Bannière
Accueil Hallopé analyse Quif de Villeneuve : le Cornulier du panache

Quif de Villeneuve : le Cornulier du panache

Envoyer Imprimer PDF

On savait le jour proche où les trotteur iraient aussi vite sous la selle qu'à l'attelé. Depuis dimanche, c'est chose faite, au plus haut niveau de la compétition. Quif de Villeneuve a réussi l'exploit, sur les 2 700 mètres du Prix de Cornulier d'égaler le record des 2 700 mètres de la Grande Piste de Vincennes, détenu depuis janvier 2008 par Offshore Dream dans le Prix d'Amérique...

On n'en revient toujours pas... Ce qu'a réalisé Quif de Villeneuve dimanche est hors du commun pour plein de raisons. Les voici, sans ordre hiérarchique :
-    Depuis l'après-guerre, jamais un cheval monté n'avait gagné le Prix de Cornulier, en débutant dans la spécialité
-    Le fils de Coktail Jet a battu un double record. En trottant sur le pied d'1'12, il a amélioré tout d'abord son chrono absolu de neuf dixième de seconde (il l'avait réalisé à Meslay-du-Maine en mai 2011) et pulvérisé d'une seconde et quatre dixième sa précédente référence sur le Plateau de Gravelle
-     Il a effectué tout le parcours le nez au vent, en deuxième épaisseur, menant la chasse sur le fuyard Paladin Bleu, en compagnie de Robert Keeper. Pendant ce temps, Save The Quick attendait patiemment dans son dos, elle-même suivie d'Oyonnax, lui-même pisté de Private Love... Malgré le fait d'avoir assuré le « travail », le partenaire de Yoann Lebourgeois est reparti de plus belle à l'amorce du dernier tournant, terminant les 500 derniers mètres sur le pied d'1'11''4 au chrono de Vincent Béguin. Impressionnant
-    Depuis le mois d'avril 2011 et son passage sur le ring des ventes de Vincennes (adjugé pour le prix de 135 000 euros), le cheval a couru tous les mois, sans connaître le moindre break. On aurait pu penser qu'il aspirerait à des vacances. En fait, il n'en a rien été, et il s'est même amélioré d'une sortie sur l'autre
-    Le cheval n'avait pas couru depuis cinq semaines
-     Quif découvrait son jockey et s'est parfaitement adapté à lui comme à la discipline, donnant l'impression qu'il était un vieux briscard du trot monté. Cela dit, son modèle (1m69 pour pas loin de 560 kilos) le prédisposait à aller sous la selle, tout comme ses origines (sa mère a gagné au monté et est issue de Talassius, lauréat de semi-classique sous la selle, issu lui-même des classiques Quioco et Gamélia)*

C'est cela qui est épatant dans le sport et les courses: il n'existe pas de limites, de frontières infranchissables. Quif de Villeneuve en a apporté la preuve ce dimanche, grâce à l'audace de son entraîneur (en forme euphorique cet hiver) et le tempérament de son jockey qui ne s'est pas posé cent mille questions. Dans la compétition, il ne faut pas toujours calculer, spéculer sur les forces et les faiblesses de ses adversaires. Il faut savoir aussi driver ou monter pour « son » cheval, et uniquement dans ses intérêts. Quif de Villeneuve n'avait besoin de personne pour gagner son prix de Cornulier et il l'a prouvé. Timoko, qui sera certainement drivé de la même manière dimanche dans le Prix d'Amérique, est-il capable d'en faire autant ? Ce ne serait pas impossible... En tout cas, il va essayer d'imposer sa loi. C'est ce que l'on appelle le panache.

 

Newsletter inscription gratuite

Les partenaires


Bannière

Recherchez