Le 17 février 1985, mon premier tombe à Bordeaux pour sa première course ; sept jours après, deuxième partant : il chute à Toulouse.
Le 6 janvier 1987, pour ses débuts, mon second tombe lui aussi, à Cagnes ; trois jours après, deuxième monte et nouvelle chute sur l'hippodrome azuréen.
Ils ne vont pas aller loin ses deux-là... Ou alors à la pêche avec Steven Colas : non je mens, il n'est même pas encore né le "crack-cracheur-dans-la-soupe"...
25 ans plus tard, le 9 mai 2010, l'un obtient une victoire et trois accessits.
23 ans plus tard, ce même 9 mai 2010, l'autre s'impose dans l'épreuve la plus prestigieuse du jour (le Prix Ingré) et s'empare d'une deuxième place dans le Prix Amadou (gr. II).
Non non, il ne s'agit bien sûr pas de Steven Colas, parti cracher dans la mare où il pêche désormais après avoir fait le lama sur le vestiaire le plus humain et le plus chaleureux du monde des courses à mon sens.
Mon premier s'appelle "Monsieur" Christophe Pieux et mon second "Monsieur" Cyrille Gombeau. Ces messieurs totalisent à eux deux près de 13.000 montes et 2.500 victoires. Non non, il n'y a pas de faute de frappe.
Agés respectivement de 43 et 42 ans, ces deux guerriers ont encore réalisé un dimanche de haute volée : dans le Prix Wild Monarch, course réservée à des débutants, ils ont tout simplement obtenu les deux premières places ; dans l'épreuve suivante Christophe Pieux s'est imposé "d'une rue" tandis que son collègue a chuté, en selle sur une chance très secondaire ; après que Pieux ne monte une course d'école pour se classer deuxième du quinté, Cyrille Gombeau en a fait de même pour s'imposer dans le Prix Ingré (groupe III tremplin vers le Grand Steeple) ; enfin, dans le Prix Amadou, le dernier nommé termine deuxième derrière un cheval actuellement au-dessus du lot.
Christophe Pieux et Cyrille Gombeau sont respectivement deuxième et troisième au nombre de victoires en 2010 derrière David Cottin, qui lui n'a pas décidé d'aller à la pêche. Et Steven Colas dans tout ça ? Et bien, il a acheté un bonnet de laine, des gants Quechua et se gêle au bord de l'eau avec une gaule que personne ne daigne mordre... La rumeur dit qu'il va se mettre au thon. En attendant, les vieux prennent leur pied, gagnent des courses et nous font vibrer. Merci à eux et ciao pantin !
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