Depuis un an et demi maintenant, je me mire dans Timoko. Dimanche, le jeune champion a montré une nouvelle facette de son talent ainsi que son driver-entraîneur, Richard Westerink, leur formidable capacité d’adaptation à toutes les circonstances… Quelques minutes plus tard, Franck Leblanc et Franck Nivard ont rajouté un nouveau Groupe I à leur tableau de chasse, chez les jeunes trotteurs montés. Des tandems hors du commun.
PHENOMENAL. Ce qu’a réussi Timoko dimanche dans le Critérium Continental est hors norme, vu le contexte dans lequel le cheval a remporté le cinquième Groupe I de sa carrière.Il y a un mois, en effet, Richard Westerink en était encore à douter de pouvoir courir cet hiver. Quelques jours plus tôt, avait été clairement identifiée la présence de la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme, dans la prise de sang de son cheval. Timoko était alors fiévreux, sans trop d’énergie, souffreteux et présentant des douleurs articulaires. Autant de symptômes caractéristiques de la maladie… Une semaine plus tard, le cheval allait un peu mieux, preuve que le traitement mis en oeuvre (aux antibiotiques) était bien adapté. Il y a quinze jours, Richard m’avait alors confirmé que le cheval avait repris le travail, entrevoyant l’espoir de pouvoir courir le 25 décembre. Une semaine avant le jour « J », l’entraîneur avait été épaté par le second travail sérieux de son élève. « Il vole… » Le jour de la déclaration de partant, il confirmait : « je suis persuadé qu’il va très bien courir. Pour moi, il est aussi bien que lors de sa rentrée gagnante dans la batterie qualificative du Grand Prix de l’UET… »
Dimanche, on a vu ce qu’on avait à voir. Avec seulement deux semaines d’exercice – un scénario inimaginable dans l’entraînement moderne où les chevaux travaillent de plus en plus dur et longtemps -, Timoko a imposé d’emblée sa loi, en trottant dans l’excellente réduction de 1’11’’6 , prenant sa revanche sur son tombeur dans le GP de l’UET, Kadett CD. Cerise sur le gâteau : Richard Westerink a montré qu’il savait parfaitement s’adapter aux circonstances et à son cheval. Avec un Timoko sortant de convalescence, il s’est appliqué à lui demander le minimum : à savoir un départ ultrarapide pour venir prendre la tête et la corde dans la descente à Kadett CD puis a « bloqué » la course le plus longtemps possible. Dès lors, il a respecté son cheval, attendant seulement les derniers 500 mètres pour lancer la grande bagarre. Sur le pied de 1’09’’ et tout en penchant légèrement sur sa droite, Timoko a laissé alors une grosse impression, contenant sans trop de difficultés toutes les attaques…
Pour sa rentrée, Timoko s’est imposé au sprint et en patron, tout en changeant de tactique. Richard Westerink peut « inventer » avec lui, improviser selon les circonstances. Dès lors, Ready Cash qui n’est pas une voiture de course aussi maniable devra se méfier de son cadet de deux années, le jour « J ». Car, sans autre pépin de santé d’ici là, Timoko sera encore bien plus fort le 29 janvier prochain. Quel match en perspective !
A défaut d’avoir un cheval de tout premier plan pour le Prix d’Amérique, Franck Leblanc collectionne les Groupe I dans les épreuves montées comme des perles, en cette année 2011 qui le voit accéder à la première place des entraîneurs. Après Scipion du Goutier (Prix des Centaures), Tango Quick (Prix du Président de la République), Save the Quick (Prix de Normandie), le professionnel mayennais a sorti ce dimanche sa nouvelle cartouche, Utoky. L’élève du prestigieux haras des Coudraies a imité, à deux semaines d’intervalle, son compagnon d’écurie Unique Quick, le lauréat du Critérium des 3 ans. Pour une première tentative dans un Groupe I, le fils de Cygnus d’Odyssée (par Florestan) issu d’une mère par Workaholic, a tapé dans le mille. Qui peut encore douter de la capacité du sang américain à produire de bons chevaux sous la selle ? Et comment ne pas applaudir des deux mains la fantastique doublette constituée par les deux Franck ?
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