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Les propriétaires (ou leurs entraîneurs), surtout ceux qui développent un certain effectif, ne peuvent pas toujours se rendre sur l'hippodrome pour encourager leurs élèves pour des raisons diverses et variées. Pour tout ce qui est PHH, pas de problème. Equidia leur permet d'être aux courses par procuration, l'odeur du crottin exceptée.
Quand il s'agit de réunions PMH, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Les fédérations régionales ont initié fort utilement la mise en place des vidéos sur leurs sites  : “lescourseshippiquesregionales.com” (Maine Anjou), “lescourseshippiquesregionalessudouest.com” (Sud-Ouest), “federation-ouest.fr” (Ouest), “courseschevaux.fr” (Haute-Normandie), “lescourseshippiquesbassenormandie.com” (Basse-Normandie), “hippodromes-centre-est.com” (Centre-Est), “hippodromes.fr” (Nord). Seule la fédération Est est la remorque n'offrant aucun service vidéo et c'est vraiment très regrettable.J'espère que son président fera diligence prochainement pour être à l'unisson de ses petits camarades.
Il convient de féliciter chaudement cette initiative, car elle a coûté quelque argent aux fédérations en question. J'attribuerai une mention particulière au Sud-Ouest, qui met très rapidement en ligne les vidéos. À Dax, en particulier, on peut les voir dans la demi-heure suivant la course, et il faut féliciter les techniciens qui sont aux manettes.
Pour nous professionnels, une vidéo vaut mieux que des explications foireuses, et pas seulement de la part des jockeys penauds d'avoir vu rouge ou d'avoir fait une cure de sommeil un peu trop prolongée, car c'est bien souvent que demandant à trois spectateurs (avertis) différents “alors comment ça c'est passé ?”, je devais me faire une idée avec trois avis divergeants !

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué
Florent Guy, alors qu'il était de passage à La Palmyre pour ajouter une perle à la couronne qui doit commencer à lui peser lourd sur la tête, en a profité pour me faire le plaisir de monter un lot à la maison. De mon côté, j'en ai profité pour lui demander son avis sur le programme des courses à obstacle réservées aux amateurs, car pour être honnête, je le trouve peu adapté à cette confrérie.
J'ai du mal à comprendre pourquoi tant de cross-countries leur sont réservés, alors que techniquement, et pourquoi pas tactiquement aussi, ce sont les courses les plus difficiles à monter. Les courses de haies sont inexistantes pour cette catégorie de cavaliers. Et si Robert Collet n'avait choisi Florent Guy pour monter victorieusement Glenferness contre les pros à Compiègne le 12 mai, ce dernier serait toujours maiden sur les haies.
Je ne sais pas pour vous, mais il me paraît plus délicat, voire plus “inquiétant” pour un cavalier, qu'il  soit pro ou amateur, dès lors qu'il est inexpérimenté de s'envoyer sur le cross d'un hippodrome de sous-préfecture que d'accomplir un parcours de haies sur une piste “boulevard”, où les difficultés sont minimes et la passerelle via le plat tout à fait logique.
Paradoxalement, les conditions générales stipulent qu'un amateur n'a pas la qualification pour monter un cheval qui débute en compétition (seul un jockey y est habilité), sauf si le débutant en question est autre que de pur-sang ! Alors là, il faudrait m'expliquer pourquoi l'AQPS serait plus facile à monter. En sa qualité (démodée pourtant) de “buveur d'air” ? Permettez moi d'en douter...
Puisque le cheminement des amateurs qui montent sur les bouts de bois aujourd'hui est différent de leurs (glorieux ?) aînés, il conviendrait peut être que les membres du bureux du Club des Gentlemen-riders procèdent à une adaptation du programme, afin de le rendre plus formateur, en commençant au A pour finir au Z. Les “c'est France Galop qui ne veut pas” me semble une réponse un peu facile. Avec des arguments de bons sens, on peut toujours discuter autour d'une table...

Toute ressemblance avec des personnes etc.... etc...
Certes, l'art de gagner des courses est difficile et dès lors, l'art d'expliquer pourquoi on n'a pas gagné peut devenir la solution facile. J'essaye pour ma part d'être réaliste. Et quand un cheval n'est pas bon, et qu'il est même très mauvais, dès lors que j'ai correctement fait mon travail pour lui donner sa chance, je ne cherche pas d'excuses. Selon le précepte qu'un entraîneur aujourd'hui décédé m'avait inculqué à mes débuts, je m'attache à ce que mes statistiques indiquent à la fin de l'année un nombre équivalent de chevaux différents ayant couru et ayant passé le poteau devant les autres. Objectif atteint ces jours derniers avec 157 victoires (en obstacle) pour 156 chevaux. Equilibre à maintenir maintenant jusqu'à la fin de l'année...
C'est un équilibre de  chiffres, car bien sûr, tous n'ont pas gagné. Etre “bon” entraîneur consiste aussi à ne pas garder les éléments incapables de gagner une course autre qu'un  lot de fin de monde un jour peut-être, et encore c'est pas sûr.
Alors parfois, je suis sidéré quand je vois des gens qui, certes, possèdent une licence d'entraîneur ou un permis d'entraîner et s'en vont aux courses en plein rêve fantasmagorique. Rêve qui peut, hélas pour les autres concurrents, devenir un cauchemar, car il n'est pas rare que les rêveurs en question présentent des animaux quasiment inserviables, juste bons à semer le danger dans le peloton avec leur gueule d'empeigne, après en avoir accessoirement couché un ou deux à la haie d'essai. Ce genre de scènes ont pour théâtre des hippodromes de campagne, mais pas seulement des 3e catégorie !
Fatalement pour eux, le succès est une denrée très rare. Pourtant, ils continuent d'y croire, trouvant toujours des excuses inimaginables à la déconfiture de leur protégé. Et même parfois aller jusqu'à pérorer dans l'enceinte des balances en promenant en main leur élève victorieux par protection, parce que les trois autres partants se sont trompés de parcours ou sont tombés, et leur représentant, loin derrière, a pu emprunter la bonne route. Mais il faut alors un certain aplomb pour prendre le public (rare toutefois) à témoin de l'incapacité d'un entraîneur du haut des colonnes à grand  renfort de “hein ! ca s'appelle machin et c'est pas capable de faire le tour à  Trou sur Bouse !” J'ai bien sûr été obligé d'enlever les noms, pourtant ce n'est pas une fiction. Et quelques verres de rosé plus loin (le champagne n'est pas dans leurs habitudes), en “rembarquant” son gagnant, il peut expliquer à ses camarades de bar qui  lui font escorte de la buvette au parking en buvant ses paroles avec la même facilité  que le rosé dans les duralex à cannelures : “Ah mes amis, si j'avais la cavalerie d'André Fabre !”
Comme Michel Audiard le faisait dire à Lino Ventura dans Les tontons flingueurs : “Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait.”
 

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