Jockey-Club. La Saga. Les Prussiens, occupants à Chantilly... Réquisition des bâtiments, repli des écuries, chevaux emportés, fuites à l'étranger, Longchamp dévasté après le siège de Paris... La guerre de 1870 a anéanti les courses, mais n'aura provoqué d'annulation que celle de l'édition 1871 du Jockey-Club. Il s'avère que le Livre d'Or du Jockey-Club n'a été ultérieurement affecté que de deux autres mentions "pas couru" (1915 et 1940), aux sombres heures de deux nouveaux conflits aux conséquences toujours plus meurtrières. Encore que... De 1916 à 1918, la Société d'Encouragement avait tout juste pu programmer des épreuves de sélection en semaine, en privé et sans paris - et sous d'autres noms -, seulement pour maintenir l'élite de la race. D'où des "derby-winners" successifs aux noms de Teddy, Brunelli et Montmarin. Le turf reprit sa place en 1919 à Longchamp, qui avait servi les années précédentes de pacage à bovins, d'aérodrome et de campement de la Croix Rouge américaine, et fut le site du Jockey-Club de cette année-là et de la suivante, où fut inauguré le Prix de l'Arc de Triomphe - qui avait manqué de s'appeler Prix de la Victoire.
Après 19 éditions de Jockey-Club ramenés à Chantilly et l'annulation de 1940, la Société d'Encouragement obtint des dates de courses à Longchamp, Maisons-Laffitte et Auteuil, seuls sites accessibles au public, en pleine désorganisation des transports. Dans le climat des plus hostiles des autorités d'occupation, les courses survécurent tant bien que mal, grâce à de multiples subterfuges face aux SS. C'est ainsi que l'invaincu Le Pacha réalisa un doublé Jockey-Club - Arc sur les mêmes 2.400 mètres de Longchamp en 1941. Magister lui succéda au titre de derby-winner en 1942 sur le même site. Mais le bombardement allié qui toucha Longchamp en 1943 (c'étaient les usines Renault de Billancourt qui étaient visées)provoqua la délocalisation au Tremblay des Jockey-Club 1943 (Verso II, qui y a doublé la mise dans l'Arc) et 1944 (Ardan, sixième des douze Jockey-Club de Marcel Boussac, en plein Débarquement, juste avant que les courses ne s'arrêtent). Lors des dernières années de la guerre, les armées allemandes avaient décimé les effectifs équins, sans compter les dégâts sur les terrains de courses et d'entraînement, Maisons-Laffitte et Chantilly ayant essuyé de meurtriers raids aériens. De la sorte, deux Jockey-Club supplémentaires auront trouvé asile après la Libération à Longchamp, en 1945 (Coaraze) et en 1946 (Prince Chevalier).
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