Le Prix de France est présenté comme la revanche du Prix d'Amérique, sur la distance sans concession de 2 100 mètres, privilégiant la classe (c'est-à-dire la vitesse) à la tenue. Dimanche, ce Groupe I a joué pleinement son rôle, permettant à Royal Dream de remporter son premier Groupe I et d'en faire le principal espoir chez les « vieux » pour les mois et années à venir. Le cheval avait été l'un des grands malheureux du Prix d'Amérique (6e), avec Main Wise As dans son dos (9e), pris au piège derrière Punchy. Ils se sont pleinement réhabilités.
A-t-on assisté à une passation de pouvoir ce dimanche 12 février, entre Ready Cash et Royal Dream ? Ce n'est pas impossible pour au moins trois raisons. Le premier cité n'a plus rien à prouver et va entamer sa quatrième saison de monte, où il affiche liste pleine depuis longtemps. En conséquence, il n'appartient qu'à ses co-propriétaires de décider de mettre un terme à une carrière entamée déjà depuis un bon moment, soit le mois d'août de ses 2 ans. A l'inverse, Royal Dream est un cheval tout neuf, qui disputait ce dimanche seulement sa 31e course, un chiffre resté « magique » correspondant à la série victorieuse de Ténor de Baune l'ayant mené au Prix d'Amérique 1991. Enfin, et c'est probablement le plus important, le succès de Royal Dream dans ce Prix de France 2012 ne souffre d'aucune contestation, même si la réduction kilométrique a été « moyenne » (1'11''6) comme on pouvait s'y attendre.
En effet, le très bel alezan et Jean-Philippe Dubois ont assumé leurs responsabilités en jouant les « patrons » dans ce Prix de France, contrairement à leur réputation respective. Le professionnel est connu en effet comme un adepte de la course d'attente, jouant avec les nerfs des turfistes qui ne savent jamais si l'aîné des Dubois va « rouler » ou pas... Parallèlement, le fils de Love You n'avait que rarement couru « offensif » à Vincennes, pour employer un terme à la mode. Sur ces onze succès jusqu'alors obtenus sur le plateau de Gravelle, seulement deux avaient été obtenus de « bout en bout » ou presque, dont l'un d'ailleurs sur les 2 100 mètres autostart. C'était en décembre 2010, dans un Prix de Charroux, où Royal Dream s'était promené, l'emportant dans la réduction d'1'13''2.
Dimanche, le fils de Love You a fait preuve de sa grande classe à deux reprises. Il a produit tout d'abord une première accélération pour venir de l'extérieur (il avait hérité du numéro 7) se rabattre à la corde, sans avoir à forcer son talent. Dans les derniers 600 mètres, il en a fait de même, ne donnant pas l'impression d'être à fond pour contraindre Ready Cash à voyager à deux dans le dernier tournant, avant de lui repartir sous le nez à l'entrée de la ligne droite et de contrôler ses sujets sans avoir à recevoir le moindre coup de cravache.
Avec ses grandes allures naturelles (il n'a besoin d'aucun harnachement) et sa manière caractéristique de trotter, l'encolure en avant prolongeant le mouvement, Royal Dream possède un braquet impressionnant. Aujourd'hui capable de répéter ses battues de plus en plus vite, il est certain qu'il va faire de plus en plus de mal. Ce puissant alezan donne l'impression d'être un lymphatique. En fait, c'est un tueur à sang froid, capable d'user de toutes les tactiques, du fait de son exceptionnelle vitesse de base. N'allez pas chercher plus loin le futur vainqueur du Prix d'Amérique 2013. Ce sera lui, si sa santé (à mon avis de fer) ne lui fait pas défaut. Le REVE ne fait que commencer. Il s'annonce ROYAL.
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