Lundi, 11 Mars 2013 12:47
Sans faire de bruit, avec sa personnalité empreinte de simplicité et son franc-parler, Guy Chérel est bien parti pour être tête de liste cette année des entraîneurs d'obstacle. Sa réussite est d'autant plus impressionnante que le professionnel est un homme de cheval complet : éleveur, propriétaire, entraîneur public, mais aussi vendeur avisé. Guy Chérel reproduit, avec sa marque de fabrique, ce qu'il a vu et appris aux côtés de la famille Dubois, dont il est très proche. A savoir : développer une écurie de courses sur la base d'un élevage dûment sélectionné, veiller à son indépendance sans jamais refuser les (bons) clients et vendre quand l'occasion (et le bon prix) se présentent. En résumé, Guy Chérel, né en Bretagne comme Jean-Pierre Dubois avant de se fixer dans la Manche, s'est construit au fil des années une place au soleil dans l'univers du galop, dans le droit fil de son « maitre » et de ses fils, dans le monde du trot.
Je prends les paris dès à présent. Guy Chérel sera tête de liste des entraîneurs d'obstacles en 2013, et détrônera Guillaume Macaire, installé sur le trône depuis dix années, sans discontinuer. Pour le professionnel, installé à la fois sur Maisons-Laffitte et à Gavray au lieu-dit bien mal nommé, La Parquerie au Rat, devenir numéro Un de la profession ne représente, en aucun cas, une fin en soi. Guy Chérel préfère, aux honneurs, la bonne santé financière de son entreprise qu'il ne cesse de développer, moyennant des investissements conséquents.
Au 10 mars, l'écurie Chérel a déjà remporté en compétition 1,13 millions d'euros, soit plus du double que son poursuivant immédiat, Jacques Ortet et 860 000 euros de plus que Guillaume Macaire. Voilà une avance pour le moins substantielle pour celui qui a également détrôné, l'hiver dernier, le « roi » Ortet sur ses terres paloises... Guy Chérel avait délégué en Béarn -il est vrai- un effectif pour le moins conséquent, avec 62 chevaux différents ayant couru pour 29 victoires et une moisson globale de 940 000 euros.
Sur la forme et la lancée de Pau, où le professionnel y délègue des spécialistes mais en profite surtout pour parfaire l'éducation de jeunes chevaux estimés, Guy Chérel réalise un début de saison à Auteuil tonitruant. Le jour de la réouverture dominicale de la Butte Mortemart, les dix « Chérel » partants ont décroché huit places (2e,3e et 4e) pour deux tombés. Ce dimanche 10 mars, la barre a été placée encore bien plus haut. Sur quinze partants, l'entraîneur a sellé trois vainqueurs, trois 2e, un 3e, deux 4e et deux 5e, pour un total de gains de 195 155 euros, avec à la clé le jumelé gagnant de la belle épreuve du jour dans le Prix Duc d'Anjou (Laskaline/Chardonnay). A noter que le second, Chardonnay, déjà vainqueur à Pau cet hiver, a été élevé par ses soins, tout comme Roi Ken, Ballinstown, Puissancequatre, Suzerain, Lord of Rings, autres « Chérel » également vainqueurs cette saison. Ce très bon début de saison confirme d'ailleurs la seconde place obtenue en 2012 par le professionnel au palmarès des éleveurs, avec 141 756 euros de primes, à un « nez » du haras de Saint Voir...
PS : en 2012, plat et obstacles confondus, l'écart entre Guillaume Macaire et Guy Chérel avait été de 400 000 euros, sachant que le premier cité avait couru 220 chevaux différents contre 169 pour le second. Soit un ratio gains/cheval de 26 000 euros pour le premier cité et de 31 000 euros pour son collègue.
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Lundi, 04 Mars 2013 10:55
On a vécu un superbe meeting d'hiver à Vincennes durant quatre mois, avec des arrivées splendides (Prix de France, de Paris), des champions qui ont répété leurs valeurs, des luttes acharnées pour certains podiums et un minimum d'incidents côté jugement des allures. Malgré cela, le bilan présenté par LeTROT est à la baisse : -0,8% sur le plan des enjeux, près de -10% côté PMH, -15% sur le plan de la fréquentation de l'hippodrome. Mais que faut-il faire pour ramener du monde aux courses ? Retrouver de la passion et de l'envie. Malheureusement, on a l'impression que le sport hippique ne suscite plus cette montée d'adrénaline et d'intérêt, d'une année sur l'autre, d'un meeting à l'autre.
Cet hiver, à l'exception du jour du Prix d'Amérique, il n'y avait pas grand monde à Vincennes, y compris les dimanches avec un Groupe I à l'affiche. Comme on se retrouve en comité plus restreint et que chacun a ses habitudes sur un hippodrome qui est tout de même vaste, on a une impression de vide. L'assistance est en effet dispersée entre les turfistes du grand hall, faisant le va et vient entre les tribunes et l'intérieur, les personnes qui ne bougent pas du 2e et du 3 étage, celles qui ont accès à l'enceinte des balances, voire des écuries... Autant de lieux de vie, aussi dispersés et peu fréquentés, c'est désespérant, surtout quand on sait qu'en terme de promotion, il a été fait tout ce qu'il fallait pour amener du monde sur le champ de courses : entrées gratuites, animations pour les enfants, visites des coulisses, etc... Dans une France qui, actuellement, se replie sur elle-même et a peur de l'avenir, on sent bien que les courses sont à la peine, comme beaucoup d'autres produits de loisirs. C'est tellement dommage de voir de grands spectacles comme on en a vu cet hiver se donner en petits comités pour initiés, même si on peut toujours se consoler en se disant que nos courses passent à la télé...
Cet hiver, à mes yeux, plusieurs professionnels ont crevé l'écran, par leurs chevaux interposés. Je pense en particulier à Thierry Duvaldestin, Louis Baudron, évidemment à Jean-Philippe Dubois, mais aussi à JMB.
Le premier a gagné 31 courses et réalisé son meilleur meeting, remportant 31 courses avec pas moins de seize chevaux différents. Malgré le fait que son Ready Cash n'ait pas gagné son troisième Prix d'Amérique, les « Duval » ont ainsi remporté 2,16 millions d'euros en quatre mois, ce qui est remarquable. C'est dire la précision du professionnel ornais, vainqueur de trois Groupe I cet hiver tout comme son jeune voisin, Louis Baudron, autre vedette du meeting avec lui aussi trois Groupe I à son actif (deux remportés par Singalo, l'un par Village Mystic). Le petit-fils de Roger Baudron et de Jean-Pierre Dubois est entré cet hiver dans la cour des grands, faisant preuve d'une précision et d'un savoir-faire avec ses bons chevaux, signature du grand entraîneur qu'il est déjà, à seulement 26 ans. Jean-Philippe Dubois aura fait feu, lui aussi, de tout bois (le jeu de mot est facile) en devenant le premier propriétaire dont les produits auront gagné plus de 2 millions d'euros, en l'espace de seulement quatre mois et à Vincennes. Lui aussi a gagné trois Groupe I lors de ce meeting, tandis que son fils Julien, gagnant de vingt courses à l'attelé, soit 14 de plus que l'an dernier, ne cesse lui aussi e progresser. Et que dire de JMB ? A peine remis de son AVC de juillet, ayant effectué son retour en piste seulement vers la mi-octobre, le driver a fait très fort, en mettant la barre presqu'aussi haute que les années passées, réussissant à gagner pas moins de 68 courses mais aussi réalisant un très bon meeting avec ses pensionnaires (1,6 million d'euros). C'est tout simplement impressionnant et suscite le plus grand des respects.
Enfin, on ne peut passer sous silence que les ONZE Groupe I de ce meeting d'hiver ont tous été remportés par des entraîneurs installés dans l'Orne (Thierry Duvaldestin, Louis Baudron, Jean-Philippe Dubois, Fabrice Souloy et Franck Anne), dont neuf par des chevaux nés et élevés dans ce département (Royal Dream, Singalo, Un Mec d'Héripré, Vanika du Ruel, Village Mystic, Vision Intense et Avila). Là aussi, c'est du domaine du jamais vu. Vive l'ORNE et continuons le combat contre l'implantation de la centrale de déchets de GDE !
Lundi, 25 Février 2013 13:32
Dimanche, Ready Cash a accroché un nouveau chef d'œuvre à sa panoplie déjà bien remplie de tableaux classiques. En remportant le Grand Prix de Paris sur la distance de 4 150 mètres, le champion a prouvé non seulement qu'il tenait la distance mais que sa pointe de vitesse n'était en rien émoussée au terme d'un si long parcours. Il ne lui reste plus qu'un unique défi à relever : s'imposer sur le mile dans un Groupe I. C'est une tâche largement à sa portée tant la vitesse de base du fils d'Indy de Vive est phénoménale.
Le propre d'un champion est d'avoir, en toutes circonstances, une capacité d'accélération supérieure à ses adversaires, lui permettant de s'adapter aux différentes stratégies de course. Cet hiver, Ready Cash a montré l'étendue de sa palette.
1/Dans le Prix du Bourbonnais, où il effectuait sa rentrée, il a très vite refait son handicap de 25 mètres, plongeant dans la roue de Qwerty, jusqu'à l'entrée de la ligne droite, où il a passé la surmultipliée, s'imposant très aisément.
2/Dans le Prix de Bourgogne, sur 2 100 mètres autostart, il s'est imposé presque de bout en bout, acceptant un seul relais (celui de Main Wise As) avant de reprendre la tête à 1000 mètres du poteau d'arrivée. Ce jour-là, le cheval a fait preuve de courage dans la ligne droite, pour repousser l'attaque de Royal Dream, montrant aussi qu'il n'aimait pas prendre la tête trop tôt.
3/Dans le Grand Prix d'Amérique, il a tenté de gagner par K.-O dans le dernier tournant, mettant à terre tous ses adversaires, à la seule exception de Royal Dream le seul à être capable de s'accrocher à ses basques, puis de se faire aspirer... avant de ressortir de son dos, à la manière d'un sprinter pour battre le champion, parti de trop loin. Ce jour-là, c'est Franck Nivard qui s'est battu tout seul, à plus forte raison face à un Jean-Philippe Dubois ayant mené la course de sa vie. Ajoutez à cela que Royal Dream courait déferré pour la première fois des quatre pieds face à un adversaire encore chaussé des postérieurs mais cependant allégé des antérieurs (d'où ses petits problèmes d'allures en fin de parcours). Enfin, Ready Cash n'était peut-être pas encore à 100% de sa condition physique ce dernier dimanche de janvier, contrairement à 2011 et 2012, Thierry Duvaldestin ayant en tête de relever le challenge de la Triple Couronne.
4 et 5/ Dans les Grands Prix de France et de Paris, Ready Cash et son driver ont opté pour une toute autre tactique : faire le mort le plus longtemps possible, en attendant seulement la sortie du dernier tournant, pour mettre le « clignotant ». On a vu alors le «meilleur » du cheval : à savoir une pointe de vitesse sur 200/250 mètres irrésistible, illustrant au mieux les propos toujours tenus par Philippe Allaire, à propos de son champion : « je n'ai jamais eu un cheval capable d'aller aussi vite sur un sprint ». A noter que cette pointe de vitesse est tout aussi dévastatrice que ce soit au bout d'un tour ou de deux tours de la Grande Piste de Vincennes. On remarquera aussi que Franck Nivard s'est fait, à ces deux occasions, ramener par un seul et même trotteur, Tiégo d'Etang, dont la seconde place (battu d'un rien) du Grand Prix de Paris ne ressemble en rien à une défaite, mais valorise son talent, bien au contraire.
Ready Cash est donc un champion archi-complet, si l'on pouvait encore en douter. En effet
- Il dure... étant au sommet de l'affiche depuis l'âge de 2 ans
- Il a gagné aussi bien corde à droite (Angers, Reims) que corde à gauche (Vincennes, Enghien, La Capelle, Le Croisé, Mauquenchy), mais aussi sur des distances allant de 2 000 à 4 150 mètres
- Il compte désormais neuf Groupe I à son palmarès (trois remportés à 3 ans, deux autres à 6 ans, deux à 7 ans et déjà deux cette saison).
- En prime, il produit, occupant là aussi la première place, dès sa première année de production chez les « A », au palmarès des étalons
- Il semble meilleur que jamais, comme s'il était transcendé par la compétition, avec un moral de poulain mais l'expérience en plus...
N'ayant couru qu'une seule fois sur le mile (l'été dernier à Cagnes-sur-Mer où il avait dû subir la loi de Commander Crowe), il ne reste plus qu'à Ready Cash de s'imposer sur cette distance mythique. Je suis persuadé que ce sera chose faite (et bien faite) dans les mois à venir.
PS : le Grand Prix de Paris permet à Thierry Duvaldestin d'occuper, alors qu'il reste encore deux réunions à disputer d'ici la fin de ce meeting, la première place du palmarès des entraîneurs avec 2,089 millions devant Franck Leblanc (2,020) et Philippe Moulin (1,959).
Lundi, 18 Février 2013 13:55
Trois entraîneurs sont actuellement dans un mouchoir de poche pour le titre de meilleur professionnel du meeting d'hiver de Paris-Vincennes. Si le tandem Philippe Moulin/Jean-Philippe Dubois occupe encore la première place avec 1,96 million, sa marge de manœuvre reste en effet ténue face à Franck Leblanc (1,89 million) et Thierry Duvaldestin (1,87 million). Mais d'ores et déjà, c'est ce dernier qui a réalisé la meilleure opération, présentant un nombre de chevaux (35) nettement inférieur à Franck Leblanc (71) et aux hommes de l'écurie Victoria Dreams (48). Son ratio gains/cheval s'élève en effet à plus de 53 000 euros.
Au 17 février, l'entraîneur de la Ferté-Fresnel compte 30 victoires (son record précédent datait du meeting 2010/2011 avec 24 succès), acquis par seize pensionnaires différents, lauréats de huit courses de Groupe (dont deux Groupe I). Le compteur du driver affiche, pour sa part, 16 succès, la cerise sur le gâteau ayant été la victoire d'Avila, dimanche, dans le Critérium des Jeunes. Thierry Duvaldestin n'avait plus remporté de Groupe I au sulky depuis février 2009 quand Prince Gédé s'imposait dans le Prix de Paris. Or, si l'on en doutait encore, le driver est presqu'aussi doué que l'entraîneur... et un propriétaire également avisé, puisqu'il possède 50% de sa nouvelle jeune étoile, Avila.
Si elle n'est pas simple au départ (elle venait de « planter » son mentor dans le Prix Roquépine, ultime préparatoire au Critérium des Jeunes), Avila a réalisé une performance extraordinaire dans le premier Groupe I réservé à la génération. Après avoir perdu, sur faute, une quarantaine de mètres dans les premières battues, ni son driver, ni les turfistes, ni les observateurs les plus avisés ne pouvaient en effet imaginer qu'elle reviendrait disputer la victoire. Prenant son temps, rapprochant sa partenaire progressivement, alors qu' Akim du Cap Vert avait pris les opérations à son compte à un tour de l'arrivée, Thierry Duvaldestin s'est retrouvé en embuscade dans le dernier tournant, possédant encore des ressources. Et quand le driver a lancé la fille de Ready Cash à l'entrée de la ligne droite, tout à l'extérieur, on a cru revoir son père qui, une semaine plus tôt, était revenu chercher Royal Dream dans les ultimes battues du Grand Prix de France, en se mettant à plat ventre dans les 200 derniers mètres. Avila a fait de même, ce dimanche, imitant donc sur de nombreux points son auteur qui avait gagné ce Critérium des Jeunes... Pour Ready Cash, la consécration attendue a bien eu lieu, même si on l'attendait plutôt du côté d'Axelle Dark (distancée) ou d'Atlas de Joudes (5e après avoir eu un parcours en or). Si l'on en doutait encore, Ready Cash est un phénomène aussi bien en piste qu'au haras, à plus forte raison quand il croise sur sa route des professionnels de la trempe de Thierry Duvaldestin ou de Philippe Allaire, son premier mentor.
Achetée 52 000 euros aux ventes de yearling 2011, Avila n'est pas n'importe qui puisqu'elle a pour frères aînés deux gagnants classiques, à savoir Kinder Jet lauréat de ce même Critérium des Jeunes et aussi Quaro, double vainqueur de Critériums (3 et 4 ans). Repérée par Cyril Lelarge, spécialisé dans le pré-entraînement dans l'Orne et travaillant notamment pour Thierry Duvaldestin et Sébastien Guarato, Avila était donc une affaire à ce prix-là. Bien en a pris aux deux professionnels, associés sur cette pouliche qui n'a pas fini de faire parler d'elle.
Sa mère, Encombevineuse a d'ailleurs une drôle d'histoire puisqu'elle appartient en co-propriété à Serge Bernereau et Jean-Etienne Dubois. Plutôt que d'être à 50/50 sur tous les produits, les éleveurs ont préféré être à 100% propriétaire d'un produit sur deux, chaque associé choisissant en conséquence la saillie du produit à naître dont il serait le propriétaire. Ainsi, Kinder Jet relève de l'élevage de Jean-Etienne Dubois tandis que Quaro et Avila de celui de Serge Bernereau. Devant mettre bas cette année d'un produit de The Best Madrik (un futur Jet), Encombevineuse va d'ailleurs retourner cette saison à Ready Cash.
Lundi, 11 Février 2013 09:27
Le Grand Prix de France a offert une ligne droite d'anthologie, ce dimanche à Paris-Vincennes. Un final à vous coller le frisson et vous mettre les chevaux droit debout sur la tête. Ce qu'a fait Ready Cash en effet pour revenir chercher Royal Dream dans les 300 derniers mètres est tout simplement extraordinaire. Evidemment, le cheval est le premier artisan de ce succès auquel il faut associer le travail de tout son entourage, avec une mention particulière cette fois pour Franck Nivard, ayant retrouvé sa main froide en ce dimanche neigeux de février.
A voir le scénario de ce Grand Prix de France, on est obligé de reparler du dernier Grand Prix d'Amérique où Franck Nivard avait « dégainé » dès l'entrée du tournant, au terme d'une accélération déjà ébouriffante à laquelle, seul Royal Dream avait pu répondre, avec le résultat que l'on sait. Obligatoirement, l'entourage de Ready Cash pouvait nourrir quelques regrets, sachant le champion bien meilleur quand il peut venir sur les autres au dernier moment, d'autant qu'il n'avait pas été revu en piste depuis quatre semaines.
Ce dimanche 10 février 2013, Franck Nivard et son Ready Cash ont donc pris une double revanche sur Royal Dream, à la fois du fait d'un changement de tactique (attendre le plus longtemps possible), d'une montée en puissance du crack (probablement dans une meilleure condition physique qu'il y a quinze jours) et enfin de conditions équivalentes sur le plan de la ferrure (ce dimanche, Ready Cash et Royal Dream étaient tous les deux ferrés des antérieurs, contrairement au jour du Prix d'Amérique où le vainqueur s'est présenté pieds nus).
A ce propos, il est d'ailleurs intéressant de mettre en comparaison les chronométrages partiels des deux dernières éditions de ce Grand Prix de France, que Royal Dream a tenté, à chaque fois, de gagner de bout en bout. Dimanche, le fils de Love You a dévalé la descente sur le pied d'1'10''8 (contre 1'09''4 l'an passé), a ralenti ensuite le rythme du poteau des 1 500 à celui des 500 mètres (1'13''65) mais en allant légèrement plus vite que l'an passé (1'14''4 pour ce kilomètre) puis a effectué ses derniers 500 mètres sur le pied d'1'09/1'10 (contre 1'08''6 l'an dernier). Contrairement à l'an dernier où Ready Cash était déjà aux côtés de Royal Dream à l'entrée de la ligne droite avant de l'attaquer vainement, le premier cité a gagné ce dimanche en commençant son rapproché, juste à ce moment là. On a vu alors le fils de Ready Cash se mettre à plat ventre, refaisant ses trois bonnes longueurs de retard au terme d'une capacité d'accélération hors normes sur une distance de 200/300 mètres. Et que dire du sang froid de Franck Nivard, cette fois ? Ayant parfaitement analysé sa (probable) erreur d'il y a quinze jours, le driver n'a pas sauté dans la roue de Raja Mirchi quand celui-ci a mis en route le wagon de trois dans la montée. Il fallait oser et attendre... l'opportunité suivante, à savoir la progression de Tiégo d'Etang. En se mettant alors dans son sillage, Ready Cash a trouvé ainsi le meilleur des dos jusqu'à la sortie du dernier virage, même s'il s'est retrouvé en 4e épaisseur. On connaît la suite...
Des Grand Prix de France, on n'en voit pas tous les jours de ce niveau, sur le plan de l'émotion, du spectacle et de son final... Il faut aussi souligner la très belle performance de Timoko, parfaitement drivé par Jos Verbeeck qui a d'ailleurs respecté le cheval pour une « première » en sa compagnie ; mais aussi déploré l'incident provoqué par Maharajah peu après le départ, mettant hors course Triode de Fellière et par ricochets, Main Wise As. Comment expliquer qu'Orjan Kihlström n'ait pas eu la présence d'esprit de prendre la piste de dégagement, quand son cheval s'est mis à la faute ? Le top driver suédois ne s'est pas montré sous son meilleur jour cet hiver à Paris-Vincennes...
Certainement un peu déçus de ne pas avoir doublé la mise dans le Grand Prix de France, Jean-Philippe Dubois et son entourage se sont consolés trente minutes plus tard, ne connaissant pas la moindre émotion avec Vision Intense, impériale dans le Prix des Centaures. Ayant à nouveau attendu l'amorce du dernier kilomètre pour entamer sa progression, cette magnifique jument au cadre impressionnant a donné l'impression de se promener, ayant déjà la course à sa merci à l'entrée de la ligne droite, avec une Nathalie Henry sa partenaire, sûre de son fait. Vision Intense dégage une impression immense de facilité, évoluant sur une autre planète que tous ses adversaires. A mon sens, si elle ne connaît pas des ennuis de santé, cette fille de Prodigious est amenée à régner longtemps sur sa génération. Grâce à son succès, l'écurie Victoria Dreams frôle désormais le cap des 2 millions d'euros de gains, depuis le début de ce meeting d'hiver. Là aussi un niveau record du genre.
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