Trois des quatre courses de Groupe, disputées samedi à Vincennes, ont souri à des entraîneurs installés dans l'Orne : Pierre Belloche (Roc Meslois), Thierry Duvaldestin (Tolérance) et Jean-Etienne Dubois (The Best Madrik). Mieux encore, ce sont trois ornais qui ont pris les trois premières places du Critérium des 5 Ans (P. Belloche déjà cité, Philippe Emmanuel Trible (Renommée d'Obret) et Stéphane Meunier (Récia du Closet). La meilleure des publicités pour ce département qui est le plus gros employeur de main d'œuvre de France, dans les écuries de trot.
Rares sont les professionnels à parvenir à épingler un Critérium à moins de 30 ans. Pierre Belloche a réussi cet exploit, samedi dernier, avec Roc Meslois, élevé par son père Denis, appartenant en partie à la « famille », poulain retiré 16.000 euros, yearling à Deauville et aujourd'hui titulaire de près de 650.000 euros. Cette année là, à Deauville, il y en avait d'ailleurs de bonnes et nombreuses affaires à réaliser puisqu'étaient également passés sur le ring le champion Rombaldi (payé 160.000 euros tout de même), le classique monté Rêve des Vallées (35.000 euros), Royal Lover (22.000 euros, 4e de ce Critérium des 5 Ans), Riglorieux du Bois (12.000 euros) mais aussi Rolling d'Héripré (retiré 9.000 euros, et grand absent du classique de ce samedi à Vincennes).
C'est aussi à Deauville, toujours sur le ring, que démarre l'histoire de Roc Meslois puisque sa grand-mère Sonate d'Atout y fut achetée, yearling en 1985, par Michel Roussel pour le compte de l'éleveur de pur-sang, Olivier Nicol (haras de Clarbec). C'était l'époque de la création de l'Agence Française du Trot, qui avait eu pour effet de diviser le microcosme, entre partisans de cette ouverture commerciale (seul Trotting Promotion avait alors pignon sur rue) et les sceptiques, redoutant de faire entrer le diable dans la bergerie, l'AFT étant alors pilotée par Philippe Augier, au même titre que l'Agence Française du Pur Sang. C'était alors l'époque où certains entraîneurs (dont Michel Roussel) avaient pris fait et cause pour la place normande, mais aussi certains éleveurs, dont Guy Barbé, l'éleveur des « Atout » ainsi que Denis Belloche et son père, Michel, les naisseurs des « Meslois ». Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et cette bataille de clans, entre « pro » Deauville ou « pro » Vincennes a vécu et n'a plus raison d'être. Aujourd'hui, de toute manière, Arqana coiffe les deux structures de ventes.
Revenons à Roc Meslois, cheval de talent, à la mesure de son jeune entraîneur, formé à l'école de Jean-Pierre Dubois et de Pierre Allaire, ayant réussi d'emblée. Installé tout jeune, à 24 ans, Pierre Belloche a en effet obtenu très vite des résultats flatteurs, en exploitant surtout l'effectif parental (Ocarina Mesloise, Potin Meslois, Queiros Meslois, Roc, etc...). On ne compte pas déjà 115 succès, dans la colonne des entraîneurs, avec moins de 70 chevaux lui étant passés dans les mains, par hasard.
Ainsi, le jeune entraîneur a infligé une cinglante réponse à Philippe Allaire, qui l'avait beaucoup critiqué (ainsi que son cheval) cet hiver, notamment sur l'antenne d'Equidia et de Radio Balances. Cuit, le fils de Look de Star, suite à son déplacement Finlandais et sa 2e place dans le Derby de l'U.E.T ? On sait aujourd'hui que non, bien au contraire, à l'inverse d'un Ready Cash, en train de mal tourner et impossible à canaliser. Dans cette bataille d'ego, Philippe Allaire a d'ailleurs mis son mouchoir dans la poche, dès ce weekend, annonçant qu'il confiait le soin à Thierry Duvaldestin de retrouver les bons boutons pour son champion. Une façon de reconnaître son errance et, quelque part, de balayer devant sa porte.
Roc Meslois et Ready Cash auront donc l'occasion de se retrouver. Quand ce sera le cas, ils battront tous les deux, par contre, pavillon ornais.
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