Accueil Bouakkaz reprend de volée Les artistes, ce sont eux

Les artistes, ce sont eux

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Avez-vous déjà vu un président de club de football se fracturer une jambe en tapant du pied en tribune lors d'une occasion de but de son équipe ? En revanche, vous avez déjà vu un joueur laisser un tibia et un péroné pour défendre les couleurs du club dudit président… Aucun entraîneur de football ne s'est rompu un ligament croisé en sautant de joie après un but. Pourtant, nombre d'entre eux ont un jour assisté à la blessure d'un de leurs protégés qui voulait récupérer un ballon et se montrer digne de leur confiance...
Il en est de même dans le monde des courses. Les jockeys, comme les footballeurs, sont le dernier maillon d'une chaîne composée des éleveurs, des propriétaires et des entraîneurs. La partie visible de l'iceberg hippique en somme. Alors, évidemment, ce sont souvent eux qu'on met en lumière, mais ce sont aussi les mêmes qu'on montre du doigt lorsqu'ils perdent une course “imperdable”. La médaille et son revers ! Ils l'acceptent, connaissent la règle du jeu, mais sont capables de passer, de la veille au lendemain, du billard de Longchamp au terrain vague de Champ-de-Patate-sur-Taupe pour un “steak” de plus, dix montes supplémentaires la saison prochaine ou, dans le meilleur des cas, une collaboration un peu plus longue avec ceux pour qui ils ont consenti ces efforts. En plus d'être la partie visible de l'iceberg, ils naviguent souvent à vue, ne sachant pas, pour beaucoup d'entre eux, de quoi seront faites les prochaines années. Que dis-je ? Les prochains mois, voire les prochaines semaines !
Alors, à l'heure où nous pleurons tous le drame arrivé à Benjamin Boutin, mes larmes, celles de la colère, se sont versées sur les professions de foi des candidats aux élections de France Galop. Augmentation des allocations pour les propriétaires ? Je dis oui ! Prise en compte des difficultés grandissantes des entraîneurs ? Encore oui ! Et les jockeys dans tout cela ? Pas un mot ! Ils n'ont qu'un siège (sur cinquante) au comité de France Galop. À titre de comparaison, les footballeurs professionnels ont deux représentants sur les vingt-six membres qui composent le Conseil d'Administration de la Ligue de Football Professionnelle, soit un sur treize !
La mission première de la société- mère ne doit plus être - exclusivement - la même qu'il y a deux siècles, où des spectateurs pouvaient même enfourcher un cheval et lui faire terminer son parcours. Les temps changent. À l'heure où tout le monde s'accorde à dire qu'il faut valoriser le “spectacle hippique” sur notre sol, on ne peut plus se contenter de se féliciter de la qualité de la formation de nos jockeys quand ils brillent à travers le monde. On se doit d'être encore plus à leur écoute et à leur service. Car les artistes, ce sont eux !
 

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