Début mars, les autorités compétentes de France Galop ont exposé à la presse les divers ajustements entrepris dans le Code des Courses français aux chapitres assez contradictoires de la répression de l'usage abusif de la cravache et de l'obligation faite aux jockeys de tout mettre en œuvre pour obtenir le meilleur classement.
Assurément, tout est mis en œuvre pour (mieux) cadrer tout çà dans les textes, à la fois pour le respect du cheval et la défense du joueur, mais aussi pour décourager les tentations de jeu de cache-cache avec le handicapeur...
Il n'empêche que réduire le commissaire à un comptable de coups de cravache sachant compter jusqu'à huit, et le handicapeur à un comptable de longueurs entre les concurrents, c'est effectivement leur prêter une fonction élémentaire et bornée qu'un simple procédé d'arrêt sur image et un boulier honoreraient tout aussi bien - ou plutôt, tout aussi mal, c'est-à-dire sans nuance (rime avec intelligence) et avec rationalisme (ne rime pas avec raison).
Ces résolutions de début d'année devraient notamment se concrétiser par une nouvelle grille de sanctions en matière d'usage abusif de la cravache, où la répression se traduirait désormais davantage en journées de mises à pied qu'en amendes pécuniaires.
En matière de contre-performances ou d'aléas déterminants les expliquant (incidents matériels, blessure du cheval...), on songe à de nouvelles obligations faites aux jockeys mais aussi aux entraîneurs d'en faire état de leur propre chef sous forme de déposition spontanée aux officiels. Autre axe de réflexion : engager la responsabilité de l'entraîneur, là où les jockeys sont pris par la brigade pour « manque de conviction ».
Ces diverses obligations nouvelles soumises aux acteurs des courses françaises ne sont que louables. Seulement, dans le contexte de plus en plus international des courses et du jeu, on constate que les jockeys sont régis par des Codes qui évoluent sans cesse mais qui leur imposent des façons de défendre leurs chances (et celles des parieurs) sensiblement différentes d'un pays à l'autre. Tout dépend des règles du jeu et du prix variable à payer pour les infractions.
Pour les plus grands d'entre eux, qui se produisent sur plusieurs pays, il faut constamment accommoder, entre ce qui est permis sur une juridiction mais pas dans l'autre - c'est patent au registre de l'usage de la cravache, mais aussi à celui de leurs latitudes au titre des contacts et des trajectoires dans les pelotons. De fait, face à son petit écran, le joueur tant soit peu initié aura aisément constaté combien diffère, en matière d'expression « visible » de la combativité, le comportement des jockeys, d'un site à l'autre - de Cheltenham à Meydan, ou de Tokyo à Santa Anita, de Longchamp à Melbourne.
Ce problème de l'harmonisation des Codes par delà les particularismes nationaux se doit impérativement d'être solutionné, là où sont désormais sollicités des enjeux du monde entier, face à des joueurs dont l'argent est différemment défendu d'un pays à l'autre, selon ce que les jockeys peuvent s'y autoriser.
Ces observations et ces extrapolations sur l'international ont donc pu être émises ici et là, entre initiés, quand France Galop a exposé début mars les axes de réflexion actuellement en gestation, dans le Code français. Mais, avant la mi-avril, quand le Président Edouard de Rothschild a acté qu'en matière de doctrine sur l'appréciation et de sanction des gênes (mode d'emploi de la rétrogradation, cf l'« affaire Dar Re Mi ») « l'harmonisation des règles au niveau européen ne semble pas devoir pouvoir se réaliser à court terme », un nouveau fossé s'est ouvert. Tous ceux qui se préoccupent de ces divergences de Codes des courses à l'heure de la globalisation n'ont pu que déplorer ce nouvel écueil pour la crédibilité des courses, comme sport international support de jeu international. Si les doctrines diffèrent, on paie des arrivées différentes, d'un côté à l'autre d'une frontière. A l'heure où le PMU perd son monopole et où les opérateurs vont se multiplier, çà tombe très mal...
Chevigny, globe-trotter














