Le weekend hippique a été très riche, en informations et impressions en tous genres. Décryptage en cinq points…
Depuis sa victoire dans le Prix de Bretagne, je claironne partout que Ready Cash pourrait bien imiter Ourasi. Le quadruple vainqueur du Prix d’Amérique est en effet le dernier trotteur ayant gagné les quatre B et la « belle », lors du meeting 86/87, quand il basculait dans son année de 6 à 7 ans. Ready Cash est dans la même configuration d’âge et n’a jamais semblé aussi fort, physiquement et surtout mentalement. Le cheval s’est calmé en une année passée à la campagne, au haras ou chez Thierry Duvaldestin. Sa complicité avec Franck Nivard est évidente : l’homme et le cheval sont faits l’un pour l’autre. En tout cas, Ready Cash a tué le suspense, à six sept semaines du Prix d’Amérique, en rendant 25 mètres à un Sévérino des grands jours. Sauf accident ou incident, il gagnera le dimanche 29 janvier prochain son second Prix d’Amérique...
Restons à Vincennes, où le weekend a été de nouveau marqué de l’empreinte du professionnel mayennais, Franck Leblanc. Déjà samedi, l’entraîneur avait réussi un joli doublé dans le Prix Narquois, avec Sogo et Spirit de Beji. Mais dimanche, il a fait encore plus fort en menant lui-même à la victoire Unique Quick dans le Critérium des 3 ans, son protégé passant directement du niveau des courses de série à celui de Groupe I… Qui plus est, Unique Quick n’a pas volé son succès, en venant prendre la tête à 1 200 mètres de l’arrivée –certes non sans gêner Uniclove-, résistant ensuite à toutes les attaques. Dans son malheur, Philippe Delon a eu finalement beaucoup de chance de perdre son entraîneur particulier, Ake Kristofferson au mois de mai dernier ! L’éleveur-propriétaire a alors décidé de confier ses meilleurs éléments à Franck Leblanc, dont Tango Quick (Prix du Président de la République en juin), Save The Quick (Prix de Normandie en septembre) et aujourd’hui Unique Quick… Soit trois Groupe I en l’espace de six mois, gagnés par trois chevaux différents, représentant chacun une génération différente… Philippe Delon peut remercier à la fois son « ex » et son nouvel entraîneur, auteur d’un fabuleux début de meeting d’hiver. En l’espace de six semaines, les « Leblanc » ont en effet gagné plus d’un million d’euros de gains. Impressionnant.
Encore et toujours Vincennes où bruissait, dimanche, la nouvelle : la prochaine réintégration de Pierre Levesque dans le peloton. Sans fanfaronner, le professionnel normand a accueilli évidemment avec satisfaction la décision du tribunal administratif de Paris prise vendredi et devant lui permettre de retrouver sa licence dans les jours à venir. Les attendus de la décision s’arrêtent sur la forme (vice de procédure dans les prélèvements et analyses) comme sur le fond (disproportion de la peine par rapport à la faute). Il est clair que cette décision d’un tribunal « civil » fera jurisprudence, le code des courses n’étant plus l’Etat dans l’Etat…
Passons au galop, où toute l’attention était tournée sur Hong Kong ce weekend. On espérait y faire un malheur, on est revenu avec un seul bonheur : la victoire de Dunaden dans le «Vase ». Autant j’ avais boudé son succès dans la Melbourne Cup, partant du principe que ce Groupe I ne reste qu’un handicap de haut niveau pour stayers, autant sa victoire de dimanche crédibilise son ascension vers les sommets. Dimanche, Dunaden a gagné sur 2 400 mètres, en vrai bon cheval, battant un spécialiste de la piste, un Silver Pond à 100% de ses moyens, encore plus nettement Red Cadeaux son second à Melbourne, et Campanologist qui restait sur deux succès dans des Groupe I. Dunaden est vraiment en train de devenir un tout bon cheval d’âge.
Cirrus des Aigles, son contemporain, n’a également jamais été aussi bon que cette saison. Par contre, faut-il qu’il puisse l’exprimer…. Or, dimanche, on n’a rien pu voir, le fameux hongre de Corine Barande-Barbe se retrouvant pris dans la nasse, au bout de 500 mètres de course… De la faute à qui ? Ses adversaires qui ont tout mis en œuvre pour le piéger ? Certainement ! De Christophe Soumillon qui a péché un peu par orgueil, en laissant un peu faire, estimant qu’il avait suffisamment de marge pour se sortir du piège, à un moment ou un autre ? Oui, aussi ! Manque de chance: ce dimanche, l’ouverture n’a jamais eu lieu. Soumillon a perdu la course en ne tirant pas le parti de son numéro 2 dans les stalles, pêchant par excès de confiance. On connaît la suite : cauchemardesque.
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