Lundi, 22 Octobre 2012 20:56
Je suis né en 1955, année où Ribot remporte son premier Prix de l'Arc de Triomphe à l'âge de 3 ans. Un an plus tard, le champion de Frederico Tesio réalise le doublé d'Arc, ponctuant sa carrière invaincu en seize sorties. A mes yeux, Frankel a rejoint ce samedi au Panthéon hippique son glorieux aîné, écrasant l'adversité trois années hippiques durant, en quatorze sorties dont les neuf dernières dans des Groupe 1. Malheureusement, tout comme Ribot, je n'ai pas eu la chance de le voir en chair et en os, faute d'être allé en Angleterre.
Je me dis que je suis un imbécile, ne sachant pas profiter des choses de la vie (trop de travail, la bonne excuse). Je n'ai pas su, surtout, me donner les moyens d'aller voir l'un des chevaux du siècle. Avec ma carte de presse, samedi, j'aurais trouvé une place à Ascot et sans doute vécu l'un des plus beaux moments de ma vie de sporstsman. Déjà, rien qu'à voir les Champion Stakes devant Equidia, j'avais les chevaux droit debout sur la tête, Cirrus des Aigles ayant été un adversaire à la mesure de l'immense talent de Frankel. Alors, si j'avais été « in situ », j'aurais pleuré de chaudes larmes, à coup sûr. Quel gâchis d'avoir loupé un tel moment d'émotion et de sport, ces deux moteurs de ma passion hippique.
Frankel fera donc partie de mes regrets éternels tant j'ai aimé ses démonstrations hippiques, notamment ses envolées dans les 2 000 Guinées, les Queen Elizabetk Stakes 2011, les International Stakes à York pour ses débuts sur 2 080 mètres l'été dernier et ses adieux victorieux de samedi. Voir un cheval venir au « canter » dans des Groupe 1 sur des adversaires déjà à fond, sans jamais donner l'impression d'avoir à puiser dans ses réserves (excepté dans les St James's Palace Stakes où il était parti de trop loin), je n'ai jamais vu cela. Samedi encore, sur un terrain impropre à son équilibre et à son action -contrairement à Cirrus des Aigles-, Tom Queally et Frankel sont venus aux bras, à 300 mètres du poteau, fondre sur notre héros français. Et un seul coup de cravache a suffi pour que le phénomène se détache immédiatement de deux longueurs.
J'aime aussi Frankel pour sa casaque, celle du Prince Abdullah, à mes yeux la plus performante au monde, depuis près de trente années. La régularité des performances des élèves de Juddmonte au plus haut niveau (près de cent vainqueurs différents de Groupe 1 !), la simplicité et la discrétion du Prince, l'efficacité de ses équipes, la fidélité à ses entraîneurs m'inspirent autant de respect que d'admiration. Frankel illustre la politique maison. L'achat de son arrière grand-mère sur le marché américain, croisée avec Rainbow Quest, l'étalon « maison » vainqueur de l'Arc 1985, donnera naissance à Rainbow Lake, déjà entraînée par Henry Cécil, et gagnante de Groupe 3.
J'admire tout autant la carrière de Henry Cécil, son charisme, son côté si british et décalé, son combat face à la maladie exposé sur la place publique et assumé là aussi avec cran. Henry Cécil a été à l'image de son champion : exemplaire dans le comportement et auteur d'un sans-faute. Heureux d'avoir touché un tel cheval, il l'a sublimé, lui concoctant le plus beau des parcours, le faisant durer, tout en prenant aussi des risques, en l'allongeant de distance. Le seul qu'il n'aura pas osé, c'est de venir courir le Prix de l'Arc de Triomphe, sur 2 400 mètres. Cela dit, pour toutes les raisons évoquées plus haut, on le comprend bien volontiers.
J'aime aussi Frankel pour la passion que les britanniques portent au sport du turf où ils combinent plaisir du jeu, dévotion pour le cheval et goût pour la fête. Frankel est un don du ciel qu'ils méritent.
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Lundi, 15 Octobre 2012 11:15
Evidemment, la grande nouvelle de cette mi-octobre, c'est le retour imminent de Jean-Michel Bazire au sulky. Peu importe qu'il fasse sa rentrée dans une semaine ou deux, voire dans un mois, l'essentiel est ailleurs. Le professionnel au palmarès exceptionnel, tant chez les pilotes (4 622 succès pour l'instant, en France comme à l'étranger) que chez les entraîneurs (2030), a retrouvé en effet sa raison d'être et de vivre, à savoir la possibilité de driver et d'entraîner ses chevaux.
Cet objectif, qui ne l'a pas quitté un seul instant dans les heures qui ont suivi son sérieux accident vasculaire cérébral du 15 juillet, a été sa béquille, son ressort, son moyen d'aller rechercher au plus profond de lui-même l'énergie nécessaire pour se rétablir à une vitesse époustouflante, ayant stupéfait tout le personnel médical ainsi que ses proches. Entre quelques moments de doute, d'angoisse sur son avenir et le principe de réalité (paralysé un moment, dans l'incapacité de parler et la mémoire affectée), « JMB » a surtout fait preuve d'une volonté exceptionnelle pour remonter la pente, réapprendre tout ce qu'il avait perdu en une fraction de seconde, redevenir un homme en pleine possession de ses moyens. Une vie au ralenti aurait ressemblé à une petite mort, à ses yeux. Dès lors, JMB vient de remporter son plus beau combat. On s'en réjouit, sincèrement et une fois de plus, « JMB » nous a bluffé.
Nos jockeys de galop placent également la barre très-haut en ce moment. On pense notamment à Gérald Mossé, qui en l'espace de trois semaines, vient de gagner quatre Groupe 1. Siyouma, après les Sun Chariot Stakes du 29 septembre à Newmarket, s'est en effet imposée à Woodbine ce dimanche dans les EP Taylor Stakes. Et entre temps, Gérald a également mené au succès Wizz Kid à Longchamp le jour de l'Arc dans le Prix de l'Abbaye de Longchamp et samedi dernier à Newmarket, le 2 ans Reckless Abandon, dans les Middle Park Stakes. Phénoménal. A 45 ans (l'âge également de Thierry Jarnet), Gérald réussit une fin de saison d'exception, montrant bien que le poids des ans n'a guère de prise sur les grands jockeys, à partir du moment où ils conservent intacte leur passion, l'envie de vaincre à la clé. Le voilà maintenant titulaire de 78 victoires de Groupe 1, ce qui en fait le jockey français le plus titré en activité, juste derrière Olivier Peslier. Chapeau Gérald ! Dans le même ordre d'idées, Stéphane Pasquier a gagné, samedi, le Gran Critérium d'Italie, à Milan, en selle sur un 2 ans de Richard Hannon, Law Enforcement.
Au moment même où Ioritz Mendizabal est déjà parti pour le Japon et ses grandes joutes de l'automne, on ne peut que se féliciter de l'engouement dont font preuve nos jockeys français, du plus jeune d'entre eux tous Mikaël Barzalona aux plus anciens, Gérald Mossé et Thierry Jarnet, toujours présents au sommet de l'affiche comme on vient de le voir.
Lundi, 08 Octobre 2012 09:42
J'ai assisté à une bonne vingtaine d'Arcs en direct et en ai vu une vingtaine d'autres, au moins à la télévision ou en vidéo. Je ne me souviens pas d'avoir assisté à un scénario comme celui auquel on a assisté, ce dimanche 7 octobre 2012. A savoir qu'un cheval, semblant à priori irrémédiablement battu à 250 mètres de l'arrivée par un concurrent venant de l'avaler tout « cru », parvienne à inverser la tendance et à revenir s'imposer sur le poteau. Solémia a réalisé cet exploit dimanche, du fait d'un terrain lourd qu'elle adore et surtout par la grâce d'Olivier Peslier. La gagnante de l'Arc est une fille de Poliglote, le type même d'étalon basé en France, pourtant issu de naissance royale (fils de Sadler's Wells et de Brooklyn's Dance) mais cantonné trop hâtivement, lui comme bien d'autres, dans le clan des étalons d'obstacle. Installé au haras d'Etreham, Poliglote a eu beau produire des Irish Wells (GP de Deauville, 5e de l'Arc 2006), Hello Sunday et quelques autres bons chevaux de plat, on a préféré le cataloguer très vite comme cheval de premier plan pour faire des gagnants à Auteuil (Kiko, Berryville, Saint du Chênet, Nikita du Berlais, Tanaïs du Chênet, etc... ). Heureusement, les Wertheimer lui ont lui réservé quelques juments chaque année, issues de leurs meilleures souche, dont celle de Green Valley, l'arrière-grand-mère de Solémia.
On dit que l'Arc est souvent une course de jockey. On l'a vu encore ce dimanche. Olivier Peslier est en effet l'artisan du succès de Solémia, pour lui avoir donné un parcours aux petits oignons, profitant de son bon numéro de corde (le 6) pour aller se caler le long du rail, se faufiler à partir de la fausse ligne droite en évitant le moindre coup de frein pour passer les deux leaders d'Aïdan O'Brien, s'assurer le meilleur à 400 mètres du poteau en se disant qu'une bonne place était envisageable, puis ce coup de génie à 250 mètres... En un quart de seconde, Olivier a en effet compris qu'Orfevre et Christophe Soumillon qui venaient de les « enrhumer » cent mètres plus tôt, étaient en situation délicate et viraient dans le rouge. Immédiatement, alors qu'il avait encore très peu utilisé sa cravache, Olivier Peslier a cru qu'il serait possible d'aller rechercher le fuyard, que la victoire était encore envisageable et avec Solemia, ils sont allés la chercher. Du très grand art car Olivier Peslier a ce mélange de finesse, de décontraction et de hargne bien cachée.
Evidemment, Carlos Laffon-Parias est, également, pour beaucoup dans la victoire de la 4 ans des frères Wertheimer, écurie décidemment heureuse avec les juments de cet âge dans l'Arc, pour l'avoir déjà emporté avec Ivanjica et Gold River. Ce « seigneur » espagnol, toujours tiré à quatre épingles et au propos précis, perpétue donc la lignée des Head dans l'Arc, puisqu'il est le gendre de Criquette... Carlos présentait seulement son 4e partant dans l'Arc avec Solémia, après en avoir eu un premier, très peu de temps après s'être installé, dès 1993 avec Dariyoun (11e). Entraîneur très habile, aussi adroit pour courir des épreuves à réclamer avec des chevaux limités que des handicaps tiercé mais encore des courses de sélection, Carlos avait gagné son premier Groupe 1, en 1998 avec Spadoun, lauréat du Critérium de Saint-Cloud, doublant la mise l'année suivante avec Goldamix, justement pour la casaque des frères Wertheimer. Dès lors son écurie avait continuer de grimper les échelons jusqu'à un passage à vide entre 2007 et 2010. Revenu au premier plan l'an dernier, Carlos Laffon-Parias a connu un dimanche 7 octobre exceptionnel puisque sur ses quatre partants du jour, il a sellé deux vainqueurs de Groupe 1 (Solemia et Silasol), également la seconde du Prix Marcel Boussac (Topaze Blanche) et le quatrième du Grand Critérium (Snowday).
Il manquait encore à l'altier entraîneur ibérique un TRES GRAND GROUPE 1. C'est désormais chose faite. Et bien mérité.
Lundi, 01 Octobre 2012 11:10
Dimanche, on s'est régalé à Vincennes et Solvalla, avec le Prix des Elites et une première Finale du Masters qui a tenu toutes ses promesses. En attendant les émotions du futur weekend du Prix de l'Arc de Triomphe, ce mois de septembre s'est conclu au trot, en beauté.
558 500 euros de gains ! C'est ce que compte Vanishing Point à son compte en banque, en seulement dix mois de compétition. Jamais un trotteur monté de 3 ans n'a gagné autant d'argent en un laps de temps aussi court. Certes, c'est moins que Vanika du Ruel (637 960 euros actuellement) mais le mâle a couru à onze reprises (dont neuf sous la selle), soit quatre sorties de moins que la fille de Jardy.
En commun, le mâle et la pouliche comptent désormais trois Groupe 1 à leur palmarès respectif. L'un et l'autre ont d'ailleurs construit leur succès dans le Prix des Elites et de l'Etoile de la même manière : dans le premier quart du parcours. Le 15 septembre, Vanika du Ruel était descendue sur le pied d'1'07''7 des 2 000 au 1 500 mètres. Ce dimanche, Vanishing Point a été encore un peu plus vite sur cette même portion (1'07''4), preuve que les très bons trotteurs montés peuvent maintenant soutenir la comparaison, en terme de vitesse, sur un départ volté face à leurs collègues attelés. A de telles allures, la mission est impossible pour les ainés, car au poteau des 1 500 mètres, ils n'ont encore rien refait de leur handicap initial de 50 mètres.
Par contre, si Vanika du Ruel a continué de mettre la pression dans la portion 1 500/1 000 (1'08''9) pour ensuite décélérer (1'13''3, 1'15''2 les deux derniers 500 mètres), Vanishing Point a fait le contraire. Après une temporisation entre les 1 500 et le poteau des 500 (1'15''5), le fils de Ludo de Castelle en a remis une sérieuse couche pour finir, bouclant ses 500 derniers mètres sur le pied d'1'11''6. Dans les deux cas, on a vu de vrais champions, Sébastien Guarato s'offrant le luxe de réaliser un jumelé gagnant dans ce Prix des Elites, avec Vipsie Griff. Les deux 3 ans de l'entraîneur ornais a gagné 777 000 euros, depuis ce début d'année 2012. Voilà qui laisse rêveur. Quant aux dirigeants du Cheval Français, ils devront se repencher sur les conditions des Prix des Elites et de l'Etoile, de la même manière qu'ils l'ont fait pour les Prix des Centaures et de Sélection. SI la distance n'est pas allongée à 2 700 mètres, plus aucun cheval d'âge n'aura intérêt à se lancer dans l'aventure, à moins de vouloir battre son chrono (Taïga du Rib a trotté dimanche sur le pied d'1'11''7, pour terminer 3e) .
Plutôt que d'être présent à Vincennes et de recevoir deux Trophées récompensant ses succès de Groupe 1 acquis l'hiver dernier avec Unique Quick (Critérium des 3 ans, Prix de Sélection) et Tango Quick (Prix de l'Ile de France), Philippe Delon était présent à Solvalla, ce dimanche, pour assister à la Finale du Masters et à la prestation de sa représentante, Save The Quick. On le comprend. Pour un propriétaire, ce qui importe c'est la course à venir et non pas les succès du passé, les plus prestigieux soient-ils. L'animateur de l'écurie Quick Star n'a pas eu à regretter son voyage, connaissant des émotions à nul autre pareil, puisque son élève a échoué, du plus court des nez, pour la victoire face à Sebastian K., le récent tombeur de Commander Crowe. A 6 ans, cette fille de Jasmin de Flore, qui avait remporté son premier Groupe 1, il y a un an sous la selle dans le Prix de Normandie, n'a jamais été aussi bonne, à l'attelé et montre qu'il faudra compter sur elle lors des plus grandes joutes de l'hiver prochain. C'est elle, la révélation de cet été et de ce début d'automne au trot. A l'inverse, la prestation de Timoko dans cette Finale du Masters est inquiétante. Le champion de Richard Westerink, auquel je voue une admiration sans borne, a perdu de sa flamme et manifestement le goût de se battre, à plus forte raison quand il est contraint de trotter à plusieurs épaisseurs à l'extérieur, comme ces deux dernières fois (Prix de l'Etoile, Finale du Masters) . Espérons qu'il reviendra au mieux, un jour prochain, mais ce n'est pas gagné. En tout cas, cette Finale du Masters aura fait taire les grincheux et sceptiques, quant à sa qualité. Elle a été en effet de toute beauté, proposant une ligne droite d'anthologie et revenant, dans un dernier coup de reins, à Sebastian K. , arrivé au sommet de sa forme pour le jour « J ».
Les Masters Séries du Trot sont bien partis pour s'imposer dans la durée, permettant aux meilleurs trotteurs européens de s'étalonner les uns par rapport aux autres à longueur d'année, et de se rencontrer, une fois l'an, dans une Grande Finale, positionnée à une autre date que celle du Prix d'Amérique. Que demander de mieux ?
Lundi, 24 Septembre 2012 10:05
Les spéculations vont bon train, depuis le début de la semaine dernière, pour savoir si Saonois disputera, oui ou non, l'Arc sous la casaque de son propriétaire de « base », à savoir le boulanger, Pascal Treyve associé 50/50 avec Jean-Pierre Gauvin, son entraîneur.
Evidemment, je rêve que ce soit le cas. Car si le 3 ans élevé dans l'Orne, à Nonant-le-Pin sur un terroir menacé par l'implantation d'une immense décharge, entraîné dans la Loire par un professionnel atypique, et appartenant à un « petit » propriétaire passionné, comme on en voit de moins en moins dans le galop, venait à gagner, il y aurait de quoi noircir des pages et des pages, tourner des minutes et des minutes d'images et populariser les courses de pur-sang, qui en ont bien besoin. A l'inverse, s'il venait à courir l'Arc sous la casaque d'un nouveau propriétaire, par nature très riche pour s'offrir un vainqueur potentiel de la plus belle course au monde, la fin de l'histoire n'aurait pas la même saveur.
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, évidemment, et je me garderais bien de donner quelconques conseils à ses propriétaires actuels. Si Pascal Treyve a des chevaux, depuis des années, c'est pour son plaisir, celui de les voir courir, partager des émotions ainsi que du rêve. Jean-Pierre Gauvin est sensiblement dans un autre registre que son ami boulanger. Pour lui, les chevaux, c'est certes une passion chevillée au corps depuis qu'il est tout gosse, mais aussi (sans faire de mauvais jeux de mots)... son gagne-pain. Il faut que son écurie tourne, il faut payer le personnel et assumer les (nombreux) investissements qu'il a tenus à faire, surtout au niveau des pistes. En effet, tout entraîneur, de trot comme de galop, vous le dira : la qualité des pistes a un rôle primordial sur le résultat final et de ce côté-là, Jean-Pierre Gauvin n'a pas fait les choses à moitié.
Pour les deux associés, vendre ou ne pas vendre n'a donc pas la même signification, ni les mêmes répercussions. Par nature, un propriétaire investit dans un cheval de courses pour s'évader de son quotidien, vivre une aventure dont il ne sait - au départ- si elle sera belle, cahotique, catastrophique, etc.... Il rêve secrètement de toucher un jour un bon cheval, capable de gagner de grandes courses, et... cerise sur le gâteau... de voir sa casaque être au départ de l'Arc... Pascal Treyve est en passe de réaliser ce rêve incroyable.
Mais, parallèlement, les sirènes se font de plus en plus pressantes, car pour quelques richissimes propriétaires dont la valeur de l'argent est sans aucun rapport avec celle de Pascal Treyve ou de Jean-Pierre Gauvin, un prospect-winner de l'Arc n'a pas de prix.
Jean-Pierre Gauvin sait, par contre, qu'avec un cheval, tout peut s'effondrer du jour au lendemain, pour cause de blessure, d'accident, de mauvaise colique, etc... L' « actif » que représente un champion pur-sang est aléatoire, défie toutes les lois des bourses du monde et des meilleurs traders. Saonois vaut aujourd'hui très cher car il respire la santé, vient de se promener dans le Prix Niel, peut décrocher le dimanche 7 octobre la palme et ses 2,3 millions d'euros, sans parler de sa plus-value en terme génétique. Pour ne pas connaître ses limites actuelles, Saonois est donc « bankable ».
Le 7 octobre au soir, il le sera encore un peu plus ou beaucoup moins... Pour Jean-Pierre Gauvin, la raison serait, dès lors, de vendre tout ou partie de son champion. Mais ce passionné, n'ayant jamais exercé son métier pour gagner de l'argent si ce n'est d'en vivre décemment, a d'autres considérations aussi en tête : poursuivre l'aventure en gardant son cheval à la maison, protéger son jockey Antoine Hamelin, dont il n'a de cesse de relever les mérites et l'importance qu'il a eue dans l'ascension de Saonois, se dire que sa vie ne sera d'ores et déjà plus jamais comme avant et que cela lui suffit.
D'ici le vendredi 5 octobre, date de la déclaration définitive des partants, le feuilleton Saonois va donc continuer à m' intéresser. Et, au fond de moi-même, j'espère que Pascal Treyve et Jean-Pierre Gauvin, en bons représentants de cette région du Centre-Est, sauront faire de la résistance. C'est devenu tellement rare de nos jours.
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