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Ils ont joué, ils ont perdu

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Samedi, Timoko s'est perdu dans ses allures à une centaine de mètres du poteau d'arrivée dans le Prix Henri Levesque dont il était le grandissime favori. Le lendemain, Dabirsim a connu sa première défaite d'une carrière de jeune surdoué, son jockey Christophe Soumillon ayant trop voulu finasser. Dans les deux cas, les champions ont mordu la poussière, du fait d'un excès de confiance. Retour sur deux défaites imprévisibles, corroborant le vieil adage qu'aux « courses, un cheval ne court jamais seul ».

« J'ai joué, j'ai perdu, et on ne peut pas toujours gagner ... » Ce qu'il y a de formidable avec Richard Westerink, le mentor de Timoko, c'est son franc-parler et sa capacité à ne rien cacher, ou presque, des forces et des faiblesses de son champion. Quand le cheval a été atteint de la maladie de Lyme au milieu de l'automne, il n'a ni minimisé les symptômes et ses craintes pour l'avenir, ni versé dans l'optimisme béat. Dans le même ordre d'idées, il n'a jamais caché que Timoko avait un seul défaut dans sa cuirasse : une douleur plus ou moins récurrente au niveau des articulations des pieds, nécessitant des soins (à savoir une infiltration) environ tous les trimestres. Timoko est suivi en conséquence, médicalement parlant. Ce qui a changé depuis le mois de février, c'est le transfert du cheval en Normandie, pour sa première saison de monte. Dès lors, ce n'est plus la même équipe qui le veille, les points de repère devenant différents. « Je trouvais le cheval tellement souple, au travail, que je me suis dit que nous pourrions attendre l'après Prix Henri Levesque pour l'infiltrer au niveau des pieds, avant ses objectifs du 13 mai à Oslo et du 27 mai à Solvalla, dans l'Elitlopp. »

Mauvaise pioche. Samedi, dès l'entrée de la ligne droite, Timoko n'était plus « carré » dans ses allures, d'où sa faute... Le professionnel ne cherche pas d'autre explication à  la défaite de son champion. « Mon cheval n'est pas sur la mauvaise pente, c'est moi qui ai fait une erreur de jugement. Je ne suis pas inquiet, sauf si mon véto avec qui je vais retourner en Normandie ce mardi trouvait autre chose. Mais je ne pense pas qu'on découvrira un autre problème. Je connais bien mon cheval... »

24 heures plus tard, ce n'est pas Christophe Ferland, l'entraîneur de Dabirsim qui a péché par excès de confiance mais Christophe Soumillon qui lui était associé pour la première fois. Non seulement le top jockey n'est pas  arrivé à canaliser l'ardeur du fils de Hat Trick dans la première moitié de la course, mais il a fait ensuite le contraire de ce qu'il aurait dû faire. Au lieu de demander à son cheval de s'allonger, en lui donnant une vraie course « aux bras » à trois semaines de la Poule d'Essai des Poulains, et de tester en sorte sa réelle capacité à tenir 1 600 mètres, Soumillon a finassé au point d'éluder toutes ces interrogations. Un coup d'épée dans l'eau qui est vraiment rageant pour tout le monde. Pour son entourage, en premier, qui a vu le poulain perdre son invincibilité. Pour les parieurs en second, qui n'ont eu que leurs yeux pour pleurer. Pour le cheval également car, ce dimanche, Dabirsim a eu une mauvaise leçon, à défaut d'avoir une course dure. Pour Christophe Ferland aussi, qui aurait aimé en savoir plus sur la capacité (ou non) de son jeune champion à tenir les 1 600 mètres de ce parcours.

Comme quoi, la confiance excessive peut conduire à sa perte. Mais si Richard Westerink « assume », c'est moins le cas du jockey de Dabirsim. Question de personnalité mais aussi affaire de discipline. En plat, la gestion du jockey est souvent inversement proportionnelle à son talent.

 

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