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Accueil Macaire au jour le jour

En exclusivité sur le blog de Paris-Turf, quelques morceaux choisis de la rubrique de Guillaume Macaire dans les colonnes du journal, à paraître le lendemain jeudi...



Treize en forme

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L'été s'avance doucement, enfin pas si doucement que cela puisque nous voici au terme du mois d'août. Eté fructueux tout de même pour la maison, on en a profité pour moissonner et vendanger un peu partout dans l'hexagone. Il faut dire que notre territoire ne manque pas de vignobles et de terres arables ! Il y a partout des richesses, il suffit de les découvrir. Dimanche dernier fut particulièrement fructueux avec pas moins de treize gagnants dans la journée, plat et obstacles confondus, ce qui est je crois le meilleur score qu'il m'ait été donné de réaliser le même jour. Quand je dis aux quatre coins de France, je n'exagère pas, constatez vous-même : 3 gagnants à Vittel, 2 à Craon, 2 à Saint-Jean de Monts, 2 à Dax, 2 à La Roche Posay et 2 à Pompadour. Il y a eu (hélas) un second à Ecommoy et un autre à Royan pour venir entacher cette belle réussite pour un total de 16 courses courues. Parmi tous ces gagnants, il y a bien sûr beaucoup de bons petits soldats qui ont fait leur devoir et qu'on a pour habitude parfois de qualifier d' « utilités » de façon un peu condescendante. Mais il y en a aussi, dans le lot, une paire qui vont je l'espère faire parler d'eux du côté d'Auteuil dès septembre. Un 3 ans (propre frère de Synaptique qui lui est plus qu'une utilité si l'on se réfère à son compte en banque et à ses états de service puisqu'il est même placé de Gr1) qui compte trois sorties en plat pour deux victoires (en anglo-arabie) et une seconde place derrière un autre de mes élèves, Tadzio (lui-même 4 fois victorieux , plat et haies) dans une course d'AQPS. Il a fait ses humanités sur les « bouts de bois » depuis longtemps et me semble la pointure au-dessus du frangin au même âge. Dès lors, sur le programme des courses parisiennes, j'ai déjà crayonné son nom dans la marge prévue à cet effet en face du Prix Finot avec une paire d'autres de ses compagnons d'armes. Il s'appelle Monpilou... Un autre cheval (grand destrier, il doit mesurer 1m75) forcément très tardif vient de montrer de véritables progrès en s'imposant par deux fois à Vittel en haies puis en steeple, par 20 longueurs. Ses éleveurs, Antonia et Henri Devin l'ont appelé Marquis de Carabas, peut-être marqués par les souvenirs juvéniles que leur avaient laissé les contes de Grimm ou d'Andersen qui enchantèrent des milliers de gamins avant que les Game Boy fassent tomber en désuétude ces récits candides et délicieux. Ce Marquis-là devrait se plaire à Auteuil, terrain lourd et distance ne seront pas pour lui déplaire.

 

Commençons par les choses qui fâchent…

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Elles fâchent parce que la vision des uns n'est pas la vision des autres... Refrain connu, on le sait. Nous sommes quelques entraîneurs à regretter vivement la conception technique actuelle du parcours de steeple de Lyon-Parilly. Et cela ne s'est pas bien passé du tout voici quelques semaines dans une réunion où Nicolas Bertran de Balanda qui tentait une action savlatrice auprès du président est parti très fâché. Emmanuel Clayeux, lui aussi basé dans le Centre-Est et qui défend la même cause, m'a conté les péripéties. Si la piste de haies de Lyon refaite il y a deux ans donne satisfaction à tous, locaux comme visiteurs, il n'en est pas de même pour les obstacles de steeple-chase que mes confrères pré-cités et moi-même considérons comme inadaptés, et carrément dangereux pour un ou deux. Je sais qu'Emmanuel Clayeux est « mort de peur » dès qu'un de ses élèves s'approche de cet obstacle. Quant à moi, si je cours volontiers en haies, j'ai banni le steeple depuis que j'ai perdu corps et bien mes deux derniers partants au même endroit ! Deux animaux dont les états de service ne permettaient pas de douter de leur capacité à franchir des obstacles de steeple-chase pour peu qu'ils fussent construits selon des critères de bon sens... La fatalité, la malchance, ou même la loi de Robovski sur la répétition cyclique à laquelle Jean Gabin faisait référence dans le Gentleman d'Epsom peuvent expliquer des choses, mais pas tout ! L'objet de tous nos tourments est l'open-ditch situé « en face » qui représente plus qu'un danger pour les chevaux dressés : l'appel n'est pas en rapport avec la hauteur et le volume de l'obstacle. Les chevaux le sautent « à plat » et comme ils doivent le passer encore au deuxième tour, vous pouvez imaginer la suite et parfois la fin...
Hélas, l'actuel président des lieux a refusé d'entendre les doléances présentées par Nicolas Bertran de Balanda, pour d'abord supprimer ce danger et peut-être modifier d'autres obstacles pour que le steeple de Parilly soit un vrai tremplin pour la capitale, et ne fonctionne pas autarciquement au seul dessin de satisfaire les Lyonnais pur et dur, à partir du moment où les épreuves d'obstacle de la capitale des Gaules s'inscrivent dans le programme national via les réunions PMU.

 

Ne tombe pas, parce que tu ne pourras pas remonter

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Lors de l'une des dernières réunions du conseil de l'obstacle, est venue sur le tapis (vert ?) la question du maintien ou de la suppression de l'usage du tombé-remonté. Certes, cette pratique tend à se raréfier, d'abord parce que le niveau des courses est tel que si d'aventure un jockey remonte après « séparation de corps », ce n'est que pour griffer une allocation de quatre ou cinquième laissée vacante faute de combattants ; ensuite parce que les avenants successifs au code des courses en ont déjà singulièrement réduit les applications et l'esprit : le panache, aujourd'hui, n'a plus la même aura. Il est déjà loin le temps où, à Auteuil, Raoul Leurson (le père de Micheline) enjambait la palissade de la pelouse « Madagascar » pour enjamber ensuite en costume de ville et imperméable, un cheval ayant perdu son jockey « en face » et terminer le parcours en lieu et place de l'infortuné cavalier gisant au sol, s'emparant ainsi d'une place substantielle, imperméable au vent et applaudissements nourris à son retour aux balances. Encore plus loin le temps où le même pilote était consigné sur le procès verbal comme cavalier du gagnant mais aussi du quatrième, le tout dans la même course ! Une fois pesé, le jockey du gagnant s'en fut sur la piste pour enfourcher le quatrième participant de la course, tombé à l'avant-dernier obstacle du parcours. Il avait envoyé son cavalier mordre la poussière (et il devait y en avoir pas mal si l'on se réfère au site et à l'époque de l'année) et ce dernier n'était pas vraiment en état de repartir. Il ne lui restait plus qu'à sauter la dernière haie et rallier le poteau. Il n'avait même pas besoin de satisfaire aux obligations de pesage car à cette époque, si un cheval reprenait le parcours avec un cavalier autre que celui désigné avant la course, peu importait le poids porté, peu importait que le cavalier de rechange soit titulaire ou non d'une autorisation de monter délivrée par Messieurs les Commissaires de la Société des Steeple-Chases de France. Puis il a fallu « au moins » faire le poids, puis n'ont été autorisés à « remonter » les « tombés » pour que les résultats puissent être « entérinés » que les cavaliers munis de licences... l'étau se resserre donc encore plus sur cette coutume passée de mode jusqu'à la faire disparaître à tout jamais sur l'autel de la sécurité absolue.

 

Grand Steeple : émotions et contrariétés

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Nous voici en juin... Le Grand Steeple de Paris est couru... Enfin pas pour tout le monde... Et cette histoire a déjà fait couler beaucouop d'encre, je sais.
Mon but ici n'est pas de jeter de l'huile sur le feu, au contraire. Pourtant, j'ai été pris à parti sur le champ de course par une personne (appellons le Monsieur Z, c'est une lettre qu'il aime bien et Monsieur X a déjà fait trop de dégâts !) qui voulait faire de moi un gréviste des courses pour manisfester sa réprobation contre « la soupe » concoctée par les commissaires de courses qui selon lui pouvaient faire et défaire selon leur bon-vouloir.
Très énervé Monsieur Z ! Des turfistes pourtant peu à la noce car on pouvait difficilement envisager un ticket de TQQ ou d'autre chose sans Remember Rose dessus (il était donc fâcheux pour eux de le voir rester pieu) ont été très magnanimes car par le passé (déjà lointain) certains départs, qui n'avaient pas satisfaits tout le monde, avaient conduit le public au saccage des baraques du pari mutuel voire à l'incendie. Parmi eux, il y en a plus d'un qui sont venus me demander ce que j'en pensais, si le départ aurait dû être repris ou non. Pour être honnête, on ne peut pas souhaiter même à son pire ennemi pareille mésaventure. Aussi tout le monde voudrait imputer la responsabilité du désastre à quelqu'un et en l'occurrence le starter, dernier fusible du bout de la chaine. A mon avis, le mal vient de beacoup plus loin. Il vient du fait qu'il faut aujourd'hui avoir plus d'égards pour ceux qui sont systématiquement en difficulté que pour les bons élèves... Le nivellement par le bas de « ce » social est en train de gangréner notre monde, car le bon élève doit toujours attendre le ou les mauvais...
Quad je dis notre monde, je ne parle pas en premier chef de celui des courses. Je voulais être plus généraliste car justement dans notre confrérie, c'est le sujet hors du commun qui intéresse les acteurs de ce sport (même illégitime). Même s'il est indispensable, recette oblige, même si l'homme de l'art ne voudrait dans un rêve idéaliste ne voir qu'une seule tête s'aligner sur le « winning post » en un dead-heat général, la formule du handicap où l'on gagnerait chacun à son tour, suivant qu'on aurait à la faveur d'un poids le droit de courir ou non, est médiore dans son idée, et contraire à l'esprit de la course. Comprenez mon raisonnement : tout le monde n'a de toute façon pas la même chance au départ d'une course (qui n'est pas un handicap). Oh que non ! Alors, ne croyez-vous pas que si Mayev n'avait pas été au départ (sans l'intention de partir du tout, comme dans le Saint-Sauveur début mai), le dit départ eut été plus fluide ? Dans son désir de ne pas laisser Mayev au start, et c'est tout à son honneur, de bien faire son travail, le starter a justement versé dans cette doctrine qui consiste à aider les « mauvais » au préjudice des « bons ». Le cas n'est pas rare pour ce qui est des départs.

 

Nous faisons un métier anachronique

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A chaque jour qui passe, ce métier, que j'ai tant aimé (je l'aime toujours, rassurez-vous) pour tout ce qu'il représentait depuis son origine et à travers les années, me met devant des interrogations de plus en plus pressantes...Reprenons l'histoire au départ : les premiers anglais ont débarqué pour entraîner les effectifs à quatre pattes des industriels français ou des aristocrates séduits par ce sport « so british » -à une époque où, de toute façon, il n'y en avait pas d'autres. Ils avaient pour noms -j'ai fait un choix volontaire pour vous montrez que ce n'est pas si loin et surtout familier- W.J. Clout, l'entraîneur de Jean Prat, Charles Pratt, l'un des premiers à Lamorlaye avec T. et Ch. Cunnington, Henry Jennings (l'aïeul de la famille Head) ou Michel Pantall (le fin du fin, si j'en crois une photo de 1912 où ses cavaliers d'entraînement, non à l'époque, on disait lads, ce n'était pas encore devenu déshonorant, étaient en veste, cravate et portaient pochette ! Il n'est pas difficile de comprendre que leur existence était plus simple, leur quotidien exempt de tracasseries administratives. Certes, le « social » tentait bien de pointer le bout de son nez, mais son succès était des plus mitigés !
Comme les entraîneurs de cette époque étaient les « hommes de chevaux » des « hommes d'affaire » qui les employaient, ils n'avaient qu'à se consacrer à la mise en condition et en lumière de leurs élèves ; l'esprit libre ! Aujourd'hui, le temps passé au téléphone pour régler (que dis-je, ne pas régler !) des problèmes de carte d'immatriculation, de contrat d'association et de paperasserie en tout genre est égal à celui passé sur les pistes. A moins d'avoir un secrétariat très performant et aussi très patient pour les joutes verbales contre les « guichetiers » qui usent à l'occasion des méthodes en vigueur à la sécurité sociale (et dont Robert Bidochon a fait les frais)...A la base, l'entraîneur est un artiste, et l'art ne peut s'exercer sans un esprit libre, dégagé des contraintes matérielles qui prennent la tête et parfois ne la lâchent plus. Par rapport à cette époque heureuse, il faut dans la même journée abattre le double de boulot : jadis, deux lots sortaient dans une matinée. Aujourd'hui, c'est quatre, quand ce n'est pas cinq ! En plus, charmant détail rapporté par les chroniqueurs de l'époque : après avoir rentré son premier lot, « l'entraîneur déjeune copieusement, puis sort son second, non moins bienfaisant : le premier lot était apéritif, le second digestif. »

 


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