Il dit n'avoir jamais raté une réunion à Auteuil et on est bien obligé de le croire. Ce drame permanent de la Butte Mortemart, conjugué à l'obligation de réserve qu'un pronostiqueur devrait être capable d'observer, a contraint Patrice Laporte, alias Méridien, à bâtir un rempart qui ressemble à du détachement. il faut travailler un peu pour découvrir l'envers de ce décor. Voici, pour vous être agréable, quelques indices...
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Pour les yeux de Rita
Jeudi, 02 Septembre 2010 10:15
Dans les années cinquante, les hommes nés coiffés n'hésitaient pas à lier leur destin à de grandes actrices américaines. Le prince Rainier conquit ainsi Grace Kelly, et Ali Khan, père de Karim, grand propriétaire mais aussi grand séducteur, épousa Rita Hayworth, héroïne entre autres de Gilda, où elle enlevait si bien ses gants, et qui n'était assurément pas la plus laide parmi les vedettes de Hollywood. À la fin du mois d'août 1955, Ali, qui savait aussi regarder les chevaux, offrit à sa femme, la veille de la course, une jument dont l'origine lui plaisait et qui devait s'aligner dans le Grand Prix de Deauville. Elle s'appelait Rosa Bonheur. Confiée à celui qu'on appelait "le Crocodile", W. R. Johnstone, la jument, dont la chance ne semblait pas s'imposer, fut finement montée. Le prince Ali Khan avait recommandé à son jockey d'être patient. Il le fut et Rosa Bonheur, lancée seulement à deux cents mètres de la ligne d'arrivée, vint s'imposer à la fin, à la cote de 28/1. L'histoire ne dit pas si la princesse avait mis son petit billet de mille pour appuyer la chance de sa jument. En avait-elle besoin ? Elle était jeune, elle était belle, elle était riche. Il faut savoir se limiter...
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L'entame enchantée
Mercredi, 01 Septembre 2010 12:05
De grands champions n'ont pas hésité à commencer leur carrière par une victoire dans une épreuve dite "de groupe" (en réalité, le terme n'existe que depuis le début des années soixante-dix) : ce fut le cas, avant la guerre, de Pharis, crack qui allait demeurer invaincu ; pendant la guerre de Le Pacha et d'Ardan ; et, après les hostilités, de sujets comme Cousu d'Or, Fast Topaze et Nureyev, la réussite de ce dernier dans le Prix Thomas Bryon 1979 ayant d'autant plus marqué les esprits que la carrière de ce protégé de François Boutin fut très courte et trouva un terme malheureux avec un distancement très sévère de la première place dans les Deux Mille Guinées... Nureyev, avec élégance, se vengea au haras. Plus modeste, le succès initial de la pouliche Fairy Path mérite cependant d'être rappelé. Le 30 août 1994, la fille d'Irish River enleva le Prix du Calvados (Gr. III) pour son coup d'essai, par cinq longueurs ! Hélas, on ne revit cette alezane qu'au printemps suivant, où elle ne brilla pas particulièrement ; lors de sa seconde campagne, elle dut se contenter de s'imposer dans une course principale, le Prix Amandine. Chez elle, comme pour les fusées supersoniques, toute la lumière avait été dans le départ !... Il est vrai que beaucoup d'autres, effacés à toutes les phases de leur carrière, s'en contenteraient.
Premiers pas
Mardi, 31 Août 2010 11:17
Les écuries classiques hésitent un peu, en fin de meeting aoûtien et sur un terrain fatigué, à présenter leurs meilleurs espoirs. C'est pourtant le 29 août 2002, dans une épreuve réservée aux inédits, le Prix du Pré d'Auge, sur quatorze cents mètres, qu'Alain de Royer Dupré fit débuter celui qu'il allait, comme un diamant, tailler au fil des courses : Dalakhani. Comme il était par Darshaan et la mère de l'excellent Daylami, le poulain partit grand favori, à égalité. Il gagna nettement, sans produire une impression extraordinaire. Mais déjà on savait, par les petits bruits qui courent si vite sur les champs de courses, qu'un destin peu ordinaire l'attendait... Plus jamais Dalakhani ne revit la piste de Deauville, sinon à l'été 2003 où il vint passer quelques semaines de relaxation avant les derniers grands combats qui l'attendaient. Après son coup d'essai normand, il se produisit à Saint-Cloud, à Longchamp, à Chantilly, au Curragh - lieu de son unique défaite, tout près de l'"Aga Khan" irlandais Alamshar - et à Longchamp encore où il termina son chemin en apothéose en s'adjugeant le Prix de l'Arc de Triomphe. Surveillez bien, en ces derniers jours de meeting, les petits nouveaux des grandes maisons...
Les trois glorieuses de "Fantastic"
Lundi, 30 Août 2010 10:57
Gagner deux handicaps de suite n'est pas chose courante, mais en enlever trois dans la foulée relève de la rareté. En 1990, la pouliche Fantastic Bid prit ainsi de vitesse le handicapeur, et son petit bijou d'exploit, elle le façonna, du 4 au 28 août dans l'écrin de l'hippodrome de Deauville, ce qui ajoute à son originalité. Entraînée par David Smaga, cette pouliche baie commença sa carrière en figurant honorablement dans des maidens ou des courses à conditions. Au début du meeting normand, montée par un jeune apprenti, elle se révéla en venant ajuster tout le monde aux abords du poteau dans un petit handicap pour pouliches, le Prix Dauger. La machine était lancée. Onze jours plus tard, en affrontant pourtant cette fois des mâles et des aînés, elle fit sien le handicap de Normandie, sur la ligne droite. Enfin le 28 août, toujours sur un tracé rectiligne, elle enleva, en dépit d'une pénalisation de sept livres, le quinté Prix de Beaumont-en-Auge. Du beau travail, qui nécessite une parfaite estimation de la valeur de l'animal qu'on entraîne... Désormais condamnée à participer à autre chose que des handicaps, Fantastic Bid parvint même à remporter une course principale avant les frimas de l'hiver. Elle put ainsi entrer au haras avec la satisfaction du devoir accompli.
Le dernier "Arc"
Dimanche, 29 Août 2010 11:51
Le Grand Prix de Deauville n'est pas une épreuve phare du programme français. Il n'a d'ailleurs, depuis que le système a été mis en place, au début des années soixante-dix, jamais bénéficié du label groupe I. Il faut remonter à 1961 pour trouver à son palmarès le nom d'un sujet qui allait, par la suite, remporter le Prix de l'Arc de Triomphe. C'était un italien, il s'appelait Molvedo... Excellent à 2 ans, ce fils de l'invaincu et double lauréat de l'"Arc" Ribot avait fort peu couru la saison suivante et ce Grand Prix de Deauville se présentait pour lui comme un véritable test. Il le passa avec une facilité dérisoire, partant tôt dans la ligne droite et surclassant ses aînés Misti et Taine. Après cette démonstration sur l'hippodrome de la Touques, Molvedo confirma à Longchamp qu'il était un crack, un vrai, puisqu'il démarra, là aussi, d'assez loin et résista sans véritable problème à Right Royal, qui était lui-même un animal de grande classe. Digne de son père, Molvedo est pourtant un peu oublié aujourd'hui car il n'est pas parvenu à laisser, au haras, la même trace que son géniteur. Que voulez-vous, on ne saurait tout réussir.
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