Le départ à la retraite de Jean-Louis de Watrigant, dont la silhouette picturale pourrait trouver facilement place dans les œuvres de son cousin, Hubert, peut inquiéter quand on voit la médiocrité des départs donnés pas plus tard que mercredi dernier, à Compiègne, par exemple. La critique est facile, l'art est plus difficile, d'accord. Mais tout de même ! Ce que j'ai vu sur l'hippodrome du Putois est néanmoins très en dessous du standard acceptable (à Clairefontaine, cet été, ce n'était pas mal non plus dans le genre chienlit totale !).
Dans les courses de 3 ans, voire de 4 ans, le départ revêt une importance particulière, car un jeune cheval, peu ou pas expérimenté, peut se contracter si les choses sont mal faites et ainsi “oublier” de respirer pendant son parcours, réduisant à néant ses chances de succès, même s'il est qualiteux. Les juges au départ doivent se faire respecter des jockeys, c'est indispensable, et à Compiègne, c'était un joyeux bordel !
En outre, l'article 159 du Code des courses me laisse perplexe. Alors que celui-ci stipule qu'” aucun cheval ne doit être tenu en main dans une course à obstacle, dès lors qu'il se trouve sous les ordres du juge au départ”, le règlement est régulièrement enfreint à cette occasion. Mais avec deux poids deux mesures. Un jour où j'avais un cheval appréhendant le départ, j'avais anticipé en demandant aux commissaires des courses une dérogation pour faire accompagner mon élève, afin d'éviter de perturber les opérations de départ. Je me la suis vue refuser. Il n'empêche que je vois des chevaux perturbateurs tenus en main (sans autorisation ?) et qu'il n'est pas rare que le départ soit donné pour ce ou ces perturbateurs, dans le souci louable, certes, de ne pas les laisser au poteau, mais beaucoup moins louable au préjudice des chevaux non récalcitrants ! La loi doit être la même pour tous. Au temps de Jean de la Fontaine “selon que l'on était puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendaient blanc ou noir”. Les choses ont changé. Le misérable aujourd'hui est l'objet de toutes les attentions. Même le social est devenu équin !
Hélas, je ne suis pas compétent…
J'ai été confronté voici quelques jours à une situation, qui finalement m'a fait plutôt sourire, même si vous allez le voir, c'est plutôt pathétique… Si je suis en disgrâce avec l'idée de prendre des apprentis, je n'en ai pas pour autant abandonné mon statut de formateur, chevaux et hommes (et même femmes).
Voici donc que je suis “approché” par les parents d'un jeune homme qui souhaite embrasser la carrière. Les circonstances font que je me laisse sensibiliser par leur requête. Comme les parents en question ont accepté que leur rejeton se destine à revêtir la casaque un jour, ils ont néanmoins tenu à ce qu'il le fasse lettré, avec une formation le menant sur un bac pro. Et c'est en rédigeant le contrat d'apprentissage, géré dans le cas présent par la Chambre d'Agriculture, qu'est apparue mon incapacité à signer un contrat avec un postulant au bac pro ! En effet, si l'apprenti doit suivre une formation le menant à un bac agricole, le maître d'apprentissage doit obligatoirement avoir un diplôme en rapport, et de diplôme agricole je n'ai pas. J'ai beau être un rural accessoirement entraîneur de chevaux, de chevaux d'obstacle qui plus est, ce qui est tout de même un peu plus paysan que le sport of the kings, et d'avoir formé quelques cavaliers à succès, n'ayant pas de diplôme afférent, je ne suis pas “éligible”. Je ne suis donc pas, selon les termes de la Chambre d'Agriculture locale, habilité à former des “arpets”, si ceux-ci veulent être un tant soit peu “désabêtis” en tutoyant la culture.
Si Guy Cherel lit cela, il risque de faire des “tssss” de consternation, lui qui pense (comme moi d'ailleurs) qu'on est là pour former des pilotes et pas des intellos. C'est comme les chevaux, ceux qui pensent trop, ils ont vite fait de serrer le frein à main ! Je ne serai donc pas le maître de stage de ce garçon… Mais nous avons pu signer le contrat quand même, car ma secrétaire, elle, est titulaire des diplômes qui lui confèrent le droit à être maître de stage. Elle sera donc le maître de stage du garçon, puisque le représentant de la Chambre d'Agriculture a accepté, à condition toutefois, que “Guillaume Macaire n'ait pas de contact avec l'apprenti”. C'est pourquoi (entre autres) je ne prends plus d'apprentis à la maison. Celui-là est un cas isolé. Ceux qui ont intercédé pour lui ont su m'intéresser et me convaincre. Depuis qu'un représentant de l'Afasec m'a dit un jour, alors que j'émettais des doutes sur le profil à faire un jockey d'un garçon que cette école m'avait dévolu, m'a répondu “qu'ON n'était pas là pour former des jockeys mais pour former des lads”, je n'ai d'une part pu que me renforcer dans l'idée que “ON” est un con, mais surtout, je n'avais que très peu d'accointances avec l'idée de la formation prônée par tous ces organismes “administratifs”.
Faudra-t-il détruire ce qui fonctionne ?
Certes, ce dont je vais parler ici ne m'est revenu aux oreilles que “sous le manteau”, aussi n'allez pas prendre les propos ci-après comme des affirmations pures et dures. D'un côté, à France Galop, on se plaint du manque de propriétaires français, surtout dans les courses où les lettres afférentes sont celles du début de l'alphabet… Et il est prôné de mettre en œuvre tout moyen utile pour trouver de nouveaux clients pour “remplacer” les démissionnaires. Peut-être est-il utile de les “conserver” en temps et en heure. Certes, France Galop n'est pas seul responsable de la raréfaction des propriétaires français. Le modus économico-social de notre pays a fait le ménage aussi. Mais j'entends dire, ça et là, que le fameux 2/3 - 1/3 serait remis en cause au préjudice de l'obstacle. Normal que je défende ma paroisse. Mais ce n'est pas bien difficile de voir que l'obstacle reste la dernière chance de rentabiliser un effectif d'élevage ou de coursiers, si l'on se situe dans la moyenne et qu'on fait abstraction des contes de fées. Et ce parce que les allocations sont à la hauteur. À la fois motivantes et suffisamment substantielles pour faire bouillir la marmite. Bien sûr, si cet équilibre venait à disparaître… Je vous laisse écrire la suite ou simplement l'imaginer !
La question va probablement être débattue un jour ou l'autre…
La question va probablement être débattue un jour ou l'autre…
Ce qui est sûr, c'est que de plus en plus de propriétaires britanniques entretiennent des effectifs d'obstacle des deux côtés de la Manche. Comme les mouches, ils n'ont pas été attirés avec du vinaigre ! Qu'il s'agisse d'élevage ou de propriétariat, la discipline de l'obstacle fédère encore efficacement grâce à la qualité de nos programmes, et les allocations à l'avenant laissent espérer la capacité à faire perdurer cela dans une logique d'investissements qui reste terre à terre. C'est du solide et du concret. Il serait infiniment regrettable de détruire ce qui existe pour hypothétiquement reconstruire sans garantie aucune
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