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A marquer d’une pierre blanche

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Sur les trente dernières années, jamais les Poules d'Essai n'avaient été remportées par deux 3 ans « nés et élevés en France ». C'est dire si les éditions 2013 de ces championnats d'Europe de printemps sur le mile sont à marquer d'une pierre blanche. Mieux encore : Style Vendôme et Flotilla sont issus des ventes de Deauville, où le mâle avait été adjugé 92 000 euros à l'avisé Nicolas Clément et la pouliche 120 000 euros.  Cerise sur le gâteau, enfin : ces deux jeunes champions se sont imposés dans d'excellents chronos. Le premier (en 1'34''68) a approché le record de Victory Note depuis 1998, tandis que la seconde, en 1'34''77, a  battu le record de l'épreuve de la Poule d'Essai des Pouliches détenu depuis 2008 par la crack Zarkava. A noter que le record des 1 600 mètres de la grande piste de Longchamp est la propriété de la pouliche de quinté+, Ever Fair, en 1'34''10, depuis le 27 mai 1999.

On espérait voir de belles et sélectives Poules d'Essai, compte tenu du nombre de partants déclarés (18 chez les mâles, 20 chez les pouliches). On a été gâté dans les deux cas, même si l'on peut toujours déplorer qu'il y ait eu de sempiternels malheureux.  On pense surtout au 3 ans de l'écurie Wertheimer, Intello, 3e, auteur d'un dernier 400 mètres ébouriffant, après avoir été malheureux à la hauteur du pavillon, perdant ainsi son invincibilité. Ce n'est pas le plus grave, ceci dit. Il faut surtout espérer que les atteintes avec lesquelles le fils de Galiléo est rentré ne sont que superficielles et ne l'empêcheront pas d'être revu dans quelques semaines, à Chantilly ou à Ascot.

De là à bouder le style du succès de Style Vendôme, tel n'est pas le propos. Car le poulain de Nicolas Clément a fait le « job » avec talent et professionnalisme, monté avec à-propos par un Thierry Thulliez (on est content pour lui), ayant su parfaitement tirer profit de son bon numéro de corde. Bien à l'abri, mais à l'avant du peloton, le fils d'Anabaa a progressé gentiment à 400 mètres du poteau, trouvant son jour même un peu tôt. Ensuite, il a résisté plus sûrement qu'il n'y paraît aux attaques de bon nombre de ses adversaires (encolure, tête, tête, courte tête à l'arrivée), dont Dastarshon (qui a fait pleurer de joie son entraîneur Pia Brandt) et Intello déjà cité. Guy Pariente, son éleveur, pouvait alors exulter tout comme ses deux co-propriétaires, le comte de Ganay et son associé Christian Baillet, tous les deux installés en Amérique du Sud mais faisant courir en France , ainsi que leur entraîneur Nicolas Clément. Ce dernier avait déjà eu l'occasion d'aligner trois partants dans la Poule d'Essai des Poulains, avec Le Petit Poucet (3e en 1995), Le Roi Chic (non placé en 1999) et Stormy River (3e en 2006). Cette fois-ci,  le professionnel décroche ce classique tant convoité.  Preuve qu'il faut savoir s'accrocher dans le métier, Nicolas Clément ayant débuté sur les chapeaux de roue (Arc de Triomphe en 1990 avec Saumarez) avant de connaître un « creux » entre 1994 et 2002.


Mikel Delzangles n'a pas connu pareille baisse de régime, depuis son installation en 2001. Ayant sellé son premier lauréat de Groupe en 2003 (Saratan), son premier vainqueur de Groupe I à York (Chineur) en 2005, le fils spirituel d'Alain de Royer Dupré a hérité de son maître une précision d'orfèvre.  Remporter une Poule d'Essai des Pouliches avec une rentrante constitue en effet un  véritable exploit, qui n'avait plus été réussi depuis 1989 et Pearl Pracelet, une pouliche de l'écurie Fustok alors montée par Alfred Gibert...  La route normale veut en effet que les pouliches passent par le Prix de Grotte, l'Imprudence ou bien encore les 1 000 Guinées.

Mais après avoir été un peu au vert cet hiver, suite à son succès dans le Breeders' Cup Juvenile Fillies, Flotilla a eu besoin de temps pour retrouver ses marques. En grand professionnel, Mikel Delzangles le lui a accordé, estimant que la classe de sa jument pourrait suppléer le fait d'effectuer une rentrée directement dans la Poule d'Essai. De fait, la fille de Mizzen Mat était dans sa robe de mariée, ce dimanche 12 mai, prête à fournir sa meilleure valeur. Il le fallait, d'ailleurs, pour aller rechercher Esotérique qui, à 300 mètres du poteau, pouvait donner l'impression d'avoir pris un avantage décisif. On a vu alors une Flotilla, remarquablement équilibrée, fondre sur sa rivale de sa foulée puissante, donnant l'impression que l'allongement de la distance ne lui poserait probablement pas trop de problème. Le Prix de Diane en vue ? On le souhaite, en tout cas. Michel Zerolo, courtier à ses heures (il a fait acheter Altérite à son client Michael Schwartz) et surtout co-actionnaire du haras des Capucines avec Eric Puérari pouvait se consoler, étant co-éleveur de la gagnante avec également Ariane Gravereaux «  notre porte bonheur », comme le dira joliment ce dernier. Flotilla, achetée avec à-propos dans le ventre de sa mère, en Irlande, a été élevée tout près de Nonant-le-Pin.  Eric Puérari combat, depuis plus d'un an avec vigueur, le projet d'ouverture de la centrale de traitement des déchets de GDE, aux côtés d'Aliette Forien (haras de la  Reboursière et de Montaigu). Comme on les comprend !

 

 

 

 

Les locomotives de Roberto Donati et d’André Fabre

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Samedi, le professionnel de trot italien, Roberto Donati, installé en France depuis dix ans,  a remporté à Paris-Vincennes son premier classique, avec Voltigeur de Myrt, remarquablement drivé par le belge Dominick Locqueneux. Le même jour, André Fabre a remporté un nouveau préparatoire pour les classiques de 3 ans, avec Ocovango, lauréat du Prix Greffulhe à Saint-Cloud. Le premier a déniché, ces dernières saisons, régulièrement une locomotive pour faire avancer son écurie. Le second en met plusieurs sur orbite plusieurs chaque printemps et ce, depuis plus de trente ans...

Le clin d'œil est magnifique. Dix ans jour pour jour après avoir eu son premier partant en France (le 4 mai 2003, à Castillones dans le Sud-Ouest, avec Jasmine Williams, distancée ce jour-là), Roberto Donati a vécu, samedi dernier, le plus beau jour de sa carrière professionnelle. Cheval dur, capable de suivre tous les trains, son  protégé, Voltigeur de Myrt a remporté en effet un Critérium des 4 ans très tactique, couru à faible allure pendant les premiers 800 mètres puis à fond dans les 2000 derniers mètres, avalés sur le pied d'1'11'' et fractions.  Malgré ce long sprint, plusieurs trotteurs n'ont pas eu pourtant leurs aises dans la ligne droite, les uns étant empêtrés derrière des chevaux battus et d'autres contraints de faire les grands extérieurs. On pense notamment à Village Mystic, Vive Daïdou ou bien encore à Volcan d'Urzy ayant terminé en trombe tout à l'extérieur.

Cela n'enlève rien au mérite du fils d'Opus Viervil qui, un mois plus tôt, dans le Prix Phaëton, avait déjà montré qu'il faudrait compter avec lui, le jour « J ». Dans ce semi-classique, avant-dernier préparatoire au Critérium des 4 ans couru sur cette même distance de 2 850 mètres, Voltigeur de Myrt avait en effet longtemps voyagé le nez au vent, à l'extérieur de Vaux le Vicomte, s'offrant le luxe d'un ultime coup de reins pour venir arracher la victoire aux abords du poteau.  C'était la marque indiscutable d'un cheval arrivé à maturité et en pleine possession de ses moyens. Samedi, pour la 25e sortie de sa carrière, ce puissant trotteur à la robe noire, ayant débuté à l'automne de ses 2 ans à Chartres (4e) et gagné sa première course à Vincennes le 2 janvier de ses 3 ans, l'a prouvé. Dans sa tâche, il a été aidé aussi par un driver très inspiré, ayant toujours bénéficié d'un bon dos tout en étant tout près des chevaux de tête : Dominick Locqueneux.  Paris-Turf lui avait consacré sa « une » de samedi matin. Un choix plus que judicieux...

Roberto Donati et son épouse, installés en Mayenne, ont privilégié la qualité à la quantité depuis plusieurs années. Autant dire que cette politique porte ses fruits : après Quela Rive (six succès à Vincennes), Roxana de Barbray (4e du GP d'Amérique 2013, récente 2e de l'Olympia Travet, titulaire de cinq succès sur le Plateau de Gravelle), Voltigeur de Myrt est donc la troisième perle de l'écurie consécutive. Une telle succession de « perles » ne doit rien au hasard.

C'est comme pour André Fabre, pour lequel les années se suivent et se ressemblent.  En ce début d'année, l'incontournable numéro Un de la profession a fait très fort, alignant dix partants dans des courses de Groupe, pour six succès et deux places de 2e, et 3. Soit un 80% de réussite d'autant plus impressionnant et prometteur pour les semaines à venir que le maître entraîneur a sellé les lauréats des Prix La Force (Triple Heart), Noailles (Tableaux), Greffulhe (Ocovango) et Vanteaux (Esotérique) sans oublier les secondes des Prix Pénélope (Baltic Baroness) et La Grotte (Tasaday). Avec une telle profusion de 3 ans aux espérances classiques, Fabre est à mon sens d'ores et déjà assuré d'être tête de liste pour la 25e fois, cette saison. Un quart de siècle de domination dans une discipline aussi complexe et mouvante que celle de l'industrie du pur-sang, c'est tout simplement phénoménal.

 

Avec et sans public, d'Auteuil à Longchamp

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Samedi à Auteuil, il n'y avait pas grand monde alors que la réunion proposait un programme de tout premier ordre, avec pas moins de quatre courses de Groupe au programme. Dimanche, à Longchamp, malgré un temps plus que maussade, plus de 8 000 personnes étaient au rendez-vous du premier Groupe I de la saison, le Prix Ganay.

L'explication ? Samedi, Auteuil ouvrait ses portes à 12 H 30 et les plats de résistance étaient proposés entre 13 H 30 et 15 H 45, soit bien trop tôt pour attirer la foule, y compris les passionnés. Les  « dimanche au galop » parisiens font, par contre, le plein de curieux, notamment en famille.

C'est bien tout le parodoxe actuel du paysage hippique. Alors que de nombreux nouveaux venus découvrent le spectacle des courses, de l'autre ceux (et celles) qui constituaient le noyau dur et la clientèle régulière (ainsi que connaisseuse) des hippodromes sont en mal de repères, n'arrivent plus   suivre le rythme effréné et décalé d'aujourd'hui, et voient leur passion s'émousser.
Vaut-il mieux gagner un hypothétique client du dimanche ou perdre un fidèle ? Evidemment, ni l'un, ni l'autre. Par contre, on a souvent l'impression que l'Institution met plus de moyens à conquérir les premiers cités qu'à conserver ses anciens.

Retour au sport et donc, à Auteuil et Longchamp, où dans les coulisses, on ne parlait que d'une chose : l'affaire Godolphin. Pour une majorité d'observateurs, les huit ans de retrait de licence infligé à l'entraîneur Al Zarooni sont en effet « sans commune mesure avec l'importance de la faute ». Et tout le monde d'entonner presque de concert : «  il (Al Zarooni) méritait d'être suspendu à vie et la question de fond reste celle-ci. Agissait-il de son propre chef ou sur ordre ? ». Dans le viseur, il y a bien évidemment le cheikh Mohammed Al Maktoum, dont on sait la puissance et la crainte qu'il inspire, surtout s'il venait à prendre du recul dans ses investissements hippiques. Pour certains, « ce serait un mauvais moment à passer mais peut être un mal pour un bien ». Pour d'autres, « il est totalement injustifié de faire un lien de cause à effet avec le cheikh Mohammed Al Maktoum ». A chacun d'avoir son propre arbitre, sachant qu'on ne connaîtra probablement jamais la vérité.

Sur la Butte Mortemart, la vérité est que Bel La Vie va faire rêver d'ici les trois semaines à venir toute la famille Papot ainsi que Guillaume Macaire. Les premiers veulent à tout prix gagner le Grand Steeple Chase de Paris le plus rapidement possible. Le second a déjà connu cet honneur, mais cela commence un peu à dater. Ils ont de bonnes raisons d'y croire tant leur élève a gagné avec la manière le Prix Ingré, sans avoir le moindre coup de bâton, redonnant le coup de reins du très bon cheval de haies qu'il a été dans le passé pour venir mettre à la raison les deux Gallorini de service, Shannon Rock et Quarouso.  Mieux encore pour les « Papot » : avec Ozamo, 4e de ce Prix Ingré, ils disposent d'un joker de luxe pour le jour « J », ce 6 ans entraîné par Philippe Peltier ayant remarquablement fini. Cela dit, Lagunak, qui a remarquablement sauté tous les gros, avec une agilité et une facilité extraordinaires,  ne sera plus en repérage le 19 mai. A mon sens, il sera l'adversaire le plus sérieux pour les élèves de la casaque bleue à damiers verts, avec Mid Dancer, à ne pas condamner trop vite également tant Christo Aubert sait le programmer avec une précision d'orfèvre.

Gémix est devenu le nouveau patron chez les vieux, sur les haies. Le 5 ans de Nicolas Bertran de Balanda est un drôle de cheval, capable d'aller très vite pendant les mille premiers mètres, en tirant beaucoup. David Cottin le laisse faire désormais. Et samedi, on a vu Gémix redonner un sacré coup de reins après le saut de la dernière haie, alors que la distance s'était allongée (3 900 mètres), mettant six longueurs entre lui et ses plus proches adversaires.  Comme quoi, un cheval peut être brillant mais aussi tenace...

A Longchamp, tous les pronostics ont été déjoués, dimanche, dans le Prix Ganay. En effet, c'est un 4 ans, qui plus est effectuant sa rentrée et débutant à Longchamp, qui l'a emporté. Certes Pastorius a été remarquablement monté par Olivier Peslier, mais il n'empêche. Il a battu du bon monde, Maxios venant de prouver sa forme sur cette même piste et Dunaden n'étant pas le premier venu. Il faudra peut-être revoir à la hausse la valeur de la promotion née en 2009, injustement décriée à mon goût depuis l'été dernier. On aura l'occasion d'en reparler. A noter aussi la bonne rentrée de Saônois. Là aussi, j'espère que ses  propriétaires seront récompensés cette saison d'avoir su résister aux offres d'achat reçues l'an dernier.

 

Timoko, la nouvelle F1 de Jos Verbeeck

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Dix ans après avoir mené au succès Jag de Bellouet dans le Prix de l'Atlantique, Jos Verbeeck a récidivé samedi dernier, au sulky de Timoko. Lors de cette décennie écoulée, le pilote belge a en effet été sevré de chevaux de tout premier plan en France, si ce n'est avec Qualita Bourbon (Grand Prix de l'UET 2008, Critérium Continental) et Union d'Urzy qu'il avait eu l'occasion de mener au succès dans le Prix de l'Etoile 2011, Thierry Duvaldestin étant associé ce jour-là à Uniclove.  A l'étranger, Jos a subi le même revers de fortune, se déplaçant nettement moins, il est vrai. Son association avec le Timoko lui offre, en cette saison 2013, l'occasion de renouer avec le succès dans les plus grandes épreuves du calendrier international. Pour l'instant, le couple a déjà marqué deux « pénalties » à Cagnes-sur-Mer et Enghien. A eux, désormais de conquérir l'Europe, ce qui est (presque) dans la logique des choses, pour ces deux « phénomènes ».

Jos a retrouvé une F1 à la hauteur de son talent.  C'est tant mieux et ce n'est que justice. En 2010, sa carrière aurait déjà pu être relancée avec Ready Cash qu'il avait drivé à sept reprises, pour deux victoires mais aussi deux disqualifications (notamment lors de sa première tentative dans le Prix d'Amérique).  Mais la décision de Philippe Allaire de changer son élève d'environnement pour le confier à Thierry Duvaldestin avait abouti aussi à un changement de driver, le passage de témoin se faisant au bénéfice de Franck Nivard.

On pouvait craindre que Jos Verbeeck ne trouve plus de perle rare, vu l'évolution du paysage chez les drivers lors de cette dernière décennie. Après « JMB »,  qui aura été le premier à le détrôner de son piédestal, est en effet arrivée une nouvelle vague, emmenée par les Nivard, Raffin, Abrivard, Martens, Locqueneux, et consorts. Le pilote belge était donc cantonné à se morfondre, voire à se poser des sérieuses questions sur la suite à donner à sa carrière...
Philippe Allaire lui avait redonné, l'été dernier, le goût du succès avec ses bons 2 ans, Atlas de Joudes et Axelle Dark. Richard Westerink a fait le pas suivant. Après avoir gagné treize courses au sulky du cheval de sa vie puis ensuite couru à douze reprises sans réussir à s'imposer, le professionnel hollandais s'est en effet rendu à l'évidence. La marge de manœuvre de Timoko n'étant plus aussi insolente qu'elle ne l'était à 3 et 4 ans, à plus forte raison avec un cheval tombé malade à l'automne 2011, il lui fallait passer la main. Au plus haut niveau de compétition, l'expérience des grandes épreuves, la tactique, mais aussi le poids (Richard est un puissant gaillard tout en rondeur) sont capables de faire la différence.

Richard a donc passé la main à Jos, avec lequel il a la connivence de la langue mais aussi le sens de la fête. Dès le Prix de France (3e) et leur première association, Timoko avait refait une valeur que l'on n'avait pas vu depuis longtemps, en terminant (bien) tout près de Ready Cash et de Royal Dream. En descendant de sulky, Jos n'avait d'ailleurs pas caché qu'il aurait peut-être réussi à  l'emporter, s'il n'avait pas laissé passer Royal Dream dans la descente, pour se mettre dans son dos. Ce jour-là, le driver avait déjà tout compris de Timoko...

Il n'en reste pas moins que Jos n'avait pas mené la course de sa vie, la fois suivante, dans le Prix de Paris. Depuis, à Cagnes-sur-Mer et Enghien, il ne s'est pas loupé. Et, à la manière, dont Timoko a redonné un coup de reins, samedi, on se dit que le cheval est capable de gagner, dans cinq semaines, l'Elitlopp, la course que Richard rêve de gagner et que Jos déteste... pour le moment !

 

Les extrêmes de Longchamp

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Il y avait beaucoup de monde, ce dimanche à Longchamp, pour profiter du soleil revenu et de l'opération « les Dimanche au Galop ». Voilà qui fait plaisir quand on constate combien il est triste d'aller aux courses, en semaine, devant un public quasi inexistant. La revue d'effectifs, en vue des Poules d'Essai, n'a pas été tout à fait conforme aux prévisions. Explications.

La piste était très souple, tout d'abord, et dans ces conditions tous les jockeys s'étant retrouvés en tête ont pris le soin d'aller doucement pour ne pas griller les ailes de leurs chevaux, à la seule exception du réclamer du jour (le Prix de la Défense, couru sur 1 400 mètres et remporté par la Fabre, Golbahar).

Les deux favoris des Prix de la Grotte et  de Fontainebleau, Tasaday et Morandi (respectivement à 1,90 et 1,70) n'ont pas démérité, en conservant de justesse  une deuxième place mais ont laissé leurs fans (et sans doute leur entraîneur respectif) un peu sur leur faim. Certes, ils effectuaient tous les deux leur rentrée mais ils n'ont pas donné le coup de reins faisant la différence, quand les attaques se sont précisées. Comme tous les deux avaient déjà fait leurs preuves sur une piste très souple, l'explication de l'état du terrain (très souple là aussi) ne peut être évoqué. Il reste à espérer qu'ils aient juste manqué d'un peu de préparation. André Fabre et Jean-Claude Rouget disposent encore de quatre semaines pour les amener à 100%.

Les deux provinciaux Kenhope et Gengis en ont profité pour s'imposer de plaisante manière, en fournissant un superbe changement de vitesse dans les 200 derniers mètres. La pouliche entraînée en Anjou par Henri-Alex Pantall avait pour elle l'avantage d'avoir effectué une rentrée victorieuse à Saint-Cloud il y a deux semaines, mais aurait pu très bien coincer pour finir, ayant beaucoup tiré dans le parcours et s'étant retrouvée à flanc de peloton à l'entrée de la ligne droite. Il n'en a rien été : une fois bien équilibrée et quand Thierry Jarnet a sorti la cravache, Kenhope a jailli, offrant un premier Groupe II de la saison à  Guy Pariente. Ce dernier est également le naisseur de Style Vendôme, le gagnant du récent Prix Djébel , étant d'ores et déjà assuré de vivre de grandes émotions classiques durant ce printemps.

Gengis a fait encore mieux, en venant du dernier rang (à l'entrée de la ligne droite) pour s'imposer comme à la parade aux abords du poteau, sans donner l'impression d'avoir eu à forcer son talent. Pour son premier essai dans une course de Groupe et en battant Morandi à la régulière, le rentrant du deauvillais Georges Doleuze a grimpé de plusieurs rangs dans l'estime des échellistes mais aussi dans le cœur des turfistes qui aiment les belles histoires. Gengis a en effet coûté, yearling, 23 000 euros, aux ventes d'octobre 2011 à Deauville, étant alors adjugé au courtier Marc Antoine Berghgracht (MAB Agency). C'était « cadeau » pour ce poulain bien né, neveu d'Ashkalani. Un Ashkalani vainqueur d'ailleurs du Prix de Fontainebleau avant de remporter ensuite la Poule d'Essai des Poulains et quelques mois plus tard le Prix du Moulin de Longchamp. Gengis sait quelles voies suivre...

A titre de comparaison, le même courtier MAB avait eu le dernier mot, lors de ces mêmes ventes, pour le frère de Silver Frost, Spiritjim, à ...310 000 euros.  Deux bonnes heures avant le succès de Gengis, ce Spiritjim a d'ailleurs débuté dans le Prix Juigné, réservé à des inédits de 3 ans, qu'il a remporté avec de la marge. Mais si le fils de Galiléo a montré qu'il avait l'étoffe d'un bon poulain, il a aussi fait preuve de manières, en biaisant sérieusement dans les 200 derniers mètres, Christophe Soumillon devant le remettre dans le droit chemin en changeant de main sa cravache. Ironie du sort, le jockey et Pascal Bary, l'entraîneur, ont vécu exactement le même scénario  dans le Prix de Chaillot, avec l'inédite Venteuse, tout aussi plaisante pour ses débuts que le mâle mais tout aussi sur « l'œil » et un peu coquine. En tout cas, si Spiritjim et Venteuse gardent un bon souvenir de ces débuts victorieux  et apprennent à aller « droit », ils deviendront -à coup sûr- des vainqueurs de Groupe dans les semaines à venir.

 

 


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