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Le triomphe de Guillaume Macaire, le rêve des Papot

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Tête de liste de la profession depuis 2003, Guillaume Macaire a réalisé la meilleure moisson d'une carrière déjà exceptionnelle (4 236 succès à ce jour !) en cette journée de Grand Steeple 2013, remportant les deux Groupe I de la réunion de gala d'Auteuil ainsi que le Prix Maréchal Foch. Pour la famille Papot, le rêve de remporter le Grand Steeple Chase de Paris est devenu une réalité, en moins d'une décennie. Leur point commun ? La recherche de l'excellence et de ne rien laisser au hasard.

Dans la discipline de l'obstacle, il faut pouvoir compter sur une part de chance. La bonne étoile était du côté de l'entraîneur charentais, en ce dimanche 19 avril 2013. La preuve, dès la première épreuve, le professionnel a hérité du succès, après la rétrogradation sur le tapis vert du Sous Officier de Guy Chérel (qui n'avait pas été droit) au bénéfice de son pensionnaire, United Park. Cette victoire a d'ailleurs constitué une « première » féminine dans cette épreuve que rêve d'accrocher tout cavalier amateur, avec le succès de la cavalière Barbara Guénet.

Mais la chance, il y a longtemps que Guillaume Macaire la maîtrise en « amont », grâce à son savoir-faire de metteur au point, sa science et ses convictions en matière d'élevage, sa capacité à gérer une carrière dans le temps pour ses élèves. Guillaume Macaire présentait seulement son septième partant au départ du Grand Steeple, qu'il avait remporté en juin 1996 avec Arénice, transfuge de l'écurie de François Rohaut qui l'entraînait quatre mois plus tôt. Entre temps, le maître/entraîneur/dresseur avait tenté sa chance à cinq autres reprises : en 2006 avec Rigoureux 2e de Princesse d'Anjou ; en 2007 avec Golden Flight (3e de Mid Dancer) ; en 2008 avec Moka de l'Isle (tombé) et en 2011 (Ole Campanero et Still Loving You, arrêtés).

Bel la Vie est aujourd'hui son joyau pour de nombreuses raisons. Guillame Macaire l'a façonné dès l'âge de 2 ans, lui a fait gagner sa première course de haies à Senonnes-Pouancé dès le mois de mars de ses 3 ans, son premier Groupe I  à 4 ans dans le Prix Renaud du Vivier (sur les haies), son premier steeple au début de son année de 5 ans et d'emblée son premier Groupe I sur le steeple dans l'épreuve reine d'Auteuil ! La gestion de la carrière de Bel la Vie est bel et bien un exemple du genre : exploité au meilleur niveau à 3 et 4 ans sur les haies,  dressé sur le steeple à 5 ans tout en continuant à briller sur les haies (2e de la Grande Course de Haies), mis dans du coton à 6 ans (quatre courses seulement) et au sommet de son art à 7 ans.

L'autre satisfaction, plus intérieure, de l'horloger de Royan est également d'avoir dressé et façonné Shannon Rock, le dauphin de Bel la Vie dans ce Grand Steeple Chase de Paris. Les deux poulains s'étaient d'ailleurs affrontés, à  3 ans,  affichant sensiblement la même valeur dans le Prix Royal Junior, couru en septembre 2009,  gagné par Kauto Stone devant Shannon Rock (71 kilos) et Bel la Vie (69 kilos) séparés d'une longueur et demie... Quatre ans plus tard, le rapport de force entre les deux athlètes s'est inversé.

Trente minutes après ce magnifique Grand Steeple Chase de Paris au final haletant et magnifique (Bel la Vie et Shannon Rock ont mis des dizaines de longueurs dans la vue à Mid Dancer dans les 500 derniers mètres !), Guillaume Macaire a sorti une autre arme de son chapeau. Dans le Prix Ferdinand Dufaure, qu'il n'avait gagné qu'une seule fois (en 1994 avec Parika), son joker Storm of Saintly est venu en effet suppléer un défaillant Vanilla Crush. Un triomphe donc complet pour l'entraîneur, mais aussi ses jeunes jockeys Bertrand Lestrade (23 ans) et Vincent Cheminaud (19 ans) associés respectivement à Bel la Vie et Storm of Saintly.

Pour la famille Papot, réunie au grand complet dimanche,  le rêve de gagner le Grand Steeple Chase de Paris est devenu une réalité, en moins de dix ans. Pour être parvenus aussi vite à ce sommet, les Papot père et fils ont conçu leur écurie en chefs d'entreprise, apprenant vite et bien. Ils n'ont pas eu peur d'investir beaucoup d'argent, ont tissé une véritable toile et un réseau de confiance avec les meilleurs éleveurs d'obstacle de France, ont fait jouer la concurrence entre leurs entraîneurs, confié le pré-entraînement de tous leurs chevaux à un homme de confiance et le suivi de leurs chevaux à un éleveur/vétérinaire...  Cette vraie politique et stratégie entrepreneuriale leur vaut aujourd'hui de joindre l'utile et l'agréable et d'avoir une écurie rentable.  C'est réjouissant de voir des investisseurs récompensés. Puissent-ils servir d'exemples et créer d'autres vocations.

 

 

A marquer d’une pierre blanche

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Sur les trente dernières années, jamais les Poules d'Essai n'avaient été remportées par deux 3 ans « nés et élevés en France ». C'est dire si les éditions 2013 de ces championnats d'Europe de printemps sur le mile sont à marquer d'une pierre blanche. Mieux encore : Style Vendôme et Flotilla sont issus des ventes de Deauville, où le mâle avait été adjugé 92 000 euros à l'avisé Nicolas Clément et la pouliche 120 000 euros.  Cerise sur le gâteau, enfin : ces deux jeunes champions se sont imposés dans d'excellents chronos. Le premier (en 1'34''68) a approché le record de Victory Note depuis 1998, tandis que la seconde, en 1'34''77, a  battu le record de l'épreuve de la Poule d'Essai des Pouliches détenu depuis 2008 par la crack Zarkava. A noter que le record des 1 600 mètres de la grande piste de Longchamp est la propriété de la pouliche de quinté+, Ever Fair, en 1'34''10, depuis le 27 mai 1999.

On espérait voir de belles et sélectives Poules d'Essai, compte tenu du nombre de partants déclarés (18 chez les mâles, 20 chez les pouliches). On a été gâté dans les deux cas, même si l'on peut toujours déplorer qu'il y ait eu de sempiternels malheureux.  On pense surtout au 3 ans de l'écurie Wertheimer, Intello, 3e, auteur d'un dernier 400 mètres ébouriffant, après avoir été malheureux à la hauteur du pavillon, perdant ainsi son invincibilité. Ce n'est pas le plus grave, ceci dit. Il faut surtout espérer que les atteintes avec lesquelles le fils de Galiléo est rentré ne sont que superficielles et ne l'empêcheront pas d'être revu dans quelques semaines, à Chantilly ou à Ascot.

De là à bouder le style du succès de Style Vendôme, tel n'est pas le propos. Car le poulain de Nicolas Clément a fait le « job » avec talent et professionnalisme, monté avec à-propos par un Thierry Thulliez (on est content pour lui), ayant su parfaitement tirer profit de son bon numéro de corde. Bien à l'abri, mais à l'avant du peloton, le fils d'Anabaa a progressé gentiment à 400 mètres du poteau, trouvant son jour même un peu tôt. Ensuite, il a résisté plus sûrement qu'il n'y paraît aux attaques de bon nombre de ses adversaires (encolure, tête, tête, courte tête à l'arrivée), dont Dastarshon (qui a fait pleurer de joie son entraîneur Pia Brandt) et Intello déjà cité. Guy Pariente, son éleveur, pouvait alors exulter tout comme ses deux co-propriétaires, le comte de Ganay et son associé Christian Baillet, tous les deux installés en Amérique du Sud mais faisant courir en France , ainsi que leur entraîneur Nicolas Clément. Ce dernier avait déjà eu l'occasion d'aligner trois partants dans la Poule d'Essai des Poulains, avec Le Petit Poucet (3e en 1995), Le Roi Chic (non placé en 1999) et Stormy River (3e en 2006). Cette fois-ci,  le professionnel décroche ce classique tant convoité.  Preuve qu'il faut savoir s'accrocher dans le métier, Nicolas Clément ayant débuté sur les chapeaux de roue (Arc de Triomphe en 1990 avec Saumarez) avant de connaître un « creux » entre 1994 et 2002.


Mikel Delzangles n'a pas connu pareille baisse de régime, depuis son installation en 2001. Ayant sellé son premier lauréat de Groupe en 2003 (Saratan), son premier vainqueur de Groupe I à York (Chineur) en 2005, le fils spirituel d'Alain de Royer Dupré a hérité de son maître une précision d'orfèvre.  Remporter une Poule d'Essai des Pouliches avec une rentrante constitue en effet un  véritable exploit, qui n'avait plus été réussi depuis 1989 et Pearl Pracelet, une pouliche de l'écurie Fustok alors montée par Alfred Gibert...  La route normale veut en effet que les pouliches passent par le Prix de Grotte, l'Imprudence ou bien encore les 1 000 Guinées.

Mais après avoir été un peu au vert cet hiver, suite à son succès dans le Breeders' Cup Juvenile Fillies, Flotilla a eu besoin de temps pour retrouver ses marques. En grand professionnel, Mikel Delzangles le lui a accordé, estimant que la classe de sa jument pourrait suppléer le fait d'effectuer une rentrée directement dans la Poule d'Essai. De fait, la fille de Mizzen Mat était dans sa robe de mariée, ce dimanche 12 mai, prête à fournir sa meilleure valeur. Il le fallait, d'ailleurs, pour aller rechercher Esotérique qui, à 300 mètres du poteau, pouvait donner l'impression d'avoir pris un avantage décisif. On a vu alors une Flotilla, remarquablement équilibrée, fondre sur sa rivale de sa foulée puissante, donnant l'impression que l'allongement de la distance ne lui poserait probablement pas trop de problème. Le Prix de Diane en vue ? On le souhaite, en tout cas. Michel Zerolo, courtier à ses heures (il a fait acheter Altérite à son client Michael Schwartz) et surtout co-actionnaire du haras des Capucines avec Eric Puérari pouvait se consoler, étant co-éleveur de la gagnante avec également Ariane Gravereaux «  notre porte bonheur », comme le dira joliment ce dernier. Flotilla, achetée avec à-propos dans le ventre de sa mère, en Irlande, a été élevée tout près de Nonant-le-Pin.  Eric Puérari combat, depuis plus d'un an avec vigueur, le projet d'ouverture de la centrale de traitement des déchets de GDE, aux côtés d'Aliette Forien (haras de la  Reboursière et de Montaigu). Comme on les comprend !

 

 

 

 

Les locomotives de Roberto Donati et d’André Fabre

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Samedi, le professionnel de trot italien, Roberto Donati, installé en France depuis dix ans,  a remporté à Paris-Vincennes son premier classique, avec Voltigeur de Myrt, remarquablement drivé par le belge Dominick Locqueneux. Le même jour, André Fabre a remporté un nouveau préparatoire pour les classiques de 3 ans, avec Ocovango, lauréat du Prix Greffulhe à Saint-Cloud. Le premier a déniché, ces dernières saisons, régulièrement une locomotive pour faire avancer son écurie. Le second en met plusieurs sur orbite plusieurs chaque printemps et ce, depuis plus de trente ans...

Le clin d'œil est magnifique. Dix ans jour pour jour après avoir eu son premier partant en France (le 4 mai 2003, à Castillones dans le Sud-Ouest, avec Jasmine Williams, distancée ce jour-là), Roberto Donati a vécu, samedi dernier, le plus beau jour de sa carrière professionnelle. Cheval dur, capable de suivre tous les trains, son  protégé, Voltigeur de Myrt a remporté en effet un Critérium des 4 ans très tactique, couru à faible allure pendant les premiers 800 mètres puis à fond dans les 2000 derniers mètres, avalés sur le pied d'1'11'' et fractions.  Malgré ce long sprint, plusieurs trotteurs n'ont pas eu pourtant leurs aises dans la ligne droite, les uns étant empêtrés derrière des chevaux battus et d'autres contraints de faire les grands extérieurs. On pense notamment à Village Mystic, Vive Daïdou ou bien encore à Volcan d'Urzy ayant terminé en trombe tout à l'extérieur.

Cela n'enlève rien au mérite du fils d'Opus Viervil qui, un mois plus tôt, dans le Prix Phaëton, avait déjà montré qu'il faudrait compter avec lui, le jour « J ». Dans ce semi-classique, avant-dernier préparatoire au Critérium des 4 ans couru sur cette même distance de 2 850 mètres, Voltigeur de Myrt avait en effet longtemps voyagé le nez au vent, à l'extérieur de Vaux le Vicomte, s'offrant le luxe d'un ultime coup de reins pour venir arracher la victoire aux abords du poteau.  C'était la marque indiscutable d'un cheval arrivé à maturité et en pleine possession de ses moyens. Samedi, pour la 25e sortie de sa carrière, ce puissant trotteur à la robe noire, ayant débuté à l'automne de ses 2 ans à Chartres (4e) et gagné sa première course à Vincennes le 2 janvier de ses 3 ans, l'a prouvé. Dans sa tâche, il a été aidé aussi par un driver très inspiré, ayant toujours bénéficié d'un bon dos tout en étant tout près des chevaux de tête : Dominick Locqueneux.  Paris-Turf lui avait consacré sa « une » de samedi matin. Un choix plus que judicieux...

Roberto Donati et son épouse, installés en Mayenne, ont privilégié la qualité à la quantité depuis plusieurs années. Autant dire que cette politique porte ses fruits : après Quela Rive (six succès à Vincennes), Roxana de Barbray (4e du GP d'Amérique 2013, récente 2e de l'Olympia Travet, titulaire de cinq succès sur le Plateau de Gravelle), Voltigeur de Myrt est donc la troisième perle de l'écurie consécutive. Une telle succession de « perles » ne doit rien au hasard.

C'est comme pour André Fabre, pour lequel les années se suivent et se ressemblent.  En ce début d'année, l'incontournable numéro Un de la profession a fait très fort, alignant dix partants dans des courses de Groupe, pour six succès et deux places de 2e, et 3. Soit un 80% de réussite d'autant plus impressionnant et prometteur pour les semaines à venir que le maître entraîneur a sellé les lauréats des Prix La Force (Triple Heart), Noailles (Tableaux), Greffulhe (Ocovango) et Vanteaux (Esotérique) sans oublier les secondes des Prix Pénélope (Baltic Baroness) et La Grotte (Tasaday). Avec une telle profusion de 3 ans aux espérances classiques, Fabre est à mon sens d'ores et déjà assuré d'être tête de liste pour la 25e fois, cette saison. Un quart de siècle de domination dans une discipline aussi complexe et mouvante que celle de l'industrie du pur-sang, c'est tout simplement phénoménal.

 

Avec et sans public, d'Auteuil à Longchamp

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Samedi à Auteuil, il n'y avait pas grand monde alors que la réunion proposait un programme de tout premier ordre, avec pas moins de quatre courses de Groupe au programme. Dimanche, à Longchamp, malgré un temps plus que maussade, plus de 8 000 personnes étaient au rendez-vous du premier Groupe I de la saison, le Prix Ganay.

L'explication ? Samedi, Auteuil ouvrait ses portes à 12 H 30 et les plats de résistance étaient proposés entre 13 H 30 et 15 H 45, soit bien trop tôt pour attirer la foule, y compris les passionnés. Les  « dimanche au galop » parisiens font, par contre, le plein de curieux, notamment en famille.

C'est bien tout le parodoxe actuel du paysage hippique. Alors que de nombreux nouveaux venus découvrent le spectacle des courses, de l'autre ceux (et celles) qui constituaient le noyau dur et la clientèle régulière (ainsi que connaisseuse) des hippodromes sont en mal de repères, n'arrivent plus   suivre le rythme effréné et décalé d'aujourd'hui, et voient leur passion s'émousser.
Vaut-il mieux gagner un hypothétique client du dimanche ou perdre un fidèle ? Evidemment, ni l'un, ni l'autre. Par contre, on a souvent l'impression que l'Institution met plus de moyens à conquérir les premiers cités qu'à conserver ses anciens.

Retour au sport et donc, à Auteuil et Longchamp, où dans les coulisses, on ne parlait que d'une chose : l'affaire Godolphin. Pour une majorité d'observateurs, les huit ans de retrait de licence infligé à l'entraîneur Al Zarooni sont en effet « sans commune mesure avec l'importance de la faute ». Et tout le monde d'entonner presque de concert : «  il (Al Zarooni) méritait d'être suspendu à vie et la question de fond reste celle-ci. Agissait-il de son propre chef ou sur ordre ? ». Dans le viseur, il y a bien évidemment le cheikh Mohammed Al Maktoum, dont on sait la puissance et la crainte qu'il inspire, surtout s'il venait à prendre du recul dans ses investissements hippiques. Pour certains, « ce serait un mauvais moment à passer mais peut être un mal pour un bien ». Pour d'autres, « il est totalement injustifié de faire un lien de cause à effet avec le cheikh Mohammed Al Maktoum ». A chacun d'avoir son propre arbitre, sachant qu'on ne connaîtra probablement jamais la vérité.

Sur la Butte Mortemart, la vérité est que Bel La Vie va faire rêver d'ici les trois semaines à venir toute la famille Papot ainsi que Guillaume Macaire. Les premiers veulent à tout prix gagner le Grand Steeple Chase de Paris le plus rapidement possible. Le second a déjà connu cet honneur, mais cela commence un peu à dater. Ils ont de bonnes raisons d'y croire tant leur élève a gagné avec la manière le Prix Ingré, sans avoir le moindre coup de bâton, redonnant le coup de reins du très bon cheval de haies qu'il a été dans le passé pour venir mettre à la raison les deux Gallorini de service, Shannon Rock et Quarouso.  Mieux encore pour les « Papot » : avec Ozamo, 4e de ce Prix Ingré, ils disposent d'un joker de luxe pour le jour « J », ce 6 ans entraîné par Philippe Peltier ayant remarquablement fini. Cela dit, Lagunak, qui a remarquablement sauté tous les gros, avec une agilité et une facilité extraordinaires,  ne sera plus en repérage le 19 mai. A mon sens, il sera l'adversaire le plus sérieux pour les élèves de la casaque bleue à damiers verts, avec Mid Dancer, à ne pas condamner trop vite également tant Christo Aubert sait le programmer avec une précision d'orfèvre.

Gémix est devenu le nouveau patron chez les vieux, sur les haies. Le 5 ans de Nicolas Bertran de Balanda est un drôle de cheval, capable d'aller très vite pendant les mille premiers mètres, en tirant beaucoup. David Cottin le laisse faire désormais. Et samedi, on a vu Gémix redonner un sacré coup de reins après le saut de la dernière haie, alors que la distance s'était allongée (3 900 mètres), mettant six longueurs entre lui et ses plus proches adversaires.  Comme quoi, un cheval peut être brillant mais aussi tenace...

A Longchamp, tous les pronostics ont été déjoués, dimanche, dans le Prix Ganay. En effet, c'est un 4 ans, qui plus est effectuant sa rentrée et débutant à Longchamp, qui l'a emporté. Certes Pastorius a été remarquablement monté par Olivier Peslier, mais il n'empêche. Il a battu du bon monde, Maxios venant de prouver sa forme sur cette même piste et Dunaden n'étant pas le premier venu. Il faudra peut-être revoir à la hausse la valeur de la promotion née en 2009, injustement décriée à mon goût depuis l'été dernier. On aura l'occasion d'en reparler. A noter aussi la bonne rentrée de Saônois. Là aussi, j'espère que ses  propriétaires seront récompensés cette saison d'avoir su résister aux offres d'achat reçues l'an dernier.

 

Timoko, la nouvelle F1 de Jos Verbeeck

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Dix ans après avoir mené au succès Jag de Bellouet dans le Prix de l'Atlantique, Jos Verbeeck a récidivé samedi dernier, au sulky de Timoko. Lors de cette décennie écoulée, le pilote belge a en effet été sevré de chevaux de tout premier plan en France, si ce n'est avec Qualita Bourbon (Grand Prix de l'UET 2008, Critérium Continental) et Union d'Urzy qu'il avait eu l'occasion de mener au succès dans le Prix de l'Etoile 2011, Thierry Duvaldestin étant associé ce jour-là à Uniclove.  A l'étranger, Jos a subi le même revers de fortune, se déplaçant nettement moins, il est vrai. Son association avec le Timoko lui offre, en cette saison 2013, l'occasion de renouer avec le succès dans les plus grandes épreuves du calendrier international. Pour l'instant, le couple a déjà marqué deux « pénalties » à Cagnes-sur-Mer et Enghien. A eux, désormais de conquérir l'Europe, ce qui est (presque) dans la logique des choses, pour ces deux « phénomènes ».

Jos a retrouvé une F1 à la hauteur de son talent.  C'est tant mieux et ce n'est que justice. En 2010, sa carrière aurait déjà pu être relancée avec Ready Cash qu'il avait drivé à sept reprises, pour deux victoires mais aussi deux disqualifications (notamment lors de sa première tentative dans le Prix d'Amérique).  Mais la décision de Philippe Allaire de changer son élève d'environnement pour le confier à Thierry Duvaldestin avait abouti aussi à un changement de driver, le passage de témoin se faisant au bénéfice de Franck Nivard.

On pouvait craindre que Jos Verbeeck ne trouve plus de perle rare, vu l'évolution du paysage chez les drivers lors de cette dernière décennie. Après « JMB »,  qui aura été le premier à le détrôner de son piédestal, est en effet arrivée une nouvelle vague, emmenée par les Nivard, Raffin, Abrivard, Martens, Locqueneux, et consorts. Le pilote belge était donc cantonné à se morfondre, voire à se poser des sérieuses questions sur la suite à donner à sa carrière...
Philippe Allaire lui avait redonné, l'été dernier, le goût du succès avec ses bons 2 ans, Atlas de Joudes et Axelle Dark. Richard Westerink a fait le pas suivant. Après avoir gagné treize courses au sulky du cheval de sa vie puis ensuite couru à douze reprises sans réussir à s'imposer, le professionnel hollandais s'est en effet rendu à l'évidence. La marge de manœuvre de Timoko n'étant plus aussi insolente qu'elle ne l'était à 3 et 4 ans, à plus forte raison avec un cheval tombé malade à l'automne 2011, il lui fallait passer la main. Au plus haut niveau de compétition, l'expérience des grandes épreuves, la tactique, mais aussi le poids (Richard est un puissant gaillard tout en rondeur) sont capables de faire la différence.

Richard a donc passé la main à Jos, avec lequel il a la connivence de la langue mais aussi le sens de la fête. Dès le Prix de France (3e) et leur première association, Timoko avait refait une valeur que l'on n'avait pas vu depuis longtemps, en terminant (bien) tout près de Ready Cash et de Royal Dream. En descendant de sulky, Jos n'avait d'ailleurs pas caché qu'il aurait peut-être réussi à  l'emporter, s'il n'avait pas laissé passer Royal Dream dans la descente, pour se mettre dans son dos. Ce jour-là, le driver avait déjà tout compris de Timoko...

Il n'en reste pas moins que Jos n'avait pas mené la course de sa vie, la fois suivante, dans le Prix de Paris. Depuis, à Cagnes-sur-Mer et Enghien, il ne s'est pas loupé. Et, à la manière, dont Timoko a redonné un coup de reins, samedi, on se dit que le cheval est capable de gagner, dans cinq semaines, l'Elitlopp, la course que Richard rêve de gagner et que Jos déteste... pour le moment !

 


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