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Ex-gentleman sur les pistes, Gérard de Chevigny l'est resté dans la vie. Sa plume, féconde, est appréciée dans Paris-Turf. Entretenant des liens privilégiés avec le monde hippique, il est intarissable sur l’actualité internationale du galop.



Diane, la saga : Yves et Gérald, magistraux cinq à cinq

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Yves Saint-Martin a gagné le Prix de Diane à cinq reprises, entre 1962 et 1977. Le pointage cite d’abord l’exceptionnelle Dupré La Sega (au prix d’une amende de 150 francs à son jockey pour avoir volé le départ), déjà gagnante de la Poule d’Essai et du Saint-Alary, puis ultérieurement lauréate du Prix d’Ispahan (alors ouvert aux 3 ans) : instants d’exception qui ne pouvaient laisser supposer la bronca qui s’abattit sur Yves Saint-Martin lors du naufrage de la future grand’mère de Top Ville dans le Prix de la Nonette, victime d’une arythmie cardiaque qui mit fin à sa carrière…

 

La dernière victoire d’Yves Saint-Martin dans le Prix de Diane eut aussi son goût de cendre, sa pouliche Madelia, arrivée invaincue sur l’objectif via la Poule d’Essai et le Saint-Alary, ayant franchi le poteau sur trois jambes, victime d’une fracture du boulet. Elle aura été la troisième Wildenstein gagnante de Prix de Diane sous la selle du maître, un an après la dévastatrice Pawneese et quatre ans après Allez France, dont tout a été dit. Pawneese se sera néanmoins singularisée en étant la deuxième pouliche de l’Histoire créditée du doublé Oaks – Diane, à neuf jours d’intervalle seulement, et cent douze ans après Fille de l’Air ; allégée, nerveuse, elle ne se gérait que seule en tête, et portera ensuite à six le nombre de ses victoires consécutives en triomphant à Ascot dans les King George and Queen Elizabeth St. à l’issue d’un nouveau magistral faux train en tête, avant sa déconfiture automnale, en terrains lourds - au point qu’Yves Saint-Martin lui préfère Crow à raison dans l’Arc (deuxième d’Ivanjica).

 

Mais c’est avec Rescousse qu’Yves Saint-Martin marqua peut-être le plus de son art le Prix de Diane (en 1972) ; son entraîneur Geoff Watson, orfèvre en pouliches et trois fois au palmarès avec des ressortissantes de l’élevage Rothschild, la jugeait insuffisante et ne l’aligna qu’à contre-cœur, sur l’insistance de son propriétaire, le Baron de Redé : bien lui en prit, car Yves Saint-Martin, programmé pour attendre au maximum avec cette pouliche peu économe de sa générosité, fit exactement le contraire, en parvenant à la relaxer en tête et à chloroformer ses petits camarades, pour repartir de plus belle, quand ses poursuivantes se sont vues n’en faire qu’une bouchée…

Aussi crédité de cinq Prix de Diane, Gérald Mossé revendique de l’avoir offert pour la première fois aussi bien à Jean-Luc Lagardère (en 1988, avec Resless Kara) qu’à S.A. Aga Khan (en 1993, avec Shemaka), une première historique pour la casaque verte à épaulettes rouges, en 150 ans d’histoire des « french Oaks ». La course avait manqué d’être annulée, par suite d’une grève des guichetiers du pari mutuel, avec deux heures de retard et après l’évacuation de la piste, prise d’assaut par le public. Rappelé par Alain de Royer Dupré tout exprès de Hong-Kong pour remplacer William Mongil, tombé en disgrâce, Gérald Mossé s’était retrouvé prématurément en tête, par abdication d’une pouliche de train embourbée dans un terrain sans fond ; avec une confiance totale, il avait pris le parti de virer au large, en pleine piste : ce sera la clé d’une victoire retenue d’un nez devant la Fabre Baya. Mais aussi, cela allait sceller le trio Aga Khan-Royer Dupré-Mossé, à l’honneur dans trois autres Prix de Diane.

 

Ainsi, quatre ans après Shemaka, les choses seront aisées avec Vereva, encore inédite à cinq semaines du jour J, pour avoir été victime de toux auparavant. Mais en 1998, il a fallu toute l’énergie de Gérald Mossé pour que Zainta, déjà créditée du Saint-Alary, arrache un nez à Abbatiale, trahie par la fragilité de ses aplombs ; l’élevage de S.A. Aga Khan avait attendu trois décennies pour voir resurgir le capital classique de l’extraordinaire Petite Etoile, dont l’exceptionnel palmarès d’hippodrome n’avait jusque-là reçu aucun écho dans sa descendance, identifiée par son initiale « Z » – s’agissant aujourd’hui du même « Z » que Zarkava, qui en 2008, sera la première pouliche de l’histoire à aligner la série Critérium des Pouliches-Poule d’Essai-Diane-Vermeille-Arc.

 

La patte « Mossé » a aussi singularisé le Prix de Diane 1999, où, par défaut de train, là où était censé l’assurer la coéquipière de Cerulean Sky, le jockey de Son Altesse n’a pas hésité à prendre la direction des opérations avec Daryaba, pourtant attentiste dans les deux seules courses de séries auxquelles elle avait pris part, sur le même site de Chantilly ; mais il s’est gardé de la rabattre à la corde, personne ne se décidant à la doubler à l’intérieur, et chacun se déportant comme elle vers la pleine piste, à l’entrée de la ligne droite. Faux train, trajectoire des grands extérieurs : Daryaba a affiché un chrono encore plus lent que Shemaka dans un terrain pourtant sensiblement moins lourd. Mais elle a gagné, permettant à Gérald Mossé de revenir à égalité de Prix de Diane avec Yves Saint-Martin, cinq à cinq.

 

Prix de Diane, la saga : Allez France-Dahlia, jumelé de légende en 1973

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Elle a offert à la casaque Wildenstein son premier Prix de Diane en 1974 (quatre suivront, signés des remarquables Pawneese, Madelia, Aquarelliste et Bright Sky...) et son premier Arc en 1975 (sur quatre). Et nul n'aura mieux porté un nom si lourd, et tant fait regretter à ses contemporains de n'être pas nés au moins un ans plus tôt ou deux ans plus tard. Allez France, déjà gagnante de Groupe I dans le Prix Marcel Boussac à 2 ans et la Poule d'Essai à 3 ans sous la responsabilité d'Albert Klimscha, a survolé un Prix de Diane de très haut niveau, sa troisième réalisation de Groupe I sur un total de huit. Après la Poule d'Essai, il avait d'ailleurs été question d'aligner Allez France dans le Derby d'Epsom, d'où un détour de préparation par le Prix Lupin, qui, non concluant, a fait remettre le cap vers les “french Oaks”.

 

Le standing si supérieur de ce Prix de Diane 1973 se mesurera à l'exceptionnelle qualité de la plus proche victime d'Allez France, Dahlia, gagnante entre temps du Saint-Alary (le premier de ses onze Groupes I) et entraînée par le mythique Maurice Zilber - auquel avait d'ailleurs été initialement destinée Allez France, avant le clash qui lui avait fait perdre les Wildenstein... Assurément, sur la liste des secondes de Prix de Diane, Dahlia fait partie des plus célèbres avec Three Troïkas (battue d'un nez par Dunette) et Miesque (trahie par la limite de sa tenue, même si Freddy Head s'est toujours demandé ce qu'il serait advenu, s'il avait enfreint les ordres de monte à l'économie et l'avait laissée jeter son feu encore ardent à l'entrée de la ligne droite...).

 

Allez France aura ainsi conservé son titre de championne de sa génération de 2 à 5 ans, toujours montée par Yves Saint-Martin - et notamment dans son pathétique Arc victorieux à 4 ans, où son jockey était arrivé chancelant sur des béquilles à Longchamp après une chute survenue dix jours plus tôt. Bravant tous les interdits, tous les diagnostics et tous les pronostics de la Faculté, bourré d'antalgiques, Yves Saint-Martin fit frémir Longchamp pour mener à son terme une échappée prématurée qui avait pourtant semblé revêtir tous les attributs du suicide tactique...

Ce jour-là, Lester Piggott s'en souviendra aussi, auquel avait été proposée la monte d'Allez France, jusqu'à ce qu'Yves Saint-Martin ne parvienne à convaincre Daniel Wildenstein qu'il était pratiquement aussi en forme que la fille de Sea Bird...

 

La rivalité d'Allez France et de Dahlia avait amplement alimenté la chronique, lors de leur année de 3 ans, dans la perspective du Prix Vermeille (troisième étape de la Triple Couronne des Pouliches), où la représentante de Nelson Bunker Hunt avait même été préférée à celle de M. Wildenstein. Et pour cause  : après son accessit de Prix de Diane, Dahlia avait d'abord survolé les Irish Oaks avant l'exploit de son triomphe face aux mâles et aux aîné(e)s, dix jours plus tard seulement, dans les King George and Queen Elizabeth Stakes à Ascot (Maurice Zilber ayant gagné son quitte ou double engagé avec Nelson-Bunker Hunt, opposé à ce défi, qui engageait l'entraîneur à ses risques et périls...).

 

C'est Allez France qui a emporté la mise - et la Triple Couronne -, alors que Dahlia se limitait au cinquième rang de ce Vermeille 1973. Tout cela a participé à promouvoir Allez France favorite de l'Arc, mais elle y a concédé la victoire à son aîné Rheingold. Ce ne sera que partie remise, à l'année suivante, on l'a vu, où elle était passée aux soins d'Angel Penna  : sans faute, Arc 1974 à la clé donc, après la série Harcourt - Ganay - Ispahan - Foy. De son côté, Dahlia avait de nouveau fait siens les King George and Queen Elizabeth Stakes - cette fois avec la bénédiction de Nelson-Bunker Hunt, vexé d'avoir repoussé l'argument de son entraîneur un an plus tôt, qui avait fait valoir que ce serait peut-être la première et la dernière occasion pour lui de rencontrer la Reine d'Angleterre...

 

A 5 ans, Allez France ajoutera les Prix Ganay (bis répétita, son huitième Groupe I), Dollar et Foy (bis) à son tableau de chasse ; mais elle se limitera à la cinquième place de l'Arc 1975, un fer en moins et lardée d'atteintes, au terme d'une “traversée” particulièrement chahutée, conclue par la victoire de l'extrême outsider Star Appeal, à 119/1. Montée par l'américain M. Navarro, l'infatigable Dahlia (non seulement créditée de son doublé de King George, mais aussi du Grand Prix de Saint-Cloud et de la Benson and Hedges Gold Cup) sombrait dans l'anonymat du peloton.

 

C'est à Newmarket que la championne de Daniel Wildenstein a fait ses adieux au turf européen, quinze jours après cet Arc calamiteux, sur les 2.000 mètres ligne droite des Champion St. Elle y a effectivement pris sa revanche sur Star Appeal, mais s'est inclinée face à Rose Bowl, qui n'avait jamais couru sur cette distance. Réputée mauvaise voyageuse, Allez France a compromis ses chances et sa réputation en allant ensuite se risquer sur dirt à Santa Anita en Californie  : son carnet de bord se serait bien passé de cette dernière prestation, qui, pour la première fois, l'a vue finir... dernière.

De son côté, Dahlia, fixée elle aussi en Californie, désormais sous la responsabilité de Charley Whittingham, a joué les prolongations, une saison de plus, âgée de 6 ans. “C'est toujours mois qui ai semblé éviter Allez France, mais deux fois les King George et onze Groupe I, c'est appréciable, non  ?”, martelait Maurice Zilber...

 

Carling, la Cendrillon du Val d'Oise...

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C'est dans le Val d'Oise (95), chez M. Delbart, céréalier à Viarmes, que Corraleja trouva asile, au terme d'une carrière de course qui s'est limitée à une seule sortie, différée au mois de février de ses 5 ans, 13ème sur treize d'une course sur 1.300 mètres à Cagnes. Son propriétaire Thierry Lemarié, ex-titulaire d'un permis d'entraîner, était au moins assuré qu'elle coulerait une paisible retraite.

 

Croisée à l'étalon des Haras Nationaux Garde Royale, elle deviendra la mère de la "Cendrillon" Carling, cette "petite française" qui a exacerbé l'esprit cocardier qui sommeille en tout turfiste, lors de ses crêpages de chignon répétés avec sa grande rivale, la belle et aristocratique Matiara, née dans la pourpre. Et pour chauffer la scène et inciter le public à compter les coups, la presse n'a jamais manqué non plus d'exploiter le fait que leur dispute oppose deux femmes-entraîneurs, Corine Barande-Barbe et Criquette Head-Maarek.

 

De fait, les commissaires les avait fait repartir dos à dos après la Poule d'Essai : son résultat avait été maintenu en appel, là où Corine Barande-Barbe avait vainement tenté de convaincre les juges de rétrograder Matiara (gagnante d'un nez devant Carling).
Freddy Head avait effectivement dû jouer des coudes pour l'emporter, provoquant des turbulences encaissées par contrecoup par Carling (montée par Thierry Thulliez, tout juste 20 ans). Non seulement l'entourage de la fille de Corraleja a dénoncé le "deux poids, deux mesures", en comparant le cas avec celui de diverses rétrogradations établies sur des motifs beaucoup moins voyants que "pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette" de Freddy Head, mais aussi il a mis en cause le matériel de photo-finish... Noms d'oiseaux en coulisses...

 

L'ordre sera néanmoins maintenu, même si les juges d'appel ont émis des sanctions à l'endroit de Freddy Head, Olivier Peslier et Cash Asmussen. Aussi, quand Carling a gagné le Prix de Diane, tenant tête à Matiara comme elle l'avait fait à 2 ans dans le Prix des Réservoirs, une immense ovation a salué son retour et la première victoire de groupe I de Corine Barbe et de Thierry Thulliez, qui avait commencé sa carrière sur les "bouts de bois", au service de Jean-Paul Gallorini...

 

La fête continuera. Mais nettement à l'avantage de Carling, nette gagnante du Prix Vermeille, où Matiara n'a pu conclure que quatrième, sans que les commissaires n'enregistrent la plainte de Freddy Head contre Frankie Dettori, qui l'avait bien tenu au chaud à la corde puis contenu son retour à la lutte pour les places.

 

Les amateurs d'analogies auront souligné les singulières analogies entre Carling et une autre célèbre Cendrillon du turf français, Magic Night, deuxième du Prix de Diane et gagnante du Prix Vermeille 1991 avant de se placer dans l'Arc, sous l'entraînement de Philippe Demercastel : de même de Corraleja avait été élevée au Haras du Camp Bénard, sous les soins de Martine van de Kerchove, c'est cette dernière qui a été l'éleveur, avec son mari, de Magic Night, produit d'une poulinière achetée à la bougie pour une bouchée de pain dans le cadre d'une liquidation judiciaire, pleine du fantasque et anguleux Le Nain Jaune - saillie impayée qui a induit ladite mise en vente...

 

Le parallèle entre les destins de Carling et Magic Night ne s'est pas arrêté là, puisque toutes deux ont été vendues à prix d'or pour être transférées sous couleurs japonaises. Et qu'au-delà de leurs fructueuses carrières de courses, toutes deux ont revendiqué un élément d'exception nippon dans leur production, le champion miler Lohengrin pour Carling, et Magnaten à l'actif de Magic Night...

 

La saga du Jockey-Club : la bonne fortune de JLB, "Mr Jockey-Club"

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Jean-Louis Bouchard, l'homme de tous les paris... Au détour buissonnier de ses études dans un grand lycée parisien, Jean-Louis Bouchard a fait ses classes de turfiste dès son plus jeune âge, du côté de Longchamp et d'Auteuil. Un rêve  : déclarer un jour ses couleurs... Le vieux rêve prendra corps, sur les fruits d'une belle réussite professionnelle, aux âges premiers de l'informatique et du reclassement des ordinateurs. Et sur sa rencontre avec un jeune entraîneur du nom de Pascal Bary. Mais d'ici à se voir monter à quatre reprises sur le podium du Jockey-Club en onze ans, celà tenait a priori du doux rêve, après les balbutiements de l'écurie, spécialisée dans les réclamers et leurs effectifs sans cesse renouvelés... Et pourtant  : Celtic Arms (1994), Ragmar (1996), Dream Well (1998, en copropriété avec la famille Niarchos), et Blue Canari (2004) ont tous eu JLB comme dénominateur commun, participant au record de Pascal Bary (NDLR : record porté à cinq victoires avec l'appoint de Sulamani - à égalité donc avec Alain de Royer Dupré, ce qui en fait les deux pros contemporains les plus titrés en “french derby”, jusqu'à nouvel ordre).

Derrière chacune de ces victoires, il y a eu une inspiration déterminante, qui a tout fait basculer vers le super jackpot à la date fatidique du premier dimanche de juin à Chantilly. Et une belle détermination, car, entre son âge “réclamers” et son âge “Jockey-Club”, JLB avait dû momentanément s'imposer une éprouvante traversée du désert, qui l'a fait revenir vers le filon de ses débuts, l'achat de chevaux “clés en mains”, avec la contribution éclairée de Gérard Larrieu.

Qui d'autre aurait projeté que Celtic Arms, acquis pour un million de francs après ses débuts victorieux à 2 ans dans le Prix Yacowlef, en viendrait à enlever le Jockey-Club, dix mois plus tard  ?

Comme Celtic Arms, Ragmar a intégré les effectifs Bouchard sur une judicieuse transaction, opérée sur l'accessit de ses débuts à Deauville  : épargné du Prix Lupin pour éviter le redoutable Helissio, c'est lui qui a ravi la mise dans le Jockey-Club 96, affiché gagnant après photo (courte tête).

Pour Dream Well, que JLB n'était pas parvenu à acquérir yearling à Deauville, faute d'atteindre le prix de réserve (600.000 francs), c'est une opportune négociation à l'amiable qui a provoqué la copropriété, tout en scellant l'association qui réunit depuis lors les noms de Niarchos et de Bary (alors qu'à la mort de François Boutin, les effectifs de l'armateur grec avaient été répartis chez d'autres professionnels).

Et que dire de Blue Canari, sans invoquer la bonne étoile de JLB  ? C'est sur son insistance que le formulaire de forfait a été rattrapé in extremis, là où le fils d'Acatenango était programmé au départ du Prix de Suresnes, le surlendemain. Dans le même temps, le grand favori Voix du Nord a été déclaré forfait in extremis, après le décès de son dauphin du Prix Lupin, Millemix... JLB ne s'était pas résolu au très compromettant échec de Blue Canari dans le Prix de l'Avre, et n'a voulu retenir que la valorisante ligne antérieure de son Prix de Courcelles, derrière Prospect Park et Millemix. Extrême outsider à 33/1, lui aussi a eu la photo pour lui dans la dernière foulée, d'une tête sur Prospect Park...

 

Coup de poker réussi pour Polytain !

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Jockey-Club : la saga - Maisons-Laffitte, dans la froidure du 30 mars 1992. Sous les couleurs Lagardère, rarement pointées dans les réclamers, s'impose un inédit alezan par Bikala, monté par Freddy Head. A trois mois des classiques, au sein du puissant entraînement de François Boutin, il n'est question que du phénoménal Arazi. Pour le mieux parmi les effectifs “Lagardère” du maître entraîneur du Mont-de-Pô, circule le nom d'un espoir par Bikala, mais il s'agit de Luazur.- qui d'ailleurs trompera manifestement son monde. La supériorité de Polytain à l'occasion de ses débuts victorieux a quand même mobilisé en masse le petit cercle des dénicheurs d'affaires. Huit bulletins seront en concurrence. Au prix de 205.099 francs, alors que le plancher était à 140.000 francs, Polytain est adjugé à Antonio Spanu, qui avait déjà eu la main heureuse en acquérant à réclamer l'ex-Lagardère Mister Riv, qu'il a hissé au rang de gagnant de groupe (Prix Gontaut-Biron). Derrière cet investissement, il y avait le projet d'exploiter une disposition nouvelle du Code, inaugurée cette année-là, qui donnait aux lauréats de réclamer l'accès aux maidens. Et de fait, Polytain a réitéré deux semaines plus tard à Saint-Cloud, confié à l'apprenti S. Coerette, sous les couleurs de Mme Houillon, dont il était le seul et unique représentant. Le deuxième coup de poker d'Antonio Spanu, ce sera de supplémenter le poulain , après sa troisième place du Prix La Force sous la selle de William Mongil, au prix de 200.000 francs, pour intégrer la liste des partants du Jockey-Club. Bingo  ! S'étant attaché les services de Frankie Dettori, Antonio Spanu ramènera effectivement Polytain en vainqueur dans l'enclosure, alors que les places se jouaient entre le Fabre Marignan et le Zilber Contested Bid. Bilan de l'opération  : le compte de l'ex-réclamé est crédité de 2,5 millions de francs. Et ses avisés preneurs au PMU touchent un retentissant 37/1... Dernier du Prix Niel et de l'Arc, Polytain a vainement tenté de retrouver le chemin du succès à 4 ans, en neuf sorties...
 


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