En lisant dans la « Bible » récemment que Jean-Baptiste Bossuet avait remporté aux Sables-d'Olonne sa 1000e victoire en tant qu'entraîneur, brusquement le passé a ressurgi. Nous sommes le 5 janvier 1986. Au programme de la réunion dominicale de Vincennes, le Prix de L'Ile-de-France apanage d'Oligo, devant Mirande du Cadran et Opprimé, le Prix de Croix remporté par Pabeilo qui précédait Petit Sam, et le traditionnel Prix de Lille apanage d'Omnifer aux dépens d'Okéanos et de Norguson.
Comme d'habitude, dès la deuxième course je commence à perdre pied : 500 F placé dans la première, rebelote dans la deuxième : j'y suis de -1000 ! Plus qu'un Pascal en poche. Je suis déjà carbonisé.
Ce billet de 500, je vais le miser sur Opprimé dans le Prix de L'Ile-de-France. Bouffée d'air frais : le protégé de Jean-Pierre Viel s'empare d'une nette 3e place et fait afficher un inespéré 2,60. Le calcul est simple : j'ai misé en tout 1500 francs et j'empoche 1300 : perdre 200 francs, c'est presque une aubaine !
Le tiercé, Prix Hersillie, se profile à l'horizon. A cette époque il n'y avait ni quarté ni quinté. Je jette mon dévolu sur le n° 20, Naskano qui offert est à 6/1. Je suis chaud comme la braise. A telle enseigne que je parie « à cheval » ce qui est extrêmement rare pour moi, joueur « placé » devant l'éternel : 400 et 400 ! Dans la montée Naskano se rapproche de façon significative. L'espace d'un instant j'y crois au moins pour une place. Las, le protégé de Gérard Mascle « dégèle » dans la ligne droite.
Désabusé, avant de me débarrasser des mes tickets perdants, machinalement je les vérifie : le turfiste chevronné procède toujours ainsi. Je les examine donc attentivement et stupéfaction, le guichetier ne m'a pas servi le 20 mais le 2. Le 2 ? Cela m dit quelque chose. Mais le 2 c'est le gagnant ! Je n'en crois pas mes yeux ! Je me précipite sur les écrans télé : 27 francs gagnant et 5,90 placé. Bouleversement sismique, je touche 13160 francs...
Mais qui était donc ce n° 2 ? Nekytius de Mee (photo APRH), drivé, entraîné et portant les couleurs d'un certain Jean-Baptiste Bossuet...

Bagdassarian au présent et au passé















