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En exclusivité sur le blog de Paris-Turf, quelques morceaux choisis de la rubrique de Guillaume Macaire dans les colonnes du journal, à paraître le lendemain jeudi...



Compteurs à zéro, c'est reparti pour un tour !

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2011 fut un bon millésime. Le bonheur d'entraîner des bons chevaux reste ce qui nous anime. Gagner des courses, même modestes, demeure un plaisir à part, plaisir que j'ai eu l'occasion de savourer plus de 250 fois l'année passée. Pas le temps de s'endormir sur ses lauriers, il faut repartir en campagne et tout recommencer depuis le chiffre zéro. À tous ceux qui pensent que c'est “facile pour lui” (si je l'écris, c'est parce que cela m'est revenu aux oreilles) et je le fais en appuyant sur ma plume (une sorte de black type) : détrompez-vous ! C'est un véritable engagement pour tous ceux qui œuvrent avec moi à cette tâche, du début à la fin de la chaîne. Il faut du professionnalisme, de l'opiniâtreté, du talent et, si possible, une pointe de génie à l'occasion. Tous ceux qui sont animés de la passion qui les guide au quotidien le comprendront facilement. Certains autres peut-être un peu moins.
De quelle couleur est notre avenir ?
Les médias en tout genre, se délectant et nous abreuvant des batailles verbales entre les principaux candidats à la prochaine Présidence de la République, ne peuvent que davantage me faire apprécier de servir l'institution des courses, qui est exactement le contraire de ce que voudraient faire de la France les élus en tout genre, presque toujours adeptes de l'économie dirigée...
En échange d'un bulletin de vote, ils sont prêts à “perfuser” même les plus malades, très souvent déjà à l'agonie et dont les chances réelles de salut sont infinitésimales, personnes physiques comme personnes morales. Les courses pourtant sont nées à peu près en même temps que l’industrie moderne, et ceux qui briguent la plus haute place décisionnaire de la République, si prompts à prôner toutes sortes de mesures salvatrices pour sauver les grands malades de notre industrie d'une mort annoncée, n'ont finalement jamais eu à le faire pour notre beau sport. Les courses, elles, ont jusqu'alors toujours été autonomes et sont issues d'idées libérales et individualistes, tout le contraire de l'économie dirigée, car elles sont basées sur la sélection, je dirais même sur la sélection absolue. Quelque part un peu celle du “marche ou crève” qui, finalement, a emmené notre monde depuis la nuit des temps jusqu'à ce siècle.
Ne vous formalisez pas sur la forme rugueuse de cette formule. Voyez plutôt le fond qu'elle renferme, la vérité, en réalité, celle qu'aujourd’hui on veut édulcorer à toute force.
Élever, posséder, entraîner des chevaux de courses oblige, peu ou prou, à suivre un mode de sélection qui seul permettra de perdurer. Une entreprise (du verbe entreprendre) doit être autonome et viable ou disparaître.
L’institution des courses en est depuis sa génèse un bon exemple. Certes, le concours de l'État, via le PMU, lui a permis de s'affirmer financièrement, voire même d'être encore plus puissante et autonome, et de garantir son intégrité. L'État, qui fait rarement de cadeaux, y trouve largement son compte aussi. Il est vrai que c'est le principe de “la bonne affaire”, où les deux parties sont satisfaites...
Dommage que la recette ne puisse fonctionner pour d'autres pans de notre économie effritée. C'est le propriétaire qui, d'abord, investit dans un jeune cheval - il peut l'avoir fait naître -, puis alimente, avec les factures de pensions qu'il règlera, l’entraîneur et son personnel, contribution volontaire donc. Contribution volontaire aussi pour le parieur, qui va “à la baraque”, s'associant momentanément, d'une certaine manière, à l'investissement du propriétaire. Contribution taxée par l'État français à des fins diverses et variées, notamment le financement des prix de courses et plus largement des sociétés mères.
Il reste que personne dans les acteurs “précités“ n'agit contraint et forcé. Selon la formule, le propriétaire c'est la voiture, le parieur c'est l'essence, et l'État ne fournit même pas les routes. Nous les avons construites nous-mêmes, parfois sur des terrains qui n'étaient pas à nous et dont la ville de Paris fait ses choux gras aujourd'hui en nous tenant par..... la barbichette.
Si les handicaps sont le volet du social équin, mal nécessaire pour assurer la recette, la sélection s'opère, elle, sans intervention ou presque. Depuis la dernière guerre, il a bien fallu que l'État fourre son nez dans nos affaires, et il faut bien reconnaître que l'évolution de notre sport depuis cette date ne va pas toujours dans le sens de l'élévation. Les courses sont nées de paris entre aristocrates. L'argent leur a permis de confirmer leur route, mais il ne faut pas pour autant que l'argent “démentise” toutes leurs origines. Il faut que les courses vivent pour l'élève du cheval et pour sa sélection et d'abord pour cela, car faire des courses pour produire du cash flow nous mènerait à terme au reniement du principe de base du sport des rois, le sport illégitime étant dans le même panier d'ailleurs.
J'ai entendu notre nouveau président, sur lequel nous comptons beaucoup au demeurant, lors de la réunion du Grand Steeple de Cagnes, déclarer que la stabilité de beaucoup d'entraîneurs était précaire, voire calamiteuse pour certains, et qu'il fallait leur venir en aide. Si la première partie de la phrase énonce une vérité, la seconde, si elle devait verser dans ce social artificiel (une des créations de l'économie savamment dirigée par nos énarques) et qui a trop souvent montré ses limites, ne fournirait pas de solution pérenne. La PAC (Politique Agricole Commune) en est un bon exemple. “L’aide” ne peut servir à terme que si elle s'attaque aux causes et pas seulement aux conséquences. Le métier d'entraîneur n'est plus la sinécure dont parlait Saint-Albin voici un bon siècle : “Les entraîneurs gagnent beaucoup d'argent, souvent beaucoup plus que ceux qui les emploient ; ils mènent une existence de cocagne, très peu sont pauvres. Ils entrent dans les bénéfices (10 % sur les prix gagnés) sans participer aux pertes. Ils sont dans une situation exceptionnelle pour supporter la mauvaise fortune et voir passer les années stériles. Le plus grand souci de l'entraîneur est de se lever de grand matin, de gouverner et de nourrir un bataillon d'une vingtaine de gamins, souvent indisciplinés, de leur tuer un petit cochon pour Noël et de leur distribuer des coups de fouet quand ils font l'école buissonnière. À part cela, la vie de l'entraîneur est très enviable…”
L'entraîneur d'aujourd’hui, s'il n’était animé par cette passion dévorante qui heureusement le nourrit aussi en le faisant vivre d'espoirs, n'endurerait pas ce que sa vocation lui impose pour des émoluments aussi dérisoires. Alors certains dans leur candeur ont dû confondre chiffre d'affaires et bénéfices. Certains, et non des moindres (paix à leurs cendres) ont “oublié” de payer leur MSA (c'est d'ailleurs la première chose à commencer à ne pas payer quand ça va mal !) et d'autres ont continué à payer rubis sur ongle leurs cotisations... Donc, le “social“ ne serait pas le même pour tout le monde. Même si cela n'a rien à voir avec ma profession, je connais dans ma région une usine qui, pendant des mois et des mois, n'a plus cotisé à l’Urssaf... La situation se dégradait, les licenciements pointaient à l’horizon... Les syndicats ont fait pression, et “ils” n'ont jamais payé... pour préserver l’emploi. Donc, celui qui affiche une gestion sans faille est totalement désavantagé, puisque, lui, il peut payer ! Je suis désolé de le dire mais, pression des syndicats excepté, ce genre de situation a existé et existe aussi chez nous. En clair, celui qui paye ce qu'il doit a tort, puisque l'on donne raison et quitus à celui qui ne paye pas... Je connais des centres d'entraînement en province qui ont des “vraies ardoises”, que certains entraîneurs ont constitué au fil des années et qu'ils ne seront plus jamais en mesure d'acquitter. Certes, ces confrères-là sont plus à plaindre qu'à blâmer, j'en conviens, mais tout de même. Car cela serait facilement reconnaître que, si on gagne des courses, on doit payer, et, si on n'en gagne pas, c'est gratuit. L'association des entraîneurs a déjà travaillé efficacement pour nous aider, en faisant valoir par exemple notre appartenance à “l'agricole” et nous éviter ainsi la taxe professionnelle. S'attaquer aux courses de notre inconfort financier me semble plus efficace et plus durable.
Je me doute bien ce que vont penser en maugréant nombre de mes confrères au palmarès annuel moins étoffé que le mien : “C'est facile pour toi avec toutes les courses que tu gagnes”, et bien détrompez-vous, ce n’est pas facile du tout ! Les comptes sont là pour le prouver, et sans dépenses dispendieuses je vous l'assure. La rigueur est de mise pour la trésorerie aussi. Le système D est notre leitmotiv bien souvent, car l'équilibre de la balance financière est fragile. Je ne vais pas pleurer, bien sûr, mais il n'y a pas de marge de manœuvre. Quelques mois “sans” et la spirale de l'insuccès aurait vite raison de nous.
Le fond du problème réside pour l'entraîneur dans l'évolution d'un métier qu'il n’a pas pu maîtriser ; personne n'aurait pu le faire d'ailleurs. De l'homme de cheval, d'un homme d'affaire, il a dû devenir un chef d'entreprise à part entière. Était-ce vraiment sa vocation ?
 

Suite et fin

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Ces lignes seront sans doute les dernières que j'écrirai dans ces colonnes cette année, puisque les courses à obstacles touchent à leur fin, exception faite des meetings palois et azuréens. Pour commencer, je voudrais remercier les lecteurs de Paris-Turf qui m'ont tout au long de l'année témoigné leur gratitude à travers les remerciements ou les compliments qu'ils ont pu me faire. Il faut bien reconnaître que, même, si on peut dans son fort intérieur avoir le sentiment d'avoir été de circonstance, de motiver des réactions créatives et utiles, quand cela est confirmé par le lecteur, c'est d'une toute autre saveur ! Au fil des années, j'ai pris goût à faire cette rubrique tout en essayant de rester naturel et spontané comme dans une conversation. La fonction a créé le besoin, à telle enseigne que cela m'a donné l'envie d'écrire un livre. Ce roman est plus qu'ébauché et j'escompte bien le terminer cet hiver quand j'aurai un peu plus de temps. Mais écrire est une chose, il faut encore que cela soit agréable pour le lecteur et se faire publier. Comme on peut l'imaginer, je ne suis pas encore au bout de mes peines... mais c'est une autre histoire. Pour l'heure, il y a encore du grain à moudre, et j'ai encore des choses à évoquer le tout sans détours comme c'est précisé plus haut !

Sourire ou s'apitoyer ? Regretter ou espérer ?
Alors que Michto, fils de Balko, a été battu deux fois par des fils de Martaline (du minimum il est vrai) dans le Congress, que son père avait gagné, par Roi de Trève, et dans le Roger de Minvielle par Ucello Conti, quelle n'a pas été ma surprise en découvrant sur le “JDG” une “success box” pour Balko “sponsorisée” par les Haras Nationaux ! Je dois que cela me fait sourire. En effet, alors qu'il avait 5 ans et faisait encore carrière comme cheval de courses à obstacles sous mon autorité, je l'avais présenté à ces messieurs des Haras Nationaux qui m'avaient gentiment éconduit. Les raisons invoquées étaient son manque de taille - il toisait 1 m 68 ! - et de locomotion - il avait gagné en haies et en steeple ! Bref, les Haras Nationaux n'étaient pas intéressé par un tel cheval... J'appris plus tard, par un représentant de la vieille institution (de plus en plus ridée), que c'était surtout parce que la sollicitation venait de ma personne et que je n'étais pas hippico-politico correct... Après une ou deux saisons de monte dans le privé, la vieille dame pouvait se commettre “à rentrer dans son piquet” un tel géniteur, puisque je n'étais plus dans le circuit. Ce genre de raisonnement et beaucoup d'autres aussi ont conduit les H. N. à entamer leur agonie. Quand on voit ce qui se passe dans certains dépôts, c'est peut-être aussi bien. Vingt ans à raisonner en techniciens en s'appuyant sur des tableaux Excel ont eu raison des étalons chevaux de courses et même de carriole que les deniers publics finançaient pour offrir un service public apprécié par tous ceux qui l'utilisaient.
Il y avait à cette époque des directeurs de dépôts qui étaient des hommes de chevaux, montaient en courses à obstacles, en C.C.E. voire en C.S.O. et entretenaient à dessein quelques chevaux, certes aux frais de la princesse, et alors ? Dans le joyeux gâchis étatique, c'était une goutte d'eau dans l'océan. Goutte d'eau qui permettait ainsi aux dits directeurs d'être plongés dans une partie de la réalité du quotidien ou de l'exceptionnel de leurs administrés. Donc de toucher du doigt, et parfois plus, le besoin des éleveurs dans les régions et de comprendre ce qui se passait en utilisant le bon sens paysan dont les tableaux Excel sont singulièrement dépourvus. Le véritable service des haras, c'était de vendre, à un prix accessible, du sperme pour tous les éleveurs. Car il n'y avait pas de spéculation possible sur les étalons de l'État. On les utilisait pour ce qu'il pouvait rendre comme service pour faire des chevaux de course uniquement (des chevaux à faire courir et à exploiter) car un produit d'un étalon national sur un marché de ventes publiques, c'était la décote assurée pour le vendeur (dans ce mot-là, j'englobe l'éleveur et la société de vente), et pourtant ! Les AQPS dont on nous dit à chaque instant qu'ils sont aujourd'hui les sauveurs de la race des chevaux d'obstacles (et il y a du vrai là-dedans !) auraient-ils existé structurés comme ils le sont au jour d'aujourd'hui sans l'entremise des H. N. ?
Il est quand même pitoyable aujourd'hui de voir un directeur de dépôt d'étalons se désintéresser complètement de cette mission qui était la sienne et celle de ses pairs pour transformer “son” établissement en une sorte de centre de loisirs équestres où on donne des cours pour apprendre comment embarquer ou débarquer son cheval ! Les Haras Nationaux vont inéluctablement disparaître, et je ne suis sans doute pas le seul à considérer cela avec une infinie tristesse. Alfred Lefèvre risque de se retourner dans sa tombe !
Hubert Tassin dans sa profession de foi que vous avez eu, lecteurs de Paris-Turf, l'occasion de lire, dans ce titre, il n'y a pas si longtemps, n'a pas hésité à dire que, si ce service disparaissait, ce serait un véritable retour en arrière, absolument à l'opposé du progrès dans lequel tout le monde cherche à se draper. Il proposait une sorte d'institution afin de continuer la mission des H.N. concernant l'achat d'étalons capables d'être les continuateurs de la race que nous défendons. D'autant qu'avec l'insémination artificielle, toutes les autres races de chevaux de sang ou d'autres choses n'ont plus besoin de ce service public. Mais les galopeurs eux doivent être conçus en monte naturelle s'ils ne veulent pas se voir fermer les portes des hippodromes. Cette institution cependant - l'exemple en est fait - ne peut plus exister dans le concept suranné qui meure à petit feu. Si les fonds publics sont nécessaires à la base de la création d'un GIE, un investissement privé de la part des éleveurs à hauteur de 50 % par exemple (ce genre de partenariat a déjà existé avec les H. N.) garantirait la pérennité du système. Des assemblées générales régulières permettraient de mettre les choses à plat et de trouver des solutions aux problèmes vite et bien, tout le contraire de ce qui se passait dans les bureaux des directeurs où la célérité à prendre des décisions utiles n'était pas le fait le plus marquant comme dans toute démarche du secteur public.
À l'heure, où dans notre institution, quelques évolutions pourraient (et devraient c'est à souhaiter je crois) voir le jour, il me semblerait normal de mettre en place un système dans le seul but d'aider les éleveurs ; pas les aider en les assistant à grand coup de subventions mais les aider en recréant un service semi-public de qualité qu'ils pourront s'offrir en le finançant en partie, en l'animant et en le faisant vivre avec toutes les décisions à prendre que cela induirait. D'autant que c'est l'institution des courses qui, quelque part historiquement, a financé les H.N. via le prélèvement d'état via le PMU. Mais la plus mauvaise chose serait de refaire les mêmes erreurs en laissant s'installer à la tête d'une telle institution un personnage genre grands commis de l'État dont la façon d'agir ne pourrait que mettre en exergue un fonctionnarisme sans tradition, ni compétence qui nous mènerait à nouveau à la situation calamiteuse que les H. N. ont atteint aujourd'hui... Si nous ne nous préoccupons de monter vite et bien un tel chantier, il est à craindre qu'une fois les fonds, jusqu'alors affectés par le ministère de tutelle aux achats d'étalons, soient imputés à d'autres postes où il faudrait boucher des trous (et ce n'est pas cela qui manque), il sera trop tard. Il y a déjà quelques mystères sur les dernières “enveloppes” que les H. N. auraient dû ou ont “touché” qui, si j'en crois les représentants du syndicat national, ne vont pas être facile à élucider.
Bien sûr, on pourra toujours me rétorquer que l'élevage français ne va pas péricliter à cause de la disparition des H. N. Il est vrai aussi qu'on peut vivre sans cheveux ou avec un bras en moins... Mais demandez à ceux qui en souffrent et ils vous répondront qu'ils s'en seraient bien passé.
 

Bravo Esmondo !

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Je ne dirais peut-être pas que j'attendais la victoire d'Esmondo comme le messie, mais j'aurais été fort contrarié qu'il fut battu. J'aime bien la statistique, car elle ne ment pas, même si elle s'interprète à l'occasion. Et pour être honnête, je n'ai pas été regarder si par le passé un poulain de 3 ans a réussi à cumuler plus de 400.000 € dans son année de course “over the jump”. Même Long Run, qui m'offrit aussi le Talhouët et le Cambacérès, n'avait cumulé que 313.770 €, pour être précis, à 3 ans. Il est vrai qu'Esmondo a couru 9 fois pour 6 victoires, alors que Long Run ne s'était produit que 6 fois pour 4 victoires, n'allons pas chercher la différence plus loin.
Il reste que je suis fier de toi Esmondo. Tu n'as pas souvent raté ta cible et tu as toujours été présent pour les rendez-vous qu'il ne fallait pas manquer. Autrement dit, grâce à toi, c'est le plaisir du devoir accompli que l'on peut savourer à présent. Il a bien fallu pour entacher ce plaisir que quelques “pisses froid” aient à redire en critiquant l'usage outrancier, selon ces censeurs, que nous fîmes du programme réservé à cette génération, hypothéquant, selon leurs dogmes, à tout jamais l'avenir du fils de Sholokhov.
Celui de Long Run ne s'en est pas trouvé gâché me semble-t-il, et quand bien même on aurait mangé notre pain blanc, on s'est déjà bien goinfré et la digestion se passe à merveille…

Sommes-nous des gens comme “les autres” ?
Quand je dis “nous”, je parle des “gens du métier” bien sûr. Ceux qui vivent de, mais surtout, pour les courses. Pour tout ce qu'elles représentent de beau sport, avec le concours de la plus noble conquête de l'homme.
Comment voulez-vous que nous soyons compris par le commun des mortels ? Comment voulez-vous ne pas indigner le défenseur des animaux, choqué par une arrivée où trois jockeys au coude à coude usent et abusent de la cravache, alors qu'un public tout acquis à leur cause semble les encourager davantage à taper sur leurs montures époumonées ?
Croyez-vous que tout un chacun est en mesure de comprendre un jockey d'obstacle - dont le cheval vient de piétiner, au besoin d'estropier, avec les conséquences que cela engendre, un confrère tombé devant lui - ne va pas arrêter sa monture et faire demi-tour pour aller voir ce qu'il a ? L'infortuné cavalier fut-il son meilleur ami, voire son fils ? Assurément non ! Il continuera sa course, défendant avec toute l'énergie physique et mentale possible, les intérêts de la casaque qu'il a endossée, tel un soldat valeureux défendant les couleurs de son pays. Abstraction de sentiments, de sensibilité, pourront penser alors les gens bien intentionnés.
Oh que non pourtant ! La sensibilité est néanmoins là, bien présente au fil des jours pour nous garder intacte cette foi en notre “aficion”. Alors comment comprendre, même s'il est facile de se dédouaner en déclarant que “le cœur a ses raisons que la raison ignore”, que l'homme de cheval fera “envoyer chez Neness” ce compagnon pour qui il a fait efforts et sacrifices pendant de long mois !
Alors vous comprendrez peut-être que je sois un peu dubitatif quand je vois que les médias en tous genres, à tout bout de champ, interrogent les internautes pour savoir s'ils sont pour ou contre tel ou tel fait ! Pour ou contre l'usage de la cravache, pour ou contre la distance du Grand Steeple, pourquoi pas pour ou contre les fondements de notre institution ? Cette mode était encore confidentielle quand Al Capone II enquillait les Prix La Haye Jousselin, et c'est heureux, car elle aurait peut-être influencé son entourage au point de priver des derniers exemplaires de la grande épreuve le mythique Pompon pour ne pas subir les affres d'un accident éventuel, que Monsieur Toulemonde aurait pu fustiger à satiété à travers des questions tendancieuses mais interactives !

Mon cher Éric
Je n'ai pas voulu faire de bataille verbale la dernière fois. Cela aurait fait mesquin, voire puéril. Mais le sujet revient sur la sellette puisque demain et après-demain les découvreurs de talent reprennent leur bâton de pèlerin jusqu'à Deauville. Que tu défendes ta position, c'est normal et professionnel. Néanmoins, j'ai le droit, et même l'obligation, de défendre la mienne, pour sa pérennité d'abord.
Certes chacun défend ses intérêts et il va de soi que ceux du vendeur, via l'organisme mandaté à cet effet, et de l'acheteur, sont diamétralement opposés. Celui du vendeur étant de faire un top-price et l'acheteur d'essayer de payer le moins cher possible. Ça c'est dans le meilleur des cas pour chaque partie, c'est même carrément idéaliste. Car parfois, le vendeur préfère encore se faire “voler “son yearling que de l'avoir “autour du cou” ! Tout dépend quand même s'il s'agit d'un cheval de vente ou d'un cheval de course. L'éleveur pourra plus facilement laisser partir un poulain bradé si l'espérance de prime à l'éleveur peut compenser le manque à gagner à cause d'un marteau tombé sur un chiffre désolant… Encore faut-il qu'il atterrisse dans une maison qui lui fera gagner des courses et se constituer un compte en banque respectable, et pour cela, il ne faut pas qu'il ne soit qu'un cheval de vente ou qu'il soit exporté en Slovaquie...
Ce que j'avais voulu dire dans ce qui a été pris pour une attaque en règle, était en fait une constatation teintée de nostalgie. J'ai par le passé, je le répète, toujours trouvé sur le ring de l'agence française un vaste choix d'animaux propre, à l'utilisation que je voulais en faire. Ce n'est pas parce que le nom de la raison sociale a changé (en tout cas il faut l'espérer) que le choix est devenu restreint pour moi. C'est surtout parce que je ne suis pas la mode. Je n'ai jamais suivi la mode en matière d'achat de poulains. Pour de multiples raisons que j'ai déjà développées dans ces colonnes. Les temps ont changé et c'est devenu très difficile de faire mon marché au même rapport qualité-prix qu'il y a 10 ou 20 ans sur la même place.
Je dois néanmoins faire mon "mea culpa" mon cher Éric, mais pas mon "mea maxima culpa".
Si j'ignorais que novembre avait repris ses droits Avenue Hocquart de Turtot, et je m'en réjouis à présent, c'est que l'information m'avait échappée ou qu'elle était trop confidentielle...
J'ai donc, alléché par l'info publi-rédactionnelle dont tu m'as gratifié sous le titre de "Mon cher Guillaume", été feuilleter avec acuité le catalogue en souhaitant corner un maximum de pages. Je ne me suis pas fatigué la main quand même... Même si je me suis attardé sur une vingtaine de numéros, ce qui fait un faible ratio pour 277 yearlings. Et comme mes goûts risquent d'être partagés par d'autres, la pêche ne va pas être miraculeuse j'en ai peur.
Plusieurs personnes m'ont demandé toutefois si j'allais à Deauville ou non… J'aurais pu faire une réponse de Normand pour être couleur locale, un peu à l'instar de celle que fit Charles de Gaulle à la Générale alors qu'elle le pressait pour qu'il accompagne sa famille en pèlerinage à Lourdes : “Si vous y tenez Yvonne, j'y ferai peut-être une apparition…”

 

Auteuil d'hier et d'aujourd'hui

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En admirant les chrysanthèmes aux couleurs variées que la municipalité de La Palmyre a mis en place dans l'avenue qui mène à mes quartiers, j'ai nostalgiquement pensé à ces automnes habillés en jaune sur la butte Mortemart.Il n'y a pas si longtemps, les chrysanthèmes jaunes fleurissaient à foison dans les jardinières des tribunes d'Auteuil, faisant flamboyer dans une harmonie circonstancielle les dimanches après-midi, sublimant les victoires des grand chevaux d'obstacle... J'ai le plaisir de voir tous les jours  un “Pechaubes” qui immortalise tout à fait une Toussaint ensolleillée, de jaune habillée, pour faire escorte au gagnant couché sur la toile... Les peintres de l'époque n'avaient que l'embarras du choix pour donner à leur création un arrière-plan bucolique et de circonstance. Cela va être plus compliqué cet automne, une année de plus. Les tas de terre sont toujours là ! Si les mauvaises et folles herbes les ont vaguement colonisés, et que j'ai bien remarqué hier dans le chantier quelques rouleaux de drains en plastique jaune, et côté Roland Garros, un assortiment de grues monochrome, mais tout de même cela n'a pas le même charme.
Il faut vraiment que le sportman ait sa passion chevillée au corps pour venir sur l'hippodrome d'Auteuil... À une semaine du WE événementiel, cela a déjà éliminé tout ceux qui, sans être des turfistes enragés, aimaient bien venir à Auteuil lors des beaux dimanches d'arrière-saison, pour la qualité du spectacle esthétique, mais aussi pour cette subtile harmonie entre l'art et le sport, qui ne pouvait qu'inspirer les peintres...
Comme me l'a confié, non sans dépit, Hubert de Watrigant en devisant dans la salle des balances de notre cher hippodrome voici une quinzaine, l'harmonie aujourd'hui dans la peinture, et dans l'art en général, est une notion totalement surranée, voire réservée aux “has been”(et je suis finalement heureux d'en faire partie dans de multiples domaines et Éric Hoyeau et ses émules ont encore beaucoup de travail pour “m'updater” en penseur créatif du troisième millénaire). Si j'ai bien compris ce qu'il m'a expliqué, dans l'art aujourd'hui seul le “concept” est admirable, et plus il est incongru et plus il faut s'esbaudir devant si l'on veut être “in”.
Demandez aux photographes de presse s'ils ne font pas attention à avoir en arrière-plans quelque chose qui fasse “hippodrome” ? Parce que s'ils présentent une photo avec pour fond des embuts de football, cela fait vraiment confusion entre le Parc des Princes et la butte Mortemart, qu'il faudrait d'ailleurs repabtiser, si ça continue, butte de la Mairie de Paris...
J'étais voici une quinzaine, aux courses au Pin au Haras. Je dis une quinzaine, mais à peu de choses près, l'ambiance eut été la même il y a un siècle, surtout quand les attelages des haras nationaux ont défilé devant les tribunes. J'étais à cet instant en train de faire le tour des obstacles de l'hippodrome de la Bergerie (félicitations à ceux qui les toilettent) et j'ai même sorti mon portable pour faire une photo à dessein, un jour de l'immortaliser sur la toile, tant l'harmonie, justement, était en tout point parfaite. Je me suis repu de ce spectacle chatoyant et impressionniste, d'autant que c'est sans doute les dernières fois, si ce n'est la dernière, qu'il m'était donné de voir cela, les haras nationaux, en effet, vivant leurs derniers mois d'existence ou d'agonie, c'est selon. Dans un musée, les percherons empaillés et les voitures empousiérées et vidées de leur substances n'auront plus qu'un intérêt restreint. Les reliques n'ont jamais intéressés grand monde. J'ai partagé ce plaisir local avec Guy Henrot, pas insensible à l'art lui non plus, par atavisme logiquement, par culture probablement et par bon goût assurément... Par “has beenisme” allez savoir ? Bienvenue au club...

Le donneur d'ordre est un salaud !
Le métier d'entraîneur, même si c'est le plus souvent une vocation guidée par une passion quasi-inaltérable (je plains ceux qui le font par obligation faute d'avoir le choix), n'est pas une sinécure.
Dans ces colonnes, certains confrères en ont évoqué les vicissitudes. Même s'il faut regretter que les élections proches suscitent des déclarations à connotation politicienne, je ne peux qu'entonner le même refrain. Pour les couplets, je préférerais nuancer, et justement à cause de la proximité des urnes. N'oubliez pas, MM les sociaux professionnels de tout poils, exception faite des propriétaires (vous allez comprendre pourquoi), jockeys, entraîneurs, éleveurs, que vous n'existez que parce qu'il y a des propriétaires pour vous mendater ou vous acheter un poulain si vous êtes éleveur. Certes, il n'est pas rare d'avoir sur la tête, empilées les une sur les autres, les quatre casquettes ! Et la boucle est bouclée !Le propriétaire pouvant difficilement alors se plaindre à l'entraîneur que le jockey lui a “mangé” la course et qu'il attend les remontrances de l'éleveur, qui va “s'asseoir” sur sa prime.
Entraîneur ou homme orchestre ? Dans les professions de foi que j'ai reçues pour m'inciter à voter pour une liste plutôt que pour une autre, on doit bien sûr considérer l'entraîneur comme au service du propriétaire, mais il devient plus compliqué de palier à ses difficultés si l'entraîneur s'est mis en difficulté justement car il est devenu propriétaire par obligation. Ce n'était pas sa vocation à la base. Ce distingo me paraît important. Il reste regrettable qu'il y ait trois listes différentes, à mon sens. Chez les entraîneurs, parce que, encore une fois, sans les propriétaires ils n'existeraient pas, j'ai du mal à comprendre que les intérêts divergent autant. Paris-Province ! Voilà un débat qui devrait avoir vécu dans le système qui se veut national. Aujourd'hui, qu'il entraîne à Chantilly, Maisons-Laffitte ou ailleurs dans l'Hexagone, l'homme de l'art est confronté aux mêmes problèmes et, pour peu qu'il ait un effectif d'un certain niveau, aux mêmes récompenses.
Dans les trois listes, j'ai relevé des idées à la fois pleines de bons sens et motivées. Aussi je regrette pourtant que tous les entraîneurs ne soient pas réunis derrière la même et unique bannière. Même si le débat contradictoire est indispensable pour éviter d'instaurer le potentat, la division ne crédibilise pas non plus la profession.
Mais tout cela me paraît bien peu face à la difficulté que l'on rencontre dans l'art de diriger nos hommes (les femmes c'est un peu plus facile). Il est loin le temps où, selon St Albin, “le plus grand souci de l'entraîneur est de se lever de grand matin, de gouverner et de nourrir un bataillon d'une vingtaine de gamins souvent indisciplinés, de leur tuer un petit cochon au moment de Noël et de leur distribuer des coups de fouet quand ils font l'école buissonière”. Aujourd'hui, le donneur d'ordres est un individu méprisable. Et pourtant, si l'ordre est donné, c'est pour s'assurer de la bonne éxécution des choses, pour anticiper l'erreur. Or avec les chevaux, l'erreur se paye cash. Le cheval mal sellé qui va s'extropier parce que la selle a reculé, le coup de pied prévisible, à cause d'insectes par exemple ou en provenance du poulain arrivé la veille et encore très peureux et qui aurait dû se trouver à l'arrière du lot, qui arrive malencontreusement dans le genou du crack qui aurait dû partir favori d'un derby qu'il ne reverra jamais..Mais l'ordre, donné avec force et vigueur pour éviter un accident parfois dramatique, a fortiori s'il est donné par un employeur, provoque aujourd'hui la révolte. Laissez-moi vous l'expliquer autrement : un enfant tout jeune, 4 ou 5 ans, joue au bord d'une rivière où sa mère, absorbée dans la lecture de “coins de rues et images immondes” a relâché sa surveillance.
1er cas : Je vois la situation. L'enfant est descendu le long de la barge et commence à s'immerger et la noyade est quasi-assurée... J'interviens en hurlant et je rattrape le gosse par la peau du cul ! Il est sauvé, malmené mais sauvé ! Hurlements de la mère qui m'insulte en me disant que je n'ai pas à porter la main sur son chérubin (même si en l'espèce les termes utilisés sont beaucoup moins châtiés) et qu'elle ne sait pas ce qui la retient de porter plainte. Le gamin est sain et sauf, pourtant je suis un salaud !
2e cas : Même chose, sauf que je n'interviens pas verbalement et intempestivement. Je descends dans l'eau alors que l'enfant est déjà la proie du courant. Je n'ai aucune chance de le rattraper, encore moins de le sauver. Pourtant, la mère me remerciera pour mon acte, malgré la perte de son fils. Elle aura même respect et déférence pour moi...
Dans le premier cas, j'étais une ordure, et pourtant sa progéniture est bien vivante, dans le deuxième, je forçais son respect, alors que son fils n'était plus...
Vous comprendrez alors pourquoi diriger du “stable-staff” de nos jours est mission impossible. C'est très dur de faire le gendarme sans bâton, sans képi, sans rien du tout d'ailleurs !
 

On adjuge !

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À partir de demain vont se tenir les ventes d'octobre de yearling de Deauville. La première cession réservée au marché haut de gamme a eu lieu en août et a tenu toutes ses promesses, en tout cas pour les vendeurs pour l'instant, car pour les acheteurs, s'ils peuvent encore rêver de voir leurs achats (coûteux ?) s'illustrer en black-type sur le turf européen pour égayer leurs longues soirées d'hiver, il faudra pour beaucoup revenir les pieds sur terre bien assez tôt pour, hélas, accepter la sinistre vérité, parce que chaque année ne produit qu'un gagnant de Grand Critérium à la fois. Encore que ce n'est pas le meilleur exemple si l'on considère le prix d'achat du gagnant de cette année il est vrai. Mais je vais vous en trouver aussi un paquet qui ont coûté un bras et qui, deux ans plus tard, seront toujours à la recherche de leur première victoire, même à la campagne.
Cette deuxième cession, il y a quelques années en arrière, tenait ses assises en novembre, le jour où l'on voyait sur les vitres des bistros deauvillais que le beaujolais nouveau était arrivé, ce qui donnait à cette manifestation un petit côté rustique et franchouillard qui ne lui allait pas si mal. C'était une toute autre époque, où le marché était bien différent de celui d'aujourd'hui, où le choix n'est plus très vaste et où il fallait suivre la mode imposée... Et si vous ne voulez pas être rhabillé ainsi, il faudra aller voir ailleurs... Mais où ? C'est bien le problème. Si l'on ne veut pas suivre la mode Arqana, il faut être son propre créateur, son propre styliste... Il faut avoir ses propres juments et assurer sa production année par année pour l'exploiter plus tard, car si c'est pour vendre, il faudra suivre la mode... avec les étalons à la mode. Les marques références dans votre supermarché à yearling en quelque sorte... Plus possible aujourd'hui en terre normande d'avoir ses propres idées si l'on veut passer sous le feu des enchères. Il faut entrer dans le moule du catalogue : “Quel beau cheval de vente cela va faire !”. Ma question à moi serait plutôt  : “Mais pourra-t-il faire un jour un cheval de course ?”. Pas impossible...
À mes débuts d'entraîneur, on allait à Deauville chercher de la “matière première”. Les “vrais” poulains étaient bourrus et il n'était pas difficile de différencier l'artificiel du consistant. Ceux qui avaient un peu trop beau poil et étaient bien garnis aux entournoures  trop souvent n'étaient plus aussi flatteurs après deux mois d'entraînement. “Je les préfère d'un bon maigre”, disait Jean Dasque. C'est vrai qu'on avait moins de surprises. Ce genre-là, hélas, n'est plus en magasin...
J'aimais bien aller à Deauville à cette époque. Cela faisait trois jours de villégiature. j'y ai trouvé plein de bons chevaux, comme Saint Preuil, Indian River, Robin des Prés, pour ne citer que ceux qui virent un jour leurs rejetons aussi entendre le bruit du marteau de Maître le houelleur...
S'il m'arive encore encore de fourvoyer avenue Hocquart de Turtôt, il est bien improbable que ce soit pour lever la main dans la salle des ventes, car pour les gens comme moi, il n'y a plus rien à acheter... Remarquez, c'est dans tous les magasins pareils. Si la couleur à la mode c'est le mauve... Il faut vous habiller en mauve ou garder vos vieilleries et passer pour un “has been”. Il faut donc reprendre le bâton du pélerin et s'en aller “villager”. L'expression est bucolique mais le travail fastidieux. La blouse noire de maquignon ne fait pas parti du décors. Alors on ira en novembre du côté de Saint-Cloud pour tenter d'acheter des "stores"... Cela sera beaucoup moins amusant, mais on ira quand même...

Nuisible, vraiment ?
Je suis entraîneur de chevaux et de chevaux d'obstacle en particulier. Conséquemment, je tente de trouver à chacun de mes élèves la course qu'il leur convient le mieux, en respectant leurs aptitudes avec des engagements où ils ont “la pointure”, étant bien entendu que je suis, autant que faire se peut, relativement sûr de leur forme du moment. Ce qui amène donc mes coursiers à silloner la France, de Saint Brieuc à Aix-les-Bains, de Strasbourg à Marseille ou de Bordeaux à Paris... Aussi, il est détestable d'entendre que je fais le vide dans les pelotons, que je suis une nuisance pour les sociétés organisant des courses à obstacle, qu'à cause des Macaire de service il n'y aurait pas de partants. Vraiment ? Si je le répète, c'est parce que je l'ai entendu sur Equidia voici deux jours à peine et car même quand hélas rarissimement je me rends sur un des sites précités, les plaintes cessent. Ceux qui trouvent anormal que les chevaux de mon entraînement ai gagné 213 courses (si je m'en tiens au score du jour où j'écris ces lignes) n'ont pas vraiment l'outrecuidance de me le dire de visu. Mais les murs ont aussi des oreilles et pour me rabattre les miennes avec ce genre de raisonnement, raisonnement auquel je réponds : si ces chevaux étaient chez d'autres professionnels, ils courraient bien quelque part, non ? En Alsace, en région Paca, dans la baie d'Yffiniac ou au bord du lac du Bourget, pour peu que leur mentor y trouve quelque intérêt.
Je ne fais que mon travail et je dois le faire à peu près correctement, puisque cela fonctionne bon an mal an. Je donne le ton à une équipe qui se donne du mal pour respecter, au début ou à la fin de la chaîne, les préceptes qui mènent au succès, fut-il très éloigné de nos bases ; c'est l'occasion ici de leur dire merci.
La conscience professionnele conjuguée à l'amour du cheval est le mot maître pour tous, mais en particulier pour ceux qui sont excentrés et sur les routes, mais toujours en alerte au moindre détail qui peut faire la différence... Cette fameuse tête ou courte tête qui fait que la victoire a vite fait de changer de camp ! Le confort et l'attention à chacun des partants, avant et après... encore faut-il pouvoir, excusez-moi du peu, mais si vous ne le saviez-pas, il est encore aujourd'hui (je peux vous les citer) des hippodromes organisant du PHH en  automne, qui n'ont même pas de quoi offrir une douche chaude aux valeureux chevaux qui l'ont pourtant bien mérité. Faudrait-il revenir au calendrier révolutionnaire, beaucoup plus imagé, pour que tout le monde comprenne qu'octobre et novembre étaient alors appelé brumaire et frimaire ?

Merci M. Myard et bon courage
Je ne sais pas si le député Jacques Myard pourra infléchir ses pairs lors du débat public pour “corriger cette ineptie” pour reprendre ses dires, dans l'édition d'hier de Paris-Turf, à propos de l'adoption de l'amendementUMP visant à supprimer l'abbatement applicable aux plus-values lors de ventes de chevaux de course et de sport. Ineptie ? Pas pour tout le monde, car chacun voit midi à sa porte. Si d'aventure d'autres députés, moins au fait de la question que le maire de Maisons-Laffitte, venaient à lire ces lignes, sachez Messieurs que si un propriétaire se résoud à vendre un cheval (un bon cheval, car il n'y a jamais d'offres pour les mauvais), c'est bien parce qu'il faut bien faire bouillir la marmite et équilibrer les comptes si l'on ne veut pas que tout s'arrête faute de “carburant”. Pour le propriétaire qui a enfin “touché”un vrai bon cheval après des années de vache maigre, un poulain exceptionnel, celui qui présente un vrai intérêt sportif, et que s'il s'en défait, et non sans regret, ce n'est pas par cupidité, mais par obligation, pour boucher le trou creusé au fil des mois quand l'espoir faisait vivre, espoir pourtant enfin récompensé et qu'il faut pourtant si vite transformer en espèces sonnantes et trébuchantes, s'il veut continuer de nourrir sa passion, au propre
comme au figuré. Cette réflexion est encore plus vraie, s'il en est aussi l'éleveur. Si l'apport financier qu'offre la vente ne compense plus assez le départ de celui qui était le moteur du rêve et de l'espoir, à quoi bon vendre ? Encore une fois, Messieurs les députés, même s'il vous faut prendre l'argent au soi-disant riches pour redore votre blason avant la grande échéance, n'oubliez pas qu'en affaiblissant encore davantage les ressources de ceux qui par passion chevillée au corps continuent d'entretenir des chevaux de course, vous finirez un jour par les en désintéresser. Même si le cœur a ses raisons que la raison ignore, le raisonnement devient alors irraisonnable... Et de grâce, ne venez pas me dire que quand le système sera en vrai péril, vous pourrez l'aider à coup de subventions issues de taxes infligées à d'autres confréries encore ponctionnables.
 


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