longtemps, parvint à se faufiler dans toute cette agitation pour franchir l'obstacle correctement. En une quinzaine de secondes, le temps qu'il fallut à un certain nombre de ses rivaux pour se trouver de nouveau associés à leur jockey et s'élancer à sa poursuite, le dénommé Foinavon accumula une centaine de mètres d'avance. Il parvint à en conserver une partie pour s'imposer à la cote de 100/1...
Et voilà comment on écrit parfois l'histoire hippique.

 

Le néophyte

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À la fin du mois de mars 1940, à une époque troublée où les courses, malgré tout, parvenaient à conserver un semblant de rythme de croisière, le Prix du Président de la République fut remporté par un hongre nommé Klad. Quoi d'étonnant, nous direz-vous... il fallait bien que l'épreuve eût un vainqueur, et que ce vainqueur portât un nom. L'originalité a tenu dans le fait que Noël Pelat, qui devait monter le cheval, se blessa en tombant dans la course précédente et fut remplacé par un apprenti d'à peine dix-neuf ans qui, certes, comptait quelques succès en haies, mais n'avait jamais monté sur le steeple ! Ce jeune homme donna une course parfaite à sa monture et fit preuve d'une belle énergie dans la phase finale pour vaincre d'une tête. Il s'appelait Roger Poincelet, acquit plus tard le surnom du "professeur" et gagna à peu près tout ce qui se fait de mieux en plat.
Les grands jockeys, paraît-il, ne meurent jamais. Quant à la naissance, elle se produisit ce jour-là pour Poincelet.

 

 

Un cœur noble

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Le 25 juin 1989, sur l'hippodrome de La Teste, un hongre de 2 ans terminait deuxième pour ses débuts. Un destin peu commun l'attendait puisqu'il devait fournir treize campagnes, courir cent trente-six fois et atteindre l'extraordinaire total, pour un pur-sang, de trente-six victoires...
Dès le mois de juillet suivant ce pensionnaire de Jean-Claude Rouget ouvrait son palmarès, à Mont-de-Marsan. Il allait s'imposer, entre 1.400 et 2.000 mètres, sur vingt et un champ de courses, être placé sous la férule successive de six entraîneurs et rallier le poteau en tête sous la selle de treize jockeys différents, son dernier succès étant acquis à Carpentras, le 8 avril 2001, à l'âge de treize ans, onze mois et deux jours...
Bien sûr, ce n'était pas Sea Bird, ce n'était pas Peintre Célèbre, mais ce fils de Noble Quest était tout de même, dans son genre, un vrai bon cheval qui portait bien son nom : il s'appelait Heart Noble.

 

 

Sur la route

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Au printemps de l'année 1948, sur une voie campagnarde, un van amenant une poulinière à la saillie eut la mauvaise idée de tomber en panne alors qu'il était encore assez loin de sa destination. Que faire ? La jument hennissait. Un autre hennissement arriva en écho. Renseignement pris, il s'agissait d'un étalon, stationné tout près, répondant au nom de Loudéac. Après tout, le temps de la réparation, on pouvait bien se tourner vers un autre prince charmant...
Ainsi naquit, de l'union inopinée de Loudéac et de Tombelaine, un poulain qui fut inscrit au stud-book des trotteurs sous le vocable entraînant de Fandango. Il fut un vrai crack, surtout sous la selle, une spécialité dans laquelle il enleva la bagatelle de trente-huit succès consécutifs.
Plus tard, bien sûr, cette union fut reconduite, avec, hélas, beaucoup moins de succès. En amour, ne dit-on pas que ce qui compte, c'est la première rencontre...

 


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