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Goldikova, le bon exemple

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Dimanche dernier, Goldikova est entrée dans le club très fermé de chevaux vainqueurs de dix Groupe I.  Elle est désormais prête à dépasser sa glorieuse aînée, Miesque, née 21 ans plus tôt. Entre ces deux championnes entraînées en France, un trait d'union unique : Freddy Head...

 

Sur les seize apparitions en public de Miesque, Freddy, le jockey, avait manqué un seul rendez-vous, à Ascot, au septembre de ses 3 ans, remplacé par Steve Cauthen dans les Queen Elizabeth Stakes (2e). Avec Goldikova, Freddy, l'entraîneur vit des émotions encore plus insensées, ne cessant de mettre en avant son bonheur et sa chance d'avoir sous sa coupe, une championne de cette trempe.  A 5 ans, au terme de quatorze sorties effectuées au sommet de l'affiche dans des Groupe I, la fille d' Anabaa ne montre en effet aucun signe de lassitude, d'ennui, ou encore d'usure. On la sent heureuse, plus que jamais, de faire son métier de cheval de course, dans un exercice -le mile- où il est pourtant difficile de durer, tant l'organisme du compétiteur est sollicité, du départ à l'arrivée.

Le mérite en revient à la jument en premier, ensuite à son entraîneur ayant su trouver le bon rythme d'entraînement à cette athlète d'exception, mais aussi à son fidèle lad la montant chaque matin, et enfin aux frères Wertheimer.

Ces propriétaires aussi discrets que riches, aussi puissants que méconnus, ont hérité d'une passion pour le pur sang, initiée au début du 20e siècle par leur grand-père, Pierre. Ils ont surtout entretenu et développé l'héritage équin laissé par leur père, Jacques, malgré des résultats n'ayant pas toujours été à la hauteur de leurs investissements et de leur assiduité.

Goldikova illustre aujourd'hui leur politique: faire naître et élever des chevaux dans l'espoir de vivre les émotions de la haute compétition, et faire ensuite durer le plaisir le plus longtemps possible.

A la fin de l'année 2008, après déjà trois victoires de Groupe I à son actif, Goldikova aurait pu entrer au haras dans le sillage de sa contemporaine Zarkava qui l'avait devancée dans la Poule d'Essai des Pouliches et le Diane... Il n'en a rien été.

A la fin de l'année 2009, avec quatre Groupe I supplémentaires dans sa besace et un double doublé de Prix Jacques Le Marois et de Breeders' Cup Mile, Goldikova avait, encore moins, à prouver.

Elle est pourtant encore là, à nous enchanter, à l'image de Zenyatta, de l'autre côté de l'Atlantique, elle aussi titulaire de dix Groupe I.

C'est tant mieux. C'est surtout une chance pour les courses, qui ont tant besoin de vedettes, si elles veulent garder une (petite) place dans un univers sportif, médiatique et de paris, de plus en plus concurrentiel.

D'où l'importance d'avoir des propriétaires privilégiant la carrière de leurs meilleurs chevaux aux spéculations financières et préférant voir leurs champions courir sur les pistes que de s'ébattre au haras. Malheureusement, ces « gens là »  sont de plus en plus rares. Les frères Wertheimer, dans ce domaine, méritent donc vraiment un coup de chapeau, à l'image des canotiers qu'ils aiment tant arborer, chaque été, à Deauville.

 

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