Accueil Bagdassarian au présent et au passé

Turfiste depuis toujours ou presque (1967), journaliste professionnel depuis 1984, Alec Bagdassarian a séché à l'époque ses cours d'informatique le samedi pour se rendre régulièrement à Saint-Cloud. Il ne dédaignait pas pour autant le trot, ayant eu le privilège de voir courir une certaine Une de Mai. Pour lui, le présent n'est que le balbutiement du passé...



Mon coup de Trafalgar

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En lisant dans la « Bible » récemment que Jean-Baptiste Bossuet avait remporté aux Sables-d'Olonne sa 1000e victoire en tant qu'entraîneur, brusquement le passé a ressurgi. Nous sommes le 5 janvier 1986. Au programme de la réunion dominicale de Vincennes, le Prix de L'Ile-de-France apanage d'Oligo, devant Mirande du Cadran et Opprimé, le Prix de Croix remporté par Pabeilo qui précédait Petit Sam, et le traditionnel Prix de Lille apanage d'Omnifer aux dépens d'Okéanos et de Norguson.

Comme d'habitude, dès la deuxième course je commence à perdre pied : 500 F placé dans la première, rebelote dans la deuxième : j'y suis de -1000 ! Plus qu'un Pascal en poche. Je suis déjà carbonisé.

Ce billet de 500, je vais le miser sur Opprimé dans le Prix de L'Ile-de-France. Bouffée d'air frais : le protégé de Jean-Pierre Viel s'empare d'une nette 3e place et fait afficher un inespéré 2,60. Le calcul est simple : j'ai misé en tout 1500 francs et j'empoche 1300 : perdre 200 francs, c'est presque une aubaine !

Le tiercé, Prix Hersillie, se profile à l'horizon. A cette époque il n'y avait ni quarté ni quinté. Je jette mon dévolu sur le n° 20, Naskano qui offert est à 6/1. Je suis chaud comme la braise. A telle enseigne que je parie « à cheval » ce qui est extrêmement rare pour moi, joueur « placé » devant l'éternel : 400 et 400 ! Dans la montée Naskano se rapproche de façon significative. L'espace d'un instant j'y crois au moins pour une place. Las, le protégé de Gérard Mascle « dégèle » dans la ligne droite.

Désabusé, avant de me débarrasser des mes tickets perdants, machinalement je les vérifie : le turfiste chevronné procède toujours ainsi. Je les examine donc attentivement et stupéfaction, le guichetier ne m'a pas servi le 20 mais le 2. Le 2 ? Cela m dit quelque chose. Mais le 2 c'est le gagnant ! Je n'en crois pas mes yeux ! Je me précipite sur les écrans télé : 27 francs gagnant et 5,90 placé. Bouleversement sismique, je touche 13160 francs...

Mais qui était donc ce n° 2 ? Nekytius de Mee (photo APRH), drivé, entraîné et portant les couleurs d'un certain Jean-Baptiste Bossuet...

nekytius_de_mee

 

 

 

Ni queue…ni tête

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Je fais déjà partie des plus anciens de Paris Turf.  Malgré ma bouteille déjà bien entamée, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de rencontrer Pierre Desproges qui, il y a des lustres a fait, un bref, mais selon certains témoignages, marquant passage au journal.

Ne l'ayant donc pas connu, je n'ai évidemment aucune anecdote à rapporter à son sujet. Désolé. C'est un flop.

Par contre, ses citations sont toujours et certainement plus que jamais d'actualité. Il a ainsi dit parlant des sportifs : « Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ! ».

Une question me vient à l'esprit : seulement chez les joueurs de football ?

 

Paris Turf à la criée…

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Ceux qui me font l'honneur de me lire savent que j'ai passé le plus clair de mon enfance et de mon adolescence à Deauville. Deauville-plage tout d'abord, à creuser des trous et des canaux avec ma petite pelle et mon seau ; Deauville-hippodrome ensuite me creusant cette fois la tête pour dénicher des gagnants. Nous sommes ainsi faits : nous cherchons désespérément à faire notre trou jusqu'à la fin de notre vie.

Revenons à Deauville. Je me souviens parfaitement de la silhouette de cet homme à forte corpulence, vêtu d'une blouse noire, qui arpentait la ville de long en large le matin, puis la plage dans toute sa longueur l'après-midi, marchant à pas lourds sur le sable, stoppé seulement dans son élan par la jetée qui lui sommait de faire demi-tour...

Cet homme, qui devait certainement faire les 3X8, on pouvait le croiser également le soir à la terrasse de tous les cafés, chez « Mioque » notamment, l'établissement le plus couru (j'aurai pu dire prisé, et bien non !) en ces temps-là.

Un soir, mes parents nous avaient emmenés, ma sœur et moi au cinéma. Quelle ne fut pas ma surprise de l'apercevoir à nouveau durant l'entracte. Alors que l'ouvreuse proposait ses friandises, lui, imperturbable, vendait ses journaux, parmi lesquels, Paris Turf évidemment.

C'était une figure, il faisait partie du décorum, mais aussi de toute une époque.

 

Quand France Galop sévit…

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De mémoire de turfiste, puis de journaliste spécialisé, je n'ai jamais lu ces dernières semaines dans « Paris Turf » autant de communiqués distillés par la société mère du galop : un tombereau d'avertissements, un torrent d'enquêtes afin d'obtenir des explications de la part des principaux protagonistes, lorsque l'arrivée n'a pas été des plus limpides, une cascade de mises à pied pour usage abusif de la cravache, comme nous nous en étions fait l'écho récemment, une pluie de sanctions. Bref, les « gendarmes » des courses font preuve d'une grande ardeur au service de la communauté hippique.

Un autre type de sanction, plus rare, fait partie de leur large panoplie : mettre à l'amende un professionnel pour ses propos irrespectueux envers les « officiels ». Cela s'est produit justement hier à Saint-Malo, à l'issue du Prix R. du Halgouet (Prix Alphamétal), Yann Porzier ayant écopé d'une amende de 500 €, pour ce motif, après la rétrogradation, de la première place, de son pensionnaire Rouet des Ongrais.

 

Les reconnaissez-vous ?

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Alors que ce soir se déroule le traditionnel Gala des courses à Deauville, je propose à votre sagacité une photo qui à fait la « une » de Paris Turf le  22 août 1973.

Avez-vous reconnu les personnages de ce cliché de Pierre Bertrand ?

 

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Non. Et bien voici, pour faciliter votre lecture, la légende qui a été publiée ce jour-là :

« Thierry Le Luron qui a enthousiasmé samedi soir au Gala des Courses a suivi toutes les courses de dimanche de la loge de la baronne de Rothschild. Après la victoire de Lady Berry dans le Prix de Pomone il est photographié entre la baronne Guy de Rothschild et le comte Michel d’Ornano, député-maire de Deauville. »

Pour la petite histoire, sachez (cela m’a été rapporté par une excellente source) que l’amuseur public préféré des Français avait été fort marri par le peu d’enthousiasme qu’avait suscitée sa venue dans le saint des saints du galop. Devant leur indifférence, il a déclaré en substance à l’assistance : « Je ne vous empêche pas de manger j’espère ? »

 

 


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