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Rouget de Paris

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Mardi, Jean-Claude Rouget a sellé son quatorzième vainqueur de Groupe I et second gagnant du Grand Prix de Paris, avec Behkabad. Il y a seize ans, le professionnel palois avait gagné ce même Groupe I couru alors sur 2.000 mètres, avec Millkom, son premier sujet « classique ». Entre les deux champions, on peut établir certains parallèles mais aussi mesurer tout le chemin parcouru par l'entraîneur...

 

Millkom et Behkabad sont tous les deux passés par le Prix de Guiche, qu'ils ont remporté, au mois de mai de leurs 3 ans. Autre point commun, ils ont ponctué leur saison de 2 ans, invaincus. Le premier avait couru cinq fois, uniquement dans sa région d'entraînement, à La Teste, au Bouscat et à Toulouse. A l'image de son aîné, le second avait bien débuté, en juillet, à La Teste mais il a pris ensuite la direction parisienne : Deauville au mois d'août (dans une course « B ») puis Longchamp en septembre dans le Prix des Chênes, son premier Groupe III. Jean-Claude Rouget en est resté là ensuite, préférant économiser le fils de Cape Cross à l'arrière-saison et ne pas lui donner de course dure, en terrain lourd. Dans le cas de Millkom, l'apprentissage s'était déroulé en province jusqu'en novembre. Pour Behkabad,  sa campagne de 2 ans s'est arrêtée plus tôt, mais avec déjà des galons semi-classiques.

Jean-Claude Rouget connaît ses livres d' engagements, en province comme à Paris, presque par cœur. Il s'en sert à merveille pour élaborer les programmes de tous ses élèves, avec toujours une vision du moyen et du long terme.  Au sujet de Millkom, il y avait un doute sur sa tenue, à la fois au vu de son modèle mais aussi de ses origines. Dans ce contexte, son programme a consisté à éviter le Prix du Jockey-Club, alors couru sur 2.400 mètres, en passant par le Prix Jean Prat (1.850 mètres) et le GP de Paris (2.000 mètres) tous les deux courus à Longchamp à l'époque. En 2010, Behkabad est monté à la fois en régime et sur la distance progressivement: les 1.600 mètres de l'Omnium en mars (3e), les 1.800 du Prix de Guiche en mai, les 2.100 mètres du Jockey-Club nouvelle formule en juin (4e), et les 2.400 mètres du GP de Paris. Le passage à la distance classique lui a ainsi valu de prendre, à la loyale, sa revanche sur Planteur, qui l'avait devancé d'une franche longueur à Chantilly.

Dans les deux cas d'espèce, Jean-Claude Rouget a donc atteint l'objectif de tout entraîneur: faire gagner à ses meilleurs élèves de 3 ans un classique au printemps ou au début d'été.

Reste à poser la seconde pierre à l'édifice et penser à l'automne...

Millkom avait tenté sa chance dans le Prix de l'Arc de Triomphe où il n'avait rien à perdre. Il y avait connu sa première défaite et l'amorce de son déclin. Pour Bekhabad, le contexte se présente bien différemment puisque le cheval est sur la montante et vient de gagner sur le parcours de la course phare du premier dimanche d'octobre. Dès lors, il peut espérer faire aussi bien que sa grand-mère maternelle, Behera, deuxième de l'édition 1989. Reste à savoir comment les « Aga » répartiront leurs forces et leurs objectifs à ce moment là, car il y a aussi Daryakana (3e du GP de Saint-Cloud), Shalanaya (2e du Ganay), Sarafina, la gagnante du Prix de Diane, Rosanara sa seconde, etc...

Les entraîneurs du Prince, Alain de Royer-Dupré, Mickel Delzangles et Jean-Claude Rouget devront nécessairement accorder leurs violons. Ce dernier le fera sans problème, une autre de ses qualités étant sa faculté d'adaptation.  Le propriétaire qui n'avait plus de chevaux en province depuis le milieu des années 80 ne peut que se féliciter d'avoir rejoué cette carte régionale. Leur association, démarrée en 2006, a immédiatement fonctionné et se trouve désormais « estampillée » Groupe I.  Avec d'autres espoirs à l'horizon, à l'image de la 2 ans, Keratiya la récente gagnante du Prix du Bois.

 

 

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