L'été (ou plutôt ce qui en tient lieu) s'étire doucement à travers les provinces de France, formant ainsi la gente équine selon l'adage "les voyages forment la jeunesse". Mais hélas aussi déforment parfois... Comme j'ai eu l'occasion de le déplorer une nouvelle fois samedi dernier sur l'hippodrome de la Malbrande... Pour les non-initiés, il s'agit du site des Sables-d'Olonne. Cette piste parfaitement entretenue, quant à la qualité du turf, permet aux entraîneurs d'y débuter avec une concurrence amoindrie des sujets qualiteux à qui on veut éviter dès le début des combats trop difficiles. Vision d'État, par exemple, y fit ses débuts victorieusement et cela ne le gâta pas ! C'est donc dans le même état d'esprit que j'y engage dans les courses de haies mes élèves jeunes ou moins jeunes... Les jeunes pour les éduquer dans de bonnes conditions de sécurité et les plus "vieux" aussi d'ailleurs dont les pneus réchappés peuvent ainsi prolonger leur usage. Un vieux briscard s'adapte à tout ou presque, c'est bien connu. Il est donc regrettable qu'à cause des haies mal dimensionnées, les 3 ans ou les 4 ans en retard d'expérience dussent le faire dans des conditions propres à désorienter leur conception du saut (en tout cas le modus operandi à suivre pour le faire académiquement). Les haies, d'une réalisation parfaite, ne sont pas à mettre en cause. Le problème vient de leur hauteur réduite, qui les rend peu sautantes dès que le cheval n'est pas "dans la bonne"... Soit il est contraint d'attaquer en voyant la longue (ce qui ne lui apprend pas à s'économiser s'il doit un jour guerroyer à Auteuil, où là-bas être économe sera indispensable pour disputer l'arrivée), soit il se "casse" dedans quand il vient "en dessous", car la hauteur, pas assez "visuelle", ne le met pas suffisamment en alerte pour abaisser ses hanches et monter son garrot en "calculant" de loin son abord et ses foulées pour "effacer" l'obstacle. Je sais bien, et vous aussi (car ce n'est pas la première fois que je le dis), que le bon cheval gomme les erreurs de l'homme (même de cheval) alors que le mauvais les souligne en rouge fluo...
Samedi dernier, ce fut d'ailleurs le cas de mon élève, Un Dragon Bleu, qui, même s'il ne s'est pas vraiment adapté, n'en a pas moins gagné d'une classe. Ses débuts sur la piste beaucoup plus sélective de Sennones m'avaient impressionné et je vous conseille de le suivre pour ses débuts parisiens, et j'espère pour la suite aussi, car il ne doit pas être ordinaire celui-là. Alors me direz-vous, si ce n'était pas à mon goût, je n'avais qu'à m'abstenir de le courir au pays des Chouans. Mais le programme en juillet/août n'est pas si riche que cela et si l'on veut "tourner" un élève (avec chèques d'encouragement à l'appui pour l'entourage et tâche aisée pour le coursier), alors il faut faire avec. Comme ce problème des haies vendéennes ne date pas d'hier, j'ai, à l'occasion d'une de mes visites, étudié le problème de près. Il s'agit de haies mobiles, sur roues à l'extrémité côté corde et sur verin côté extérieur. Si l'on prend les mesures quand elles sont repliées, cela convient mais, dépliées sur la piste, il n'en est plus de même. En effet, la piste est bombée, ce qui fait une perte de 10 à 20 cm de hauteur. Et visuellement, cela change tout pour les chevaux, comme je l'ai évoqué plus haut. J'avais donc, voici un certain temps, sensibilisé à ce détail (mais ce sont les détails qui font la différence entre la tête, la courte tête ou l'encolure qu'affichera le juge à l'arrivée) les techniciens de France Galop, et en particulier à David Aelion, qui d'ailleurs avait pris la chose très au sérieux en se rendant sur place. La solution était simple. Puisqu'il s'agit de blocs de plastique sertis dans des bases en polyuréthane, il est très facile de glisser en dessous une cale en bois de la hauteur correspondante à la perte due au profil de la piste. Philippe Peltier, à qui j'avais soumis le problème, puisqu'il est rompu à l'utilisation du bon sens en tant que constructeur d'obstacles chez lui, m'avais gratifié d'un "Tsssss, c'est pourtant pas compliqué à faire !" et de rajouter que "c'était l'occasion de rehausser le bloc synthétique arrière pour rendre l'obstacle légèrement montant et ainsi plus sautant". David Aelion en parla au président qui, apparemment, n'était pas contre. Pourtant, rien ne fut fait. Je pris alors des renseignements pour savoir ce qui avait favorisé cette inertie auprès d'un membre du conseil de l'obstacle, lui aussi très investi en ce qui concerne l'obstacle en région. Le président aurait écouté les représentant du comité régional, qui préconisait de laisser les choses ainsi au prétexte "que les haies sont rapprochées sur cet anneau". Personnellement, je ne vois pas le rapport...
J'en ai parlé avec pas mal d'observateurs : Pascal Adda me disait que jusqu'alors il n'avait jamais prêté attention au déroulement des courses de haies à la Malbrande mais, qu'en l'occurrence, directement concerné, il s'était inquiété de la manière empruntée dont nombre de chevaux faisaient montre pour aller de l'autre côté des dites haies, en le fleurissant d'un "qu'est-ce c'est que ce truc-là ?" très spontané qui n'a fait que de me renforcer dans mon idée. Le budget est minime, rassurez-vous Mr le président, pour rendre vos haies plus "accueillantes". Pour ce qui est de la main-d'œuvre, je suis prêt à vous aider et à battre le rappel pour venir, flanqué de mes confrères, qui préféreraient eux aussi que les courses de haies de votre cher hippodrome soit l'antichambre de celle du plateau de Soisy ou de la butte Mortemart.
Merci PJ
Puisque je n'ai plus assez de place pour m'étendre sur un autre sujet, je vais continuer dans le même registre. Lors de la réunion de Meslay-du-Maine, courue le lundi 25 juillet (où il faut saluer les efforts et l'amélioration très nette, par rapport à la précédente réunion PHH, pour la qualité du gazon et des obstacles, qui font de la Bretonière un vrai tremplin pour Auteuil.
PJ Goetz, pourtant plus féru de "trotteux", qui officiait au micro d'Equidia (c'était dans une réunion mixte trot/obstacle) fit une réflexion pleine de bon sens, que je tiens à développer ici. Le sémillant animateur, dans son commentaire de course, faisait observer qu'à Meslay, et plus généralement en province, les rivières des tribunes n'avaient aucune commune mesure avec celle d'Auteuil, qui était un vrai test d'équilibre pour les steeple-chasers qui devaient la franchir. Il se bornait à la constater. Je vais aller plus loin, en disant qu'il ne serait pas idiot de conformer les zones de réception des rivières en imitant (à un degré moindre certes) celles d'Auteuil (huit et tribunes) pour "habituer" les sauteurs à cette réception en contrebas qui surprend toujours beaucoup les néophytes. Là encore, il ne s'agit pas d'un aménagement coûteux, que les hippodromes de première catégorie devraient offrir pour jouer totalement leur rôle de passerelle entre les régions et la capitale.
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